Auteur : Caroline Desombre | Annick Durand-Delvine | Régis Verquerre
Date de saisie : 05/06/2008
Genre : Entreprise
Editeur : Presses universitaires de Nancy, Nancy, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-86480-809-1
GENCOD : 9782864808091
Sorti le : 21/02/2008
Collection «Travail & Organisation»
Sous la direction de Éric Brangier, Alain Lancry et Claude Louche
La collection «Travail & Organisation» publie des ouvrages théoriques méthodologiques et pratiques relatifs à la production du savoir en psychologie du travail et des organisations. Elle concerne également des disciplines partenaires comme l'ergonomie, la gestion, les sciences de l'ingénieur, la sociologie, la linguistique, la communication et l'économie
Dans un monde en pleine mutation et dans un contexte de compétition économique exacerbée, la psychologie du travail et des organisations, aujourd'hui centenaire, fait l'objet d'une demande sociale très hétérogène. Cette demande concerne des champs d'investigation très divers et suscite des modalités d'intervention très variées. Très sollicitée, la psychologie du travail court le risque de se réduire à un répertoire de pratiques supposées pertinentes et, répondant au coup par coup à des demandes multiples et hétérogènes, de perdre ainsi son unité.
Permettant de dépasser la diversité des champs d'investigation, c'est le lien théorie-pratique qui paraît essentiel à l'unité de la psychologie du travail et des organisations. Ce qui fonde, en effet, son originalité et sa spécificité, c'est l'interaction dialectique et contraignante entre savoirs théoriques et interventions sur le terrain. Seuls des savoirs validés peuvent générer des investigations utiles qui en retour, par les questions nouvelles qu'elles suscitent, sont susceptibles d'enrichir et de dynamiser les construits théoriques.
Cet ouvrage apparaît comme un plaidoyer pour une psychologie du travail et des organisations qui s'appuie, dans ses applications sur le terrain, sur un savoir théorique validé. Sur la base de la présentation de cas concrets, il souligne aussi l'extrême diversité des travaux qu'elle suscite et offre un panorama, certes non exhaustif, des interventions qu'elle génère.
Cet ouvrage peut constituer une voie d'enrichissement pour ceux qui souhaitent découvrir la psychologie du travail et des organisations comme pour ceux gui, spécialistes confirmés, désirent approfondir leur réflexion. Il peut concerner aussi bien l'étudiant en psychologie du travail et des organisations ou en GRH que le chercheur et le professionnel déjà engagé dans l'action sur le terrain.
LIEN THÉORIE ET PRATIQUE EN PSYCHOLOGIE DU TRAVAIL ET DES ORGANISATIONS
RÉGIS VERQUERRE Université de Lille
La psychologie du travail, aujourd'hui centenaire, fait l'objet d'une demande sociale très importante. La compétition économique et l'exigence de productivité, le développement des techniques entraînent des modifications rapides au sein de l'entreprise, modifications auxquelles le personnel doit en permanence s'adapter. Le facteur humain devient essentiel et la gestion des ressources humaines une préoccupation constante du management. Cette gestion des ressources humaines s'appuie parfois sur la psychologie du travail qui peut être ainsi sollicitée dans des domaines extrêmement divers comme le recrutement, la gestion prévisionnelle des emplois, la gestion du stress ou bien encore la formation et le télétravail. Cette demande sociale s'accompagne d'une reconnaissance institutionnelle de la psychologie du travail qui se traduit par l'augmentation du nombre des formations professionnelles universitaires comme par celui des enseignants-chercheurs. Sur le terrain, les psychologues du travail sont les psychologues qui s'insèrent le mieux dans le monde professionnel et dans des conditions le plus souvent satisfaisantes, leur carrière s'apparentant le plus souvent à celle d'un cadre dans l'entreprise (Verquerre & Bels, 1996).
Le développement de la psychologie du travail et des organisations
Le rôle de la demande sociale sur le développement de la psychologie du travail n'est pas nouveau et semble avoir toujours existé comme l'a montré l'analyse historique réalisée par Lévy-Leboyer et Spérandio (1987). A l'aube du 20e siècle, les premiers balbutiements de la psychologie du travail sont à chercher dans le souci d'évaluer les possibilités cognitives des individus. Ce souci d'évaluation concernera tout d'abord les enfants en difficulté et se centrera, avec Binet et Simon, sur le diagnostic de la débilité mentale. Il s'étendra ensuite à tous les adolescents avec une perspective d'orientation professionnelle et se prolongera dans l'entreprise par la sélection du personnel pour des emplois le plus souvent manuels et répétitifs au moyen de tests psychomoteurs. C'est l'âge d'or de la psychotechnique dont le développement est assuré par des chercheurs illustres comme Piéron, Toulouse, Lahy et dont la reconnaissance institutionnelle se traduit notamment par la création de l'Institut National de l'Orientation Professionnelle.
Apparaissent ensuite les premières recherches ergonomiques qui étudient les effets du travail répétitif sur la fatigue. Ces premières études cherchent à améliorer les conditions de travail dans un contexte de forte pénibilité physique et l'ergonomie demeure fortement influencée par des disciplines voisines comme la physiologie et la médecine du travail. La prévention des accidents devient une préoccupation mais, envisagée d'un point de vue psychotechnique, elle cherche surtout à éliminer les sujets dont les caractéristiques personnelles les prédisposeraient aux accidents. Cette première perspective de la psychologie du travail, perspective d'origine européenne à la fois psychotechnique et ergonomique, cherche à adapter l'individu à son poste de travail mais aussi sans doute à obtenir du travailleur le meilleur rendement possible.
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