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Les livres que je n'ai pas écrits

Couverture du livre Les livres que je n'ai pas écrits

Auteur : George Steiner

Traducteur : Marianne Groulez

Date de saisie : 21/02/2008

Genre : Essais littéraires

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Connaissance

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-07-078520-9

GENCOD : 9782070785209

Sorti le : 24/01/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Un vieux dicton - une malédiction peut-être - veut que l'on souhaite à son ennemi de devoir écrire un livre.
Sept, rajoute George Steiner, comme le temps de la Création, comme le nombre de branches du chandelier. Que ces livres Steiner ait jamais voulu les écrire réellement, peu importera au lecteur. On le croira volontiers dans certains cas, où il n'est pas jusqu'au plan qui ne nous soit exposé. On en doute dans d'autres où le sujet annoncé est prétexte, à la manière de Montaigne, à dériver vers un autre propos, plus autobiographique.
En ouverture, la mésaventure du jeune journaliste Steiner qui entreprend de se lancer dans la biographie d'un monstre sacré de la sinologie occidentale, Joseph Needham, l'auteur d'une impressionnante histoire de la science en Chine, inachevée malgré ses huit forts volumes. L'occasion toute trouvée de s'interroger sur ces oeuvres continents qui finissent par n'avoir d'autres fins que de se maintenir en vie, par leur inachèvement.
Les oeuvres suscitent souvent des jalousies qui frisent chez certains sujets la démence criminelle, comme le poète Cecco d'Ascoli qui, toute sa vie, se jugea persécuté par la splendeur de Dante. Qu'est-ce que vivre à l'ombre de génies reconnus, quand on n'est soi-même qu'un brillantissime esprit ? Nous entrons dans la sphère intime de Steiner, qui parlera tour à tour du sexe dans différentes langues, de son rapport à Israël ou à la culture européenne à travers la crise des humanités au profit des sciences exactes, sans oublier la grande question - celle de ses convictions politiques.
Chemin faisant, le lecteur est promené à travers siècles et continents par l'auteur. Si ce dernier n'a pas écrit ces livres, ne serait-ce pas qu'il n'entendait répondre directement à aucune des sept questions ?





  • La revue de presse Bertrand Dermoncourt - L'Express du 21 février 2008

En 1998, George Steiner avait fait le récit de son parcours intellectuel dans Errata. Aujourd'hui, âgé de 78 ans, il propose un nouvel ouvrage aux accents testamentaires...
Avec raison. Dans Les Livres que je n'ai pas écrits, il décrit par le menu ses projets inachevés. Une recette pour le moins savoureuse, prétexte à une balade à travers les cultures et les siècles, dont le but serait de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Les confessions succèdent aux paradoxes, les citations fusent avec une aisance jubilatoire. Le Pr Steiner est en forme et prend plaisir à amuser son lecteur tout en l'instruisant. Une digression paillarde sur ce qu'il appelle la numérologie de l'éros (celle du «69») sert de préliminaire à une réflexion originale au sujet de la dynamique linguistique de la sexualité. Une déclaration d'amour à son chien permet à l'auteur de s'interroger quant à la place de l'homme dans la création. On le voit, avec ce nouveau livre, Steiner a choisi de cultiver l'ironie. Notamment envers lui-même.


  • La revue de presse Nicolas Weill - Le Monde du 15 février 2008

En décrivant sept ouvrages projetés mais jamais écrits, le critique et érudit George Steiner (né en 1929) invente un genre, celui de l'autobiographie par prétérition. Au lieu de narrer les faits et gestes de son existence académique multipolaire, menée entre Vienne, Cambridge, Genève, Princeton, Paris, etc., il tente de comprendre pourquoi certains thèmes qui lui tenaient pourtant à coeur, comme ceux de l'éducation, des relations entre la langue et la sexualité ou celui du destin juif, n'ont pas donné naissance à un titre supplémentaire dans la longue liste de ses ouvrages...
Les pages crépusculaires sur le déclin de la culture des humanités et l'effondrement des systèmes d'enseignement sont plus surprenantes dans la mesure où là Steiner ne se contente pas de se laisser aller au pessimisme, mais imagine quelques contre-feux. Ainsi suggère-t-il d'améliorer la culture générale scientifique en jachère par l'apprentissage de l'histoire des sciences. Une idée utile, qui compense les trop fréquents renvois au déterminisme cérébral ou génétique, dont on ne sait pas trop si l'auteur les prend vraiment au sérieux.


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 30 janvier 2008

Sept projets, sept absences, sept «ombres actives» : soit, tels que les désigne George Steiner, sept livres qu'il n'a pas écrits. De ces échecs supposés dont le nombre n'est pas sans évoquer le purgatoire de Dante, auteur cher à Steiner, celui-ci fait un livre, une suite de confessions où s'enchâssent réflexions, références, développements savants, regrets et des colères qui côtoient la provocation...
Dans ce livre, où l'on retrouve les thèmes des précédents (la culture ne sauve pas de la barbarie, le devenir des rapports entre maître et disciple, etc.), George Steiner fait état de ses vertiges. L'érudition, la culture, si elles permettent l'épanouissement, sont aussi des abîmes où l'individu peut sombrer...
Sept oeuvres en creux et sept raisons de lire ce livre intime, voué au verbe et au travail intellectuel.


  • La revue de presse Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur du 24 janvier 2008

Ils sont donc sept, les livres que George Steiner aurait pu, aurait dû, aurait voulu écrire, et qui n'ont pas vu le jour : ou plutôt qui sont restés entre chien et loup, dans le crépuscule des limbes. L'essai qu'il consacre aujourd'hui à ces enfants morts sans baptême, compagnons muets de sa vie, on peut le lire comme une réfutation ironique de toute entreprise biographique. Les biographes ont du souci à se faire si la vérité d'un écrivain n'est pas à chercher dans son oeuvre aboutie, mais dans les textes seulement désirés, effleurés, portés un temps, puis abandonnés sur un aveu d'impuissance...
Quand on voit si peu clair en soi, comment espérer qu'un livre dissipe l'obscurité du monde ? De cette confession oblique et rétractée, de cette valse hésitante entre désir et dérobade, on sort avec le sentiment paradoxal de mieux connaître Steiner. De l'aimer davantage aussi. Ce qu'on entend ici, c'est une voix précautionneuse, fraternelle et sourde. Elle chuchote qu'il ne faut pas tout dire, que la transparence peut être meurtrière, la raison démonstrative très déraisonnable, la vérité féroce, les théories funestes. Tous les refus qu'elle égrène proviennent de la même source : devant toute atteinte à l'intimité, la sensibilité de George Steiner se cabre. C'est dire comme peut l'épouvanter le spectacle quotidien que donne notre monde de l'exhibition, criard, arrogant, clinquant, hurlant de vulgarité et d'argent, sans nulle enclave de silence et nul abri pour le secret : ce précieux secret autour duquel tournent, en le cachant-dévoilant, les sept livres qu'il n'a pas écrits.


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