Auteur : Louis Lanher
Date de saisie : 11/07/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-84626-121-0
GENCOD : 9782846261210
Sorti le : 14/02/2008
«Un jour, dans le journal d'investigation Voici, ma gardienne a eu la conviction de me voir en couverture. J'étais le petit ami d'Alice Taglioni, mes boucles blondes et ma barbe de trois jours apparaissaient dans un encart qui m'était spécialement consacré : "Alice enfin le bonheur ?"
Je n'ai jamais démenti l'information, même si le comédien Jocelyn Quivrin a facile trois ans de moins que moi. Lorsqu'on passe à la télé sur le canal 83, au fin fond d'un bouquet satellite, il ne faut lésiner sur aucune option pour créer sa légende».
Louis Lanher est parisien, il a 31 ans. Depuis qu'il passe à la télé, il a été reconnu deux fois dans la rue et une fois au supermarché. Sa vie est palpitante. Après Microclimat et Un pur roman (Au diable vauvert), il publie son premier recueil de nouvelles. Certainement le meilleur.
Un livre médiocrement people aurait pu en résulter, qui aurait fait le bonheur des échotiers hebdomadaires. Or c'est un petit volume vif, acide et pétillant d'esprit qu'il nous est donné de lire. Deux pages et demie au début, sous la tête de chapitre ironique «Pourquoi cette oeuvre majeure», en explicitent le projet. Entre les fictions à succès, genre Harry Potter, Da Vinci Code ou Mes amis mes amours, dont l'écriture comme la personnalité des auteurs ne présente pas le moindre intérêt, et d'autres livres qui ont pour unique programme le nom de celui qui les commet, il reste de la place pour une troisième voie : celle de la figure célèbre ayant quelque chose à raconter. On aura compris que ce sera forcément Louis Lahner, qui affirme ouvrir ainsi une piste inédite dans l'actuel paysage littéraire. À peine entamé, le recueil se place sous le signe d'une communicative dérision...
Il y a du moralisme chez cet amoral déclaré. Et un authentique talent d'écriture pour raconter ces mythologies personnelles qui ne nous sont pas tout à fait étrangères.
Pourquoi cette oeuvre majeure
Joanne-Kathleen Vaginale, Romain Nichon, Dan Boulard, Marc Pantoufle, tous ces romanciers à succès publient sous pseudo. Et on les comprend. Joanne-Kathleen Vaginale a ainsi vendu des dizaines de millions d'exemplaires de son histoire plutôt élémentaire d'apprenti magicien. Sept tomes en anglais, pour mieux brouiller les pistes, multiadaptés au cinéma et déclinés en produits dérivés. Romain Nichon est, quant à lui, le seul romancier français à avoir eu deux fois le prix Goncourt, et sous deux pseudos différents s'il vous plaît. Dan Boulard n'en finit plus de nous assommer avec ses révélations sur le Vatican et la vie sexuelle de Jésus. Il en sait des choses vraiment passionnantes sur ces gens qui n'ont jamais existé, et il nous les livre, lui aussi en anglais, parce que c'est plus classe. Marc Pantoufle n'aurait jamais dû franchir la pile des manuscrits refusés dès la première lecture. Magie des alizés, son récit mièvre de l'amour d'un homme pour un fantôme dans un placard, a été porté par le vent jusqu'au bureau d'un producteur hollywoodien. Et Marc Pantoufle est devenu une star internationale des lettres.
Parfois, le nom de famille de l'auteur est assez crédible pour le mentionner en couverture du livre. C'est alors sa vie qui n'est pas suffisamment intéressante pour en faire le sujet principal de l'oeuvre. Personne n'irait acheter en librairie Ma vie avec Michel Houellebecq, avec Amélie Nothomb, Anna Gavalda ou Stephen King. Ces valeureux romanciers ont très vite compris que leurs amourettes de vacances, leurs repas familiaux et leurs achats de télé écran plasma le samedi après-midi n'avaient aucune portée universelle. Ils ont raisonnablement délaissé l'autofiction pour se concentrer sur la fiction, en inventant des rires, des larmes, du suspens, des émotions significatives à chaque fin de page. Bien sûr, ils rament un peu, leur imagination n'est pas sans fin, ils aimeraient eux aussi se contenter de raconter leur quotidien flamboyant, ne plus avoir à se creuser la tête pour créer un récit de toutes pièces.
Retournez le problème dans tous les sens, vous arriverez toujours à la même conclusion : Louis Lanher est bien le seul à pouvoir se permettre de publier son autobiographie. Il réunit les deux conditions indispensables à l'exercice : un nom qui claque et une vie palpitante.
Dès sa naissance, Louis Lanher place la barre très haut. Sorti du ventre de sa mère le 6 novembre 1976 à 7 h 30, il est d'emblée pourvu du signe astrologique le plus puissant : Scorpion ascendant Scorpion. Double dose de créativité et de sexualité, un avenir héroïque s'ouvre à lui. S'il était Vierge ascendant Poisson ou Verseau ascendant Capricorne, croyez bien que Louis Lanher ne se permettrait pas de publier une autobiographie. Comme le reste de l'humanité, il serait boulanger ou expert-comptable. Mais les astres en ont décidé autrement.
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