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Maux croisés

Couverture du livre Maux croisés

Auteur : Jean-Paul Gourévitch

Date de saisie : 09/02/2008

Genre : Policiers

Editeur : Archipoche, Paris, France

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-35287-064-7

GENCOD : 9782352870647

Sorti le : 06/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

Horizontalement : qui a tué Olivier Sarramagna, responsable au ministère de la Santé des dossiers «sensibles», qui enquêtait sur un réseau de soft-terrorisme ? On a découvert son corps en banlieue parisienne. Mais son ordinateur por­table a disparu. Et sa direction ne semble guère pressée de faire la lumière sur ce drame...

Verticalement : qui a tué Brahim Nadjer, dont le cadavre a été retrouvé le même jour aux ordures, lui aussi truffé d'une balle dans la nuque ? Nadjer n'était pas un dealer. Pourtant, ses potes du quartier des Courtillières ne semblent pas davan­tage enclins à prêter main forte à la police...

Le commissaire Han Cong Rang, alias HCR, ne tarde pas à établir un lien entre les deux affaires. Car le haut fonctionnaire fréquentait la boîte gay où le jeune Marocain était serveur.

Affaire de moeurs ? Crime politique ? Ou nouvel épisode de la guerre des labos ? Pour le savoir, HCR, héros de ce polar interactif - le premier du genre -, va devoir se munir d'un crayon et d'une gomme : l'auteur des crimes a laissé sur son passage d'énigmatiques grilles de mots croisés...

Docteur en sciences de l'information et de la communication, spécialiste des politiques d'immigration, Jean-Paul Gourévitch a travaillé pour le département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines de l'Université Paris-ll. Il est l'auteur de nombreux essais, tels que La Propagande dans tous ses états (Flammarion) et L'Économie informelle (Le Pré aux Clercs).





  • Les premières lignes

Vendredi 24 décembre, 11 h 15 Ministère de la Santé

Olivier Sarramagna rajusta ses lunettes et se pencha sur la définition du terme «patate».
Il éplucha la rubrique des locutions. Avoir la patate : se trouver en pleine forme ; en avoir gros sur la patate : être affectivement très atteint ; patate chaude : affaire qui brûle les doigts. Puis il tapa la conclusion de son paragraphe : «Dans cette histoire, il semble que chacun veuille se débarrasser de la patate chaude.» Il faillit ajouter par dérision «et patati et patata», se retint : le ministre, Pierre Sauvagnac, n'appréciait guère l'humour dans les comptes rendus. Il sauvegarda le texte sur son iBook et l'expédia en pièce jointe avec copie à Christine Legrand, sa directrice de cabinet. La fatigue pesait sur ses épaules et un début de lombalgie lui taraudait les vertèbres. Il reposa le dictionnaire sur l'étagère des usuels et sortit de l'armoire à classeurs le dossier «Filières». Avant de s'y plonger, il se dirigea vers la machine à café de la salle de détente. Les deux jeunes chargés de mission, Nasser Zaïri et Pierre-Jean Ouaknine, le petit brun et le grand blond, l'y avaient précédé. À son arrivée, ils interrompirent leur conversation.
- Bonjour monsieur, le salua Nasser Zaïri. Un serré sans sucre ? poursuivit-il en glissant une pièce dans le distributeur.
- Merci, Nasser. Vous avez de la mémoire.
Après s'être saisi du gobelet qui lui était tendu, Olivier demanda :
- Beaucoup de travail en ce moment ?
- Pas trop. Et vous ?
- Je suis sur la filière turco-italienne. Le ministre veut du biscuit pour sa conférence de presse de 14 heures.
- Vous avez du nouveau ? interrogea Pierre-Jean Ouaknine en se voûtant légèrement pour se mettre au niveau de son interlocuteur.
- Pas vraiment, concéda Olivier. Nos pistes se per­dent entre la Macédoine et l'Albanie.
Le gobelet lui brûlait les doigts. Il le déposa sur une étagère. Dans le cagibi voisin, le ronflement d'une pho­tocopieuse rythmait de claquements secs le jet régulier des pages. Olivier était sur le point de quitter les lieux quand apparut Christine Legrand, tailleur bleu marine griffé, brushing impeccable, les bras chargés de journaux qu'elle déposa sur la table basse.
- Bonjour, monsieur Sarramagna. Merci pour votre courriel.
S'adressant à l'un des chargés de mission, elle ajouta d'un ton sec :
- Nasser, j'aimerais vous parler.


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