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La nef des sages

Couverture du livre La nef des sages

Auteur : Johannes Geiler von Kaysersberg

Date de saisie : 22/01/2008

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Les carnets spirituels, n° 61

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84590-115-5

GENCOD : 9782845901155

Sorti le : 10/01/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Écrivain de premier plan, turbulent autant que truculent, précurseur de la Réforme, Jean Geiler de Kaysersberg (1446-1510) est l'une des plus hautes figures spirituelles de la fin du moyen âge. Son oeuvre est considérable et une édition critique est en cours en langue allemande : déjà trois volumes ont paru à Berlin et New-York (1989-1995). En langue française, le présent ouvrage est étrangement le premier volume de traduction qui soit réalisé.
Des milliers de visiteurs contemplent dans la nef de la Cathédrale de Strasbourg l'admirable chaire de pierre ciselée construite en son honneur en 1485. Sa gloire a été immense : l'Empereur lui-même a tenu à s'entretenir en tête à tête avec lui, presque d'égal à égal, lui qui n'a assurément rien fait pour acquérir ces honneurs à bon prix : «Je suis le veilleur, disait-il,- mon rôle est de donner l'alerte. Quand j'aperçois les flammes de l'incendie, je souffle dans ma trompe à pleins poumons !»
Geiler est un prophète, nullement un courtisan. C'est pourquoi son style est merveilleux de liberté, de vigueur et de modernité. Les textes de Geiler constituent un jalon essentiel entre Jean Tauler (1300-1361), disciple d'Eckhart, et Martin Bucer (1491-1551), disciple de Luther.
Surtout, plus encore que ceux de Tauler, ils sont vivants et agréables à lire : Geiler était un grand pédagogue. Mgr Doré le souligne : «Si Tauler a pu cibler son propos pour des auditoires plus restreints et plus motivés, Geiler a dû relever le défi d'intéresser la foule remplissant une cathédrale et, pour cela, recourir largement à la force évocatrice de l'image. (...) L'oeuvre de Geiler conserve sans doute un caractère plus proche de l'auditeur contemporain que celle de son pourtant ajuste titre si illustre prédécesseur !»

Le livre
Les textes ici présentés ont été choisis par Francis Rapp, membre de l'Institut. Afin de faciliter l'accès de ces textes savoureux à un public aussi large que possible, la présente édition comportera deux volumes : le premier, Ca Nef des sages, présente un choix de Sermons ; le second volume, Le Civet de lièvre, présentera un choix de Traités.
Pour donner une idée du style vif et imagé de Geiler, citons un extrait du Sermon sur la Nef des sages : «Ce cochon est totalement inutile tant qu'il est en vie ; il ne sait pas chanter comme les oiseaux, il n'attrape pas les mouches comme le rouge-gorge ou la mésange, Une sait pas porter comme le cheval ou le boeuf il n'attrape pas les souris comme le chat, il ne garde pas la maison et n'aboie pas comme le chien, il ne donne pas plus de laine que de lait comme le mouton ou la vache, c 'est un propre à rien qui ne rend aucun service et ne fait que s'engraisser en engloutissant tous les déchets et les restes de la cuisine. Mais après sa mort il fait vivre la famille et chacun y trouve son plaisir : de lui viennent toutes les bonnes saucisses, de lui les soupes de boudin avec lesquelles on régale les amis et les voisins, sans parler des jambons et du reste.» Avec Geiler les sermons, bien que de haute spiritualité, n'étaient pas ennuyeux, d'où les foules qui venaient l'entendre à la Cathédrale !

L'auteur
Né en 1446 à Schaffhouse, Jean Geiler fut élevé par son grand-père à Kaysersberg, près de Colmar. Après de ballantes études aux universités de Fribourg-en-Brisgau puis de Bâle, il enseigna et devint recteur à Fribourg. Très vite il interrompit cette carrière pour s'adresser à des auditoires plus larges. L'évêque de Wurzbourg lui proposa de devenir le prédicateur de sa cathédrale. Fort heureusement, un homme politique strasbourgeois parvint à faire créer pour lui un office de prédication à la Cathédrale où il prit ses fonctions en 1478. Geiler y critique vertement clercs, moines et laies, surtout les plus riches. Virulent contestataire de l'Eglise, il semble qu'il n'aurait jamais admis de remettre en cause les dogmes. Les protestants le considérèrent pourtant très vite comme leur précurseur. Et soucieux de faire oublier les justes critiques du grand prédicateur, le Saint-Siège en tira prétexte après sa mort pour mettre ses textes à l'index. D'où, comme pour Eckhart, les difficultés de transmission de cette oeuvre, heureusement enfin redécouverte.





  • Les premières lignes

Sermon sur l'arche d'alliance et l'indulgence plénière

En l'an 1509 le docteur Kaysersberg prêcha pour-la Présentation de la Vierge, et après le prêche tous les couvents et fondations vinrent et l'on institua les indulgences.

Le docteur parla de notre Dame et de l'indulgence, et frère Johannes Pauli mit le sermon par écrit pour qu'il ne soit pas perdu, telle une miette de pain. Thème : ils ramenèrent l'arche de Dieu avec joie.

Nous lisons que Dieu parla à Moïse, lui demandant de lui construire une arche en bois d'acacia, imputrescible, recouverte d'or à l'intérieur et à l'extérieur; il devait déposer à l'intérieur de l'arche les deux tables de la loi, les verges d'Aaron, et un récipient contenant le pain du ciel. Ils devaient utiliser l'arche pour leur besoin et pour leur profit.

L'arche signifie notre Dame bien-aimée, qui fut amenée par son père et sa mère pour la présentation dans le temple de Dieu, nous en avons lu le récit aujourd'hui, vous l'avez entendu dans les paroisses.

Marie était l'arche de Dieu, sans pourriture ni par le péché originel, ni par les péchés quotidiens ou mortels ; elle était dorée à l'intérieur et à l'extérieur, ce qui veut dire qu'elle brillait au dedans et au dehors par sa chasteté et sa virginité. L'arche, mère de Dieu, nous en avons grandement besoin ; nous pouvons trouver refuge auprès d'elle dans tous nos soucis, et nous obtenons par elle l'aide de Dieu.

Deuxièmement, l'arche signifie le Seigneur Jésus, et il n'est pas faux de dire qu'une chose de l'Ancien Testament peut signifier plusieurs choses dans le Nouveau Testament. Donc l'arche signifiait Marie, mère de Dieu, et aussi le Seigneur Jésus, puisqu'elle contenait le pain du ciel et le bâton de Moïse.

L'arche était recouverte et personne ne la voyait. Comme elle faillit tomber, Ouzza la toucha ; il mourut aussitôt. Devant elle, David dansa avec joie, mais Mikal, sa femme, la fille de Saül, se moqua de lui.


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