Auteur : Martin Winckler
Date de saisie : 17/02/2008
Genre : Essais littéraires
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84682-230-5
GENCOD : 9782846822305
Sorti le : 07/02/2008
Deux fois par mois, pendant deux ans, j'ai écrit des textes courts - nouvelles, contes, saynètes, récits, chansons - ou esquissé sur quelques pages le synopsis de romans, de films, de séries télévisées, de comédies musicales qui ne verront peut-être jamais le jour. Deux fois par mois, pendant deux ans, j'ai lu à haute voix ces fictions, ces récits, ces projets en germe aux auditeurs d'arteradio.com.
La plupart de ces rêves éveillés resteront, vraisemblablement, des «histoires en l'air»... mais j'avais envie de les partager, de les murmurer sur le vent d'une webradio, dans un espace de parole où tout est possible. Puis de les rassembler dans un livre.
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Extrait de la présentation :
Work in progress
Printemps 2004. Je suis assis dans le métro parisien et plongé dans un livre lorsqu'un jeune homme m'aborde en me demandant si je suis «Martin Winckler». Cela me fait sourire, car pareille reconnaissance dans un lieu public m'arrive rarement - une demi-douzaine de fois tout au plus depuis que La Maladie de Sachs m'a fait accéder à la notoriété.
Thomas Baumgartner se présente, me dit travailler à Arteradio.com. J'ignore alors jusqu'à l'existence de cette radio Internet, qui produit des sujets courts et les met en ligne en accès libre, gratuit et permanent. Thomas me demande si je serais prêt à enregistrer un billet improvisé de quelques minutes. J'accepte avec enthousiasme et, quelques semaines plus tard, je m'assieds dans le studio pour confier mes émotions et mes espoirs après avoir écrit Les Trois Médecins, dont je viens de confier le manuscrit à Paul Otchakovsky-Laurens.
Après l'enregistrement, Silvain Gire, directeur de la jeune radio internet, me propose une chronique bimensuelle. Je n'ai pas oublié l'enrichissante chronique quotidienne que j'assurais sur France Inter en 2002-20032. L'idée de me retrouver devant un micro me comble.
Cette nouvelle expérience sera cependant très différente, beaucoup plus littéraire. Il ne s'agit pas, comme je le faisais sur la première chaîne publique, de rédiger et de lire chaque jour des chroniques scientifiques «décalées» à l'intention de millions d'auditeurs pris dans le flux de l'information du matin. Il s'agit plus modestement d'enregistrer, une fois par mois, en prenant tout mon temps, deux textes personnels, sur un ton choisi.
Pour quel auditoire ? Celui d'internautes un peu particuliers, qui téléchargent des fichiers sonores sur leur ordinateur et les écoutent ensuite, quand ça leur chante, sur leur baladeur numérique. L'auditoire le moins «captif» qui soit.
Ma liberté est au moins aussi grande que celle des auditeurs potentiels, car le contenu des chroniques est entièrement laissé à ma discrétion. Quant à la durée, on me demande de limiter chaque enregistrement à cinq minutes - que je dépasserai souvent et sans vergogne, sans jamais être coupé. Autant dire que les contraintes ne sont pas celles, impitoyables, de la radio en direct, mais celles d'un jeu dont je suis libre de redéfinir les règles à loisir.
Et, pendant trois ans, je ne m'en suis pas privé.
La première série de chroniques (2004-2005) s'intitulait J'ai mal, là... Mi-écrite, mi-improvisée, c'était une suite de réflexions issues de mon expérience de médecin, coups de griffes et colères, émotions et commentaires. Les transcriptions réécrites en ont été recueillies dans un petit volume portant le même titre, accompagnées d'un CD contenant une sélection des fichiers sonores originels.
La deuxième série, Contes à rêver debout (2005-2006), renouait joyeusement avec les formes narratives qui m'ont appris à lire et à écrire. Afin de m'éloigner des improvisations de l'année précédente, j'ai rédigé chaque mois deux textes - conte, saynète, nouvelle, récit - lus ensuite au micro. Alors qu'il s'agit d'une pratique courante dans les périodiques anglo-saxons, il est aujourd'hui quasi impossible en France de publier des essais ou des fictions libres. J'ai trouvé réconfortant que l'alliance de la radio et de l'Internet me procure ce plaisir et cette liberté-là.
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