Auteur : Beth Harbison
Traducteur : Betty Peltier Weber
Date de saisie : 21/02/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Fleuve noir, Paris, France
Collection : Littérature générale
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-265-08553-4
GENCOD : 9782265085534
Sorti le : 14/02/2008
Du sexe en boîte. Voilà ce que c'était
Du sexe en boîte... troublant, excitant, décadent
Certaines femmes, paraît-il, n'atteignent jamais le plaisir. Lorna, Hélène, Sandra et Joss, quant à elles, savent très bien comment monter au septième ciel : il leur suffit de regarder, toucher, essayer et - comble de jouissance - s'offrir les plus belles chaussures de luxe must have du moment en faisant exploser leur compte en banque.
Le problème, c'est qu'elles ne peuvent pas se contrôler. Ces droguées aiment les chaussures de manière compulsive, démesurée, irrationnelle, passionnelle... elles sont addicts. Et pour que leur plaisir ne reste pas solitaire, l'incorrigible acheteuse sur eBay endettée, la femme de sénateur, l'hôtesse de téléphone rose agoraphobe et la jeune baby-sitter harcelée par sa patronne, quatre pointures identiques, décident de former le club des «Shoe Addicts». Chaque semaine, elles se retrouvent pour échanger escarpins, mocassins, sandales et autres petites paires aussi divines qu'irrésistibles... Mais bien plus que leur addiction commune, les quatre amies vont rapidement partager de nouveaux secrets. Des fardeaux jusque-là inavouables et devenus trop lourds à porter...
Et vous ? Quand rejoignez-vous le club ?
Du sexe en boîte. Voilà ce que c'était. Du sexe en boîte... troublant, excitant, décadent.
Lorna Rafferty écarta le papier de soie et aussitôt l'odeur entêtante du cuir envahit ses narines, envoyant un frémissement familier au plus profond de son être. Même après s'être tant de fois soumise à ce rituel, la sensation -cette excitation - ne perdait rien de son pouvoir.
Puis elle effleura le cuir aux coutures serrées et sourit. C'était plus fort qu'elle... un vice délicieux poussé à son paroxysme sensuel, tactile, hédoniste... qui la faisait frissonner de la tête aux pieds.
Elle fit courir ses doigts sur la surface lisse, glissa sur la cambrure gracieuse comme un chat qui s'étire sous le soleil de midi; sourit à la pointe, affûtée mais gratifiante, du talon aiguille. Oui. Oui... Le pied.
Elle savait que c'était mal, bien sûr. Passer douze ans dans une école catholique, ça laisse des traces : plus tard, elle devrait payer son péché. Au prix fort. Eh bien, tant pis ! Elle s'y préparait depuis des années. Cette dette allait devoir rejoindre toutes les autres. En attendant, Lorna possédait ces sandales à semelle compensée Delman pour se réconforter. A bout découpé, avec une lanière à la cheville, elles étaient sublimes. S'il le fallait, elle pourrait marcher droit dans les flammes de l'enfer avec de telles chaussures, belles à mourir.
L'une des rares choses dont elle se souvenait à propos de sa mère était justement ses chaussures. Des escarpins bicolores noir et blanc. De petites sandales roses à talon bobine. Et celles que Lorna préférait : longues et fines, en satin, avec des talons en forme de virgule Arts-Déco et de petits noeuds aux orteils, légèrement élimées après toutes ces années depuis le mariage.
En fermant les yeux, Lorna revoyait ses propres petits pieds enfoncés dans les pointes de ces chaussures, les talons claquant traîtreusement derrière elle tandis qu'elle foulait le tapis oriental de la chambre de ses parents, en direction de l'image floue d'une chevelure dorée, d'un grand sourire, d'une bouffée du parfum Fleur de Rocaille de Caron, incarnant le souvenir qu'elle gardait de sa maman.
De tout ce qu'elle savait ou dont elle se rappelait de sa mère, et de tout ce dont elle n'avait plus le souvenir, Lorna était certaine d'une seule chose : l'amour inconditionnel pour les chaussures est héréditaire.
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