Auteur : Edna Buchanan
Traducteur : Frédéric Grellier
Date de saisie : 19/01/2008
Genre : Policiers
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Payot suspense
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-228-90269-4
GENCOD : 9782228902694
Sorti le : 09/01/2008
Britt Montera, l'héroïne reporter d'Edna Buchanan, fait équipe avec la brigade des affaires non résolues de Miami : une enquête menée tambour battant par une petite troupe d'obstinés, à l'efficacité et à l'humour redoutables.
1988 : la veille de Noël, deux adolescents sont enlevés par un groupe d'individus. Seule survivante : la jeune Sunny Hartley. Les coupables ne seront jamais retrouvés. 2002 : Britt Montera, journaliste au Miami News, enquête sur la mort d'un cambrioleur. Lorsqu'elle mentionne à Craig Burch, sergent de la brigade des affaires non résolues, les curieuses cicatrices qui marquent le corps du cadavre, ce dernier est sous le choc : cet homme pourrait bien être l'un des agresseurs de Sunny.
Mais comment persuader la jeune femme, qui a choisi de vivre coupée du monde, de collaborer ? Comment retrouver tous les témoins quatorze ans après ? Peurs, culpabilités, passions obscures : les vieilles blessures n'attendent qu'à se rouvrir, et la vérité, elle, n'est jamais là où on la croit...
Edna Buchanan a travaillé durant plus de vingt ans comme journaliste d'investigation à Miami. En 1986, elle a reçu te prix Pulitzer. Depuis, elle a écrit deux documents et seize romans, et a été nommée deux fois pour le BookAward. Payot a publié Double vie, double mort (2003 ; Pocket, 2007).
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J'ai sursauté en voyant les chaussures. Elles se balançaient en l'air, à hauteur des yeux. Une paire de baskets esquintées, portées par un cadavre suspendu au plafond.
Les flics étaient furieux.
Les pompiers, très énervés.
Cet inconnu leur posait un double casse-tête : son état de cadavre, et comment l'extraire de là. Les inspecteurs de la brigade des homicides, un chef pompier aimable comme un pit-bull et un légiste adjoint du comté de Miami Dade débattaient bruyamment de la méthode à suivre.
Le défunt avait loupé une aube splendide. Le soleil levant avait embrasé une magnifique cité de feu, son disque se reflétant sur les gratte-ciel de verre et d'acier. Les tours enflammées perçaient le ciel d'un bleu éclatant, leur scintillement ne suscitant plus aucun espoir dans la population, toujours sous le choc du 11 Septembre, hantée par des images de brasier et de mort.
Le chef des pompiers insistait pour que le cadavre, coincé dans une bouche d'air conditionné, soit dégagé et descendu par l'intérieur. Nettement plus efficace, soutenait-il, que de hisser le poids mort sur le toit pour ensuite le descendre par une échelle. Trois de ses hommes, a-t-il fait remarquer, étaient toujours en arrêt maladie après s'être blessés en récupérant un type de deux tonnes qui avait fait un malaise cardiaque dans son petit studio, et qu'il avait fallu descendre du troisième étage. Il a proposé que certains tirent sur les jambes du défunt pendant que d'autres poussaient par en haut.
Un inspecteur de police en nage a exprimé son désaccord. Le corps était coincé au niveau des cuisses. Il était encore plus large des hanches, et avait les poches remplies d'objets volumineux. Le mort allait devoir repartir par où il était venu : le toit de cette petite boutique semblable à tant d'autres aux abords du centre-ville de Miami.
- C'est arrivé comment ? ai-je demandé à un jeune flic en uniforme. Des fils à nu ?
- Le choc de sa vie, a-t-il répondu en souriant de son jeu de mots.
Hector Gomez, petit homme vêtu d'un costume sans plis mais élimé, ne souriait pas du tout. Le propriétaire de l'Horlogerie-Bijouterie Gomez se tenait pétrifié parmi les présentoirs en carton et en plastique, avec leurs montres bon marché et leurs bijoux de pacotille, ses yeux fixant sombrement les jambes fluettes suspendues dans leur jean.
- Je l'ai trouvé comme ça en ouvrant le magasin ce matin, a-t-il confié, les traits défaits, la voix à peine audible. Je crois que c'est le même que la dernière fois. Je reconnais les baskets. L'autre soir, il pleuvait. Il a laissé ses empreintes en grimpant sur le comptoir.
Nous avons examiné les semelles des Nike bien usées. Le caoutchouc comportait un motif très reconnaissable.
- Septième cambriolage en deux mois, a-t-il murmuré. Les temps sont durs, plus personne achète rien. Comment je fais pour gagner ma vie ? Comment je nourris ma famille ?
- En tout cas, ai-je fait remarquer, celui-ci ne reviendra plus. Ça ne l'a pas déridé. Quand il a su que j'étais journaliste, il a voulu se justifier avec un empressement pathétique.
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