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Le civet de lièvre

Couverture du livre Le civet de lièvre

Auteur : Johannes Geiler von Kaysersberg

Préface : Mgr Dore

Traducteur : Marianne Koch

Date de saisie : 05/02/2008

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Les carnets spirituels, n° 62

Prix : 15.50 € / 101.67 F

ISBN : 978-2-84590-118-6

GENCOD : 9782845901186

Sorti le : 07/02/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Le traité du Civet de lièvre constitue la pièce maîtresse de ce second volume : on explique comment l'acheminement sur la voie spirituelle est en tout point comparable à la préparation d'un bon civet de lièvre. Geiler justifie cette comparaison en exposant les 14 étapes de la préparation d'un bon civet et en montrant comment cette étape se retrouve très exactement dans l'itinéraire du progrès spirituel. Présentant cet étonnant petit traité, Mgr Doré écrit ce bel éloge : «Son civet de lièvre est toujours réservé au coin du feu. On pourra donc toujours le savourer longuement : je suis heureux de pouvoir, ici, inviter sans réserve à le faire.»
Pour en donner une idée, citons quelques lignes : «Si on préparait un lièvre en civet sans le dépiauter, on aurait un repas détestable ; les poils colleraient sans arrêt aux dents. Il est donc indispensable de le dépiauter. C'est ce qu'il faut aussi faire pour le lièvre qu'est l'être humain spirituel : il faut lui tirer la peau par-dessus les oreilles, le larder et le rôtir, bien l'assaisonner pour pouvoir le manger ; il faut préparer la marinade - je parlerai de tout cela plus tard, le moment venu, Dieu voulant.» Autre exemple : «La onzième caractéristique du lièvre, c'est qu'il faut le larder. En lui-même il n'a pas de graisse. C'est une petite bête maigre et efflanquée ; il faut donc lui ajouter du gras pour qu 'elle ne bride pas au jeu. Et toi, si tu ne veux pas brûler au feu des contrariétés de la vie à cause de ton manque de patience, il est bon que tu sois lardée et fortifiée par la graisse de la méditation et de l'amour.»
La liste des traités publiés dans ce second volume est la suivante : I. Le Civet de lièvre : Le lièvre est craintif ; Le lièvre court vite ; Le lièvre a plus d'assurance pour monter que pour descendre ; Le lièvre est poursuivi par la meute des chiens ; Le lièvre mise tout sur la fuite ; Le lièvre bouge sans cesse les lèvres ; Le lièvre a de longues oreilles ; Le lièvre a son refuge dans les rochers ; Il faut dépiauter le lièvre ; Il faut faire rôtir le lièvre ; Il faut larder le lièvre ; Il faut veiller à ce que le lièvre soit suffisamment rôti ; Il faut faire mariner le lièvre dans un civet ; Il faut servir le lièvre dans des plats en or - II. Un Alphabet pour mourir - III. Livret pour accompagner les mourants - IV. Le Paradis des Ames
L'auteur

Né en 1446 à Schaffhouse, Jean Geiler fut élevé par son grand-père à Kaysersberg, près de Colmar. Après de brillantes études aux universités de Fribourg-en-Brisgau puis de Baie, il enseigna et devint recteur à Fribourg. Très vite il interrompit cette carrière pour s'adresser à des auditoires plus larges. L'évêque de Wurzbourg lui proposa de devenir le prédicateur de sa cathédrale. Fort heureusement, un homme politique strasbourgeois parvint à faire créer pour lui un office de prédication à la Cathédrale où il prit ses fonctions en 1478. Geiler y critique vertement clercs, moines et laïcs, surtout les plus riches. Virulent contestataire de l'Église, il semble qu'il n'aurait jamais admis de remettre en cause les dogmes. Les protestants le considérèrent pourtant très vite comme leur précurseur. Et soucieux de faire oublier les justes critiques du grand prédicateur, le Saint-Siège en tira prétexte après sa mort pour mettre ses textes à l'index. D'où, comme pour Eckhart, les difficultés de transmission de cette oeuvre, heureusement enfin redécouverte.





  • Les premières lignes

DES THÉMATIQUES
À L'ÉVIDENCE TRÈS DIFFÉRENTES

L'honnêteté oblige à reconnaître que c'est d'abord la différence qui ressort lorsqu'on met en parallèle la prédication de Tauler et celle de Geiler, et que cette différence apparaît surtout dans les thématiques abordées par l'un et l'autre de ces personnages.

1. On lira, dans les pages du présent ouvrage, la fameuse prédication de Jean Geiler sur le Civet de lièvre. Bien des lecteurs découvriront avec surprise la manière dont cet auteur s'appuie sur une image aisément accessible à tous ses auditeurs, aussi bien aux bourgeois qu'à leurs domestiques, aux clercs qu'aux laïcs, aux nobles qu'aux manants, aux hommes qu'aux femmes. D'ailleurs, l'alternance des genres utilisés nous prouve que Geiler adressait son texte tantôt aux religieuses et tantôt aux fidèles, se tournant successivement vers les unes et vers les autres.

L'image est ici celle d'un lièvre destiné à être préparé en civet. Certes, tous ne sont pas des connaisseurs de la chasse, mais chacun peut apprécier ce mets de choix, ou rêve de le faire. Au propre comme au figuré, Geiler met en quelque sorte l'eau à la bouche de ses auditeurs.

Après une telle captatio benevolentiae, il lui reste à exploiter le thème dans ses harmoniques les plus développées. Pour ce faire, il détaille les opérations nécessaires à la capture du lièvre et à la préparation du civet, puis établit de manière particulièrement habile le parallèle constant avec le disciple du Christ.

Décrivant d'abord avec force détails le lièvre dans son environnement naturel, puis la manière de le chasser, et enfin les opérations indispensables à sa préparation culinaire depuis l'enlèvement de la peau jusqu'à sa disposition sur le plat en passant par son lardage, son rôtissage et sa mise en marinade, Geiler y prend appui pour embrasser de très nombreux aspects de l'existence humaine, et développer, à partir de là, une catéchèse très complète de la vie chrétienne.

2. Si l'on cherche maintenant à faire le parallèle avec Tauler, on s'aperçoit vite que les thèmes traités par Geiler tranchent par leur originalité.

Certes, innombrables sont les textes imputés au grand mystique qu'est Tauler, mais la critique contemporaine se montre circonspecte vis-à-vis de multiples attributions un peu trop généreuses. Si nous en tenons aux Sermons pour lesquels sa paternité est incontestable, soit environ quatre-vingt d'entre eux, nous constatons qu'il s'agit de prédications à caractère liturgique marqué, prononcées à l'occasion de fêtes identifiées ou de dimanches particuliers, et qui s'appuient souvent sur des versets bibliques bien sélectionnés.


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