Auteur : Magda Szabo
Traducteur : Suzanne Canard
Date de saisie : 10/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : V. Hamy, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-87858-263-5
GENCOD : 9782878582635
Sorti le : 18/01/2008
Eszter est une comédienne célèbre.
Pourtant, les frustrations de son enfance - entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie - renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, l'ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme qu'elle aime, et qui l'aime. Le Faon dit la jalousie, plus, la haine, vécue comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n'a pas connu, n'a pas été.
Son monologue est celui d'une femme qui se donne, se confesse, et qui expie.
Le 3 octobre 2007, Magda Szabó fêtait ses 90 ans. Elle est morte quelques semaines plus tard, le 19 novembre 2007, un livre à la main. Après La Porte, Prix Femina étranger 2003, La Ballade d'Iza et Rue Katalin qui a obtenu Le Prix Cévennes du meilleur Roman européen en juillet 2007, les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur travail de découverte de l'" univers romanesque féroce, doux et entêtant de celle qui fut la grande dame des lettres hongroises.
Le Faon est un grand roman sur la jalousie. Non seulement parce qu'il en décortique les ressorts avec une minutie inouïe. Mais aussi parce qu'il en révèle l'infinie cruauté. Et en particulier la double nature du jaloux : Eszter est certes aveuglée par cette rivalité pathologique, mais, en même temps, elle voit en toute lucidité ce que ce sentiment a de gratuit et d'irrationnel. C'est bien parce qu'Angela est son double lumineux qu'elle la déteste autant. C'est bien parce qu'il n'y a rien à lui reprocher qu'elle éprouve à son égard cette pulsion mortifère. Magnifique tableau clinique d'une maladie inguérissable, Le Faon porte déjà tous les thèmes de Magda Szabo et notamment l'infinie solitude des êtres. Il ne faut pas rater cette occasion de découvrir un aussi subtil écrivain.
Magda Szabó, le «poisson d'or» de la littérature hongroise, selon Hermann Hesse, s'est éteinte en novembre dernier à l'âge de 90 ans. On doit sa redécouverte en France à l'éditrice Viviane Hamy, qui publia son chef-d'oeuvre, «la Porte», prix Femina étranger 2003. «Le Faon» nous permet d'apprécier la profondeur d'un univers romanesque dense et féroce, fait de huis clos et de confidences assassines...
De ces terribles confessions naît un autoportrait expressionniste, d'une lucidité morbide. Dans cette oeuvre de jeunesse, Magda Szabó révèle son talent hors norme de romancière des passions intimes.
Avec Le Faon, Magda Szabo dépeint l'implacable tragédie d'une femme dévorée par la jalousie. Encore un joyau de la grande dame des lettres hongroises...
Magda Szabo pianotait une oeuvre qui a la délicatesse d'une sonate d'automne. Et qui met en scène des personnages gommés par le destin, des humbles dont il faut redessiner les visages et les âmes parce que des trésors s'y cachent...
Construit comme une tragédie antique, Le Faon explore les Enfers d'une Médée hongroise dont le monologue tient autant de l'exorcisme que de l'expiation, avant que la mort ne fasse tomber son couperet. Un roman tendu, implacable, où Magda Szabo, une fois encore, prouve qu'elle est une incomparable spéléologue des âmes.
Quelle merveille que cette oeuvre de «jeunesse», écrite à plus de 40 ans, après de longues années de disgrâce politique, mais électrisée par une rage frétillante d'adolescente à fleur de peau !...
Toujours au bord de la folie, animée d'un esprit d'escalier qui la fait parler à rebrousse-poil, commençant des phrases avant d'en finir d'autres, Eszter navigue dans des eaux intérieures que la sincérité rend limpides. Parfois, elle soliloque avec la soif de vérité d'une héroïne de Katherine Mansfield ou de Virginia Woolf, et soudain, la voici elliptique et retenue, plongeant la main dans un bassin plein de poissons rouges, comme dans un roman japonais. Mais lorsqu'elle serine à l'homme qu'elle aime : «J'aurais aimé que tu perçoives tout de moi, sans avoir à parler, mais au plus profond de moi, bruissants et rouillés, les mots commençaient pourtant leur lente ascension», affleure alors son aspiration suprême, qui donne au livre une grâce recueillie : le silence.
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