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Petits meurtres en famille

Couverture du livre Petits meurtres en famille

Auteur : Carol Smith

Traducteur : Vanessa Stroz

Date de saisie : 08/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Archipoche, Paris, France

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-35287-060-9

GENCOD : 9782352870609

Sorti le : 06/02/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Carol Smith
PETITS MEURTRES EN FAMILLE

À la suite d'un drame, Odile Annesley s'est exilée et vit recluse en Provence. À l'approche de son quatre-vingtième anniversaire, elle convie ses petits-enfants pour les informer de ses dispositions testamentaires.

Comme dans toutes les familles, cousins et cousines ont quantité de choses à se raconter après tant d'années. Mais certains ont aussi des secrets qu'ils ne veulent pas voir dévoilés.

Le jour où les premiers meurtres surviennent, il est clair qu'un des membres du clan Annesley possède un sens de la famille bien particulier...

Carol Smith réside à Londres où elle a été l'agent littéraire de Stephen King avant de se consacrer à sa carrière d'écrivain. Petits meurtres en famille, son premier roman, a reçu un accueil chaleureux de la critique.

«Le coup de théâtre final m'a tellement effarée que j'ai dû finir la nuit la lumière allumée.»

Woman 's Journal





  • Les premières lignes

Pour rentrer chez elle, Martha empruntait souvent la route qui offrait de merveilleux panoramas : elle traver­sait la large dune de la baie de Sainte-Brelade jusqu'au chemin de la chapelle des pêcheurs, qui contournait la maison qu'elle partageait avec sa tante. Les deux vieilles dames du café portugais l'avaient retenue plus longtemps que prévu avec leurs bavardages. Elle les avait trouvées amusantes, comme sorties d'un roman de E. F. Benson.
- Comment va votre tante ? lui avaient-elles demandé alors qu'elle sirotait son sherry.
Elle leur avait répondu qu'elle allait aussi bien que possible, étant donné son âge. Elle venait de fêter ses quatre-vingt-dix-huit ans en février. Elle était encore dynamique, même si sa vue faiblissait et que son arthrite amplifiait. Pourtant, Martha n'avait pas à se plaindre. Depuis la mort tragique de Gérard, il y avait vingt-deux ans, elles avaient su cohabiter.
Elle s'arrêta un instant en haut d'une pente abrupte pour reprendre sa respiration et se retourna pour contempler l'eau calme et grise de la Manche. La vie était vraiment bizarre : elle se retrouvait ici, à Jersey, où Gérard était né et d'où il était parti, adolescent, pour ne jamais y revenir. C'était vraiment l'endroit idéal pour finir ses jours. Tatie aussi s'y plaisait ; l'île était accueillante, l'air était sain, le climat doux, et la circulation comme l'agitation en étaient bannies. C'était une véritable aubaine pour ces deux dames âgées qui habitaient une maison trop grande pour elles et dont elles ne ver­rouillaient jamais la porte, de jour comme de nuit. Elles se sentaient plus en sécurité ici qu'aux États-Unis, où toutes deux avaient grandi.
Martha ne se lassait pas de ce spectacle à vous couper le souffle. Il la rassurait, lui procurait une sensa­tion de paix et de sérénité qui lui avait fait défaut pendant les années qu'elle avait passées au côté d'un homme constamment sur le départ ; une vie faite de va-et-vient, de hauts et de bas. Mais elle ne regrettait rien. À la mort prématurée de Gérard, elle avait pensé que sa propre vie était terminée. Elle se retourna et contempla le cimetière sur la colline, où son mari bien-aimé reposait désormais en paix. Elle pouvait s'occuper de sa tombe quand elle le voulait et garder enfin un oeil sur lui. Paix à son âme.
La porte d'entrée de la maison couleur ocre était légèrement entrouverte. Martha fronça les sourcils et ouvrit le portail du jardin. Ces derniers temps, tatie avait tendance à être tête en l'air. Elle ronchonna en remontant le chemin qui serpentait entre les géraniums et les roses, et retira le sable collé à ses chaussures de marche. Il fallait qu'elle parle à tatie, sinon elle s'inquiéterait la prochaine fois qu'elle sortirait, la laissant seule à la maison.
- Je suis là ! annonça-t-elle en ôtant son imperméable.
Dans l'entrée, l'air était aussi lourd que lorsqu'elle était partie. La porte du salon - qu'elles appelaient «salon d'été» - était ouverte, souhaitant la bienvenue aux visiteurs éventuels. Il était l6h 10. Sa promenade jusqu'au village avait pris plus de temps que prévu, mais elle n'avait aucune raison de se presser. L'heure du thé n'était pas encore passée. Martha se dirigeait vers la cuisine pour mettre la bouilloire à chauffer lorsqu'elle s'arrêta au pied de l'escalier.
Sur le tapis beige pâle, elle discerna des empreintes de pas humides qui menaient à l'étage. Elles avaient apparemment été laissées par des bottes en caoutchouc, des bottes d'homme.


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