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Lévy oblige

Couverture du livre Lévy oblige

Auteur : Thierry Lévy

Date de saisie : 27/03/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 11.90 € / 78.06 F

ISBN : 978-2-246-73521-2

GENCOD : 9782246735212

Sorti le : 16/01/2008

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  • La présentation de l'éditeur

«Ma façon d'être ou de ne pas être juif ne m'a guère préoccupé, et si j'éprouve une vive irritation lorsque les représentants autoproclamés de la communauté juive prétendent s'exprimer en mon nom, cela ne me conduit pas à publier mes propres réflexions sur un sujet plus débattu qu'aucun autre. Mais les temps ont changé. Non pas que la question juive, toujours lancinante, ait gagné une actualité inconnue auparavant, mais le retour en force du conservatisme religieux, la fièvre identitaire associée au repli communautaire ainsi que la persistance de la guerre en Palestine me font craindre d'être embrigadé, au nom de mon nom, dans des causes qui ne sont pas les miennes et, par mon silence, d'attenter à ma liberté. Me voilà Juif. Pas par la religion, ni par les usages. Est-ce par la race ou bien seulement par la grâce de mon nom, transmis intact par mon père ? En tout cas je suis Juif aux yeux des autres, les Juifs et les non-Juifs mais, à mes yeux dont le regard ne m'importe pas moins, moi qui ne pratique aucune religion, ne respecte aucune tradition, ne fais partie d'aucun groupe, d'aucune coterie, d'aucun réseau, dans quel sens suis-je juif ?» A partir de cette interrogation identitaire, Thierry Lévy nous offre un bref essai brillantissime par son esprit de synthèse, son talent pédagogique, son sens de la formule... et hautement polémique sur le fond. Partant de son cas particulier, il retraverse en effet les débats qui ont opposé Hertzl et Bernard Lazare aux lendemains de l'Affaire Dreyfus pour déboucher sur la dénonciation de la victimologie contemporaine, en passant par... la relativisation du caractère spécifique de la Shoah («Cette irrationalité, les nazis ne l'ont pas inventée : elle était déjà l'oeuvre dans la machinerie destructrice usinée par les Etats-Nations»). Thierry Lévy
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  • La revue de presse Eric Aeschimann - Libération du 27 mars 2008

Le phrasé est raide, vif, parfois cassant. Si Thierry Lévy éprouve le besoin de plonger dans la grande mêlée de la question identitaire, c'est que, comme tout le monde, il a été rattrapé par l'actualité proche-orientale et la radicalisation du discours sioniste. «Si j'ignorais quel genre de Juif j'étais, je découvrais que les sionistes, eux, le savaient et me rangeaient dans une catégorie qui ne leur inspirait aucune sympathie. A leurs yeux, j'étais un Juif assimilé, donc - l'assimilation étant un leurre - un homme qui se mentait à lui-même.» A quoi, en bon avocat habitué à retourner les arguments, il répond en se mettant en quête, non de ses propres origines, mais des racines du «discours juif» contemporain, de sa force, de ses ambivalences, de ses impasses...
A travers ce tortueux fil d'Ariane qui mène de l'histoire d'un peuple persécuté à la géographie d'une humanité victimisée, c'est la nature de l'homme qui se trouve interrogée. Lévy n'esquive pas. «Je ne me conçois pas sans un inextricable mélange de bien et de mal, et sans l'inaltérable capacité de commettre ce dernier.» Ainsi, ce qui oblige à s'en abstenir, ce n'est pas la tribu, ce n'est pas le nom, c'est le fait d'être libre.


  • La revue de presse Etienne de Montety - Le Figaro du 7 février 2008

Thierry Lévy est un des avocats les plus brillants de Paris. Après tant de mémorables plaidoiries, c'est aujourd'hui sa cause qu'il défend. Son patronyme, explique-t-il, le condamne à endosser une histoire qui n'est pas exactement la sienne...
Dans cet essai personnel, l'homme de loi montre souvent le bout de sa manche, ainsi que le philosophe. Réfléchissant aux conséquences de la Shoah, notamment sur la mémoire collective française, Thierry Lévy s'interroge. Il décrit la dérive d'une société atteinte d'une «pandémie victimaire» où certains groupes se définissent et ne se revendiquent que par leur histoire douloureuse. Chacun, écrit Lévy d'une plume alarmée, «n'a plus qu'à attendre du récit de ses malheurs la preuve de ses vertus et la reconnaissance de ses droits. Alors on se persuade que le mal est partout, sauf en soi». Et l'avocat d'alerter sur le risque d'«absolutisation» du mal et du bien qui a pu avoir pour conséquence funeste qu'au cours d'un procès d'assises l'opinion publique refuse à un accusé fût-il monstrueux le droit de défendre sa cause en réfutant certains arguments de sa victime. Quelque chose des droits de l'homme se joue là.


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