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Femmes et famille en Russie

Couverture du livre Femmes et famille en Russie

Auteur : Hélène Yvert-Jalu

Préface : Michelle Perrot

Date de saisie : 17/04/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Ed. du Sextant, Paris, France

Collection : Géographique

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-84978-021-3

GENCOD : 9782849780213

Sorti le : 24/01/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Hélène Yvert-Jalu
Femmes et famille en Russie
D'hier et d'aujourd'hui

Préface de Michelle Perrot

De la famille patriarcale du XIXe siècle à la «mère qui travaille» du siècle soviétique, en passant par les révolutions et les guerres, qui ont vu éclore parmi elles de fortes personnalités, les femmes russes ont officiellement connu leur émancipation, mais celle-ci s'est révélée souvent artificielle. Le libéralisme économique a semble-t-il aggravé encore leurs conditions de vie mais, entre les riches femmes d'affaires et les babouchka du passé, entre les émigrées économiques et les retraitées misérables, quels points communs ? Fruit de vingt années de recherche, ce livre est un outil précieux pour comprendre la société russe passée, actuelle et surtout à venir. Il est illustré d'environ soixante-dix photographies.

Historienne, agrégée de russe, Hélène Yvert-jalu a publié de nombreux articles sur la condition de la femme sous le régime soviétique. Depuis les années 1960, elle a effectué une quarantaine de séjours en Russie et vit à Paris.

Historienne, Michelle Perrot a écrit de nombreux ouvrages et a co-dirigé avec Georges Duby une Histoire des femmes en Occident (éditions Perrin).





  • La revue de presse Yannick Ripa - Libération du 17 avril 2008

On se souvient de la magistrale analyse du meurtre politique russe par Hélène Carrère d'Encausse : elle le plaçait sous le signe d'un malheur, construit et perpétué par une tradition qui favorise la collectivité dominée par un père-chef aux dépens de l'individu (le Malheur russe, Fayard, 1988). L'intégration de ce modèle, perçu comme une fatalité, a permis sa recomposition en dépit de la révolution et favorisé le totalitarisme stalinien. Sur cette toile de fond que trente ans de recherches ont précisée, Hélène Yvert-Jalu dessine avec rigueur la marche chaotique des femmes, étroitement dépendante de la place accordée à la famille, base fondamentale des constructions sociétales qui se succèdent, de l'Empire tsariste à la Russie postsoviétique...
Cette fine étude très documentée montre qu'ici comme ailleurs la liberté des femmes permet d'évaluer celle de tout un peuple. L'évidente conclusion est que le malheur russe se décline aussi au féminin.



  • Les premières lignes

Une institution stable et des valeurs communautaires

Une société paysanne

Pendant très longtemps, la Russie a été un pays majoritairement constitué par des paysans.
Le recensement de janvier 1897 dénombrait pour la Russie d'Europe 84% de paysans. Les autres principales catégories sociales étaient composées de mechtchane, autrement dit de boutiquiers, artisans et petits-bourgeois (11%), de nobles (1,5%), d'ecclésiastiques (0,5%) et de marchands (0,3%).
Moins de la moitié de la population savait lire et écrire : à la ville 45,2% au total, dont 54% d'hommes et 35,6% de femmes. À la campagne, c'était pire encore, avec 17,4% d'alphabétisés dont 25,2% d'hommes et seulement 9,8% de femmes.
Le 1er janvier 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, on ne comptait dans la partie européenne de la Russie que 15,3% de citadins, soit 18,6 millions de personnes. Encore était-il parfois difficile de distinguer les agglomérations urbaines des villages. Les liens entre milieu urbain et milieu rural étaient constants par le biais, notamment, des travailleurs saisonniers mi-paysans, mi-ouvriers, qui retrouvaient leur famille au moment des travaux des champs au printemps et au début de l'automne.
Le professeur Pierre Pascal dans son livre intitulé Civilisation paysanne en Russie publié la première fois en 1937 a écrit que la Russie était encore à l'époque «le pays paysan par excellence...» que «la campagne n'avait pas de vie secondaire... mais sa vie à elle, originale, totale et quotidienne, matérielle et morale»... «que le grand caractère de cette civilisation c'est qu'elle était sensiblement en dehors du temps».
Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que le chiffre de la population citadine dépasse celui de la population rurale (voir annexe-tableau 1). C'est dire toute l'importance de la société paysanne à la base de laquelle on trouve la famille. Ce que déclarait Anatole Leroy-Beaulieu dans sa monumentale fresque de L'Empire des tsars et les Russes reste encore valable aujourd'hui : «Toutes les institutions, tous les caractères particuliers à la Russie, tout ce qui la fait différer de l'Occident a des racines profondes qu'il faut mettre à jour sous peine de ne rien comprendre à ses difficultés.» Ce sont ces racines que nous essayerons de retrouver dans la première partie de cet ouvrage.


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