Auteur : Véronique Ovaldé
Date de saisie : 22/05/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-87929-599-2
GENCOD : 9782879295992
Sorti le : 03/01/2008
Sait-on jamais avec qui l'on vit ? Lancelot ne cesse de se heurter à cette question depuis que sa femme, Irina, a été victime d'un accident qui l'a précipitée au fond de la rivière Omoko.
Déjà ébranlé par sa mort, il va vivre un "Très Grand Choc Supplémentaire" en découvrant que des mystères entourent cette disparition. Un à un se dévoilent les secrets que sa femme avait pris soin de lui cacher. Dès lors, il ne lui reste qu'à mener l'enquête et élucider cette énigme : que faisait Irina, ce jour-là, à Catano, au volant d'une voiture qui ne leur appartenait pas et dont le coffre contenait des objets pour le moins suspects...
Véronique Ovaldé nous entraîne dans le tourbillon de son imagination et nous offre un roman noir en trompe-l'oeil. De livre en livre, elle bâtit son univers, qu'elle habite par sa fantaisie et son goût pour le merveilleux. Les histoires qu'elle raconte sont de celles que l'on ne trouve que dans les livres.
Née en 1972, Véronique Ovaldé est l'une des voix les plus originales de la littérature contemporaine. Elle est l'auteur de quatre romans, traduits en plusieurs langues : Le Sommeil des poissons (Le Seuil, 2000), Toutes choses scintillant (Éditions de l'Ampoule, 2002), Les hommes en général me plaisent beaucoup et Déloger l'animal (Actes Sud, 2003, 2005).
Véronique Ovaldé excelle en truffant l'intrigue de dialogues parfaitement décalés. Elle y mêle à loisir des commentaires qui s'ajoutent aux pensées d'un Lancelot dédoublé (celui qui parle et celui qui pense, les deux n'étant pas toujours très synchronisés). Le lecteur happé par l'histoire se sent proche du héros, sonné comme lui. Le visage d'une Irina inconnue s'esquisse peu à peu devant les yeux d'un Lancelot totalement désarmé. Car lui persiste toujours à la voir avec des yeux énamourés. C'est bien ce qui bouleverse dans ce thriller singulier qui aborde avec brio la détresse d'un homme amoureux.
Et mon coeur transparent est un roman enchanteur placé sous le double signe de Verlaine et de Boris Vian. Un pied dans la réalité, l'autre dans la fantaisie. Ovaldé parle de chagrin et de deuil en chantonnant, choisit ses mots et ses phrases en éliminant le superflu, développe une histoire mélancolique où le héros étouffe de solitude. Puis elle s'en va tourbillonner ailleurs, l'oeil malicieux...
Une force poétique submerge l'écriture d'Ovaldé et rend passionnantes ses divagations romanesques. Ainsi ce livre, toujours à la lisière du faux pas, est-il construit de main de maître. C'est l'histoire d'un homme noyé sous l'opacité du monde. Lancelot, notre héros, n'a rien du chevalier de la légende. Ou alors, c'est un chevalier sans armure. Bref, ce garçon a bien du mal à porter son nom. Dès la première phrase du roman, on sait que l'on sera happé jusqu'au bout...
Dans ce livre explosif qui évoque l'univers onirique de Lewis Carroll, Véronique Ovaldé explore à merveille le désarroi d'un homme amoureux. Superbe, tout simplement superbe.
Faire de chagrin légèreté, c'est une raison d'écrire. La violence frappe, l'imagination ouvre, la délicatesse emporte : on peut enfin se sentir comme Lancelot «démuni et comblé». Pour la première fois dans un roman de Véronique Ovaldé, le cinquième, c'est le coeur d'un homme qui fuit. Il s'appelle Lancelot Rubinstein et ignore «comment ne pas finir par se sentir offensé par un monde (ou des sens) aussi inconstant(s)». Les personnages d'Ovaldé vivent avec cette offense. Ils rêvent dedans. Leur chagrin est une féerie.
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