Passion du livre - tout sur le livre : Se résoudre aux adieux

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Se résoudre aux adieux

Couverture du livre Se résoudre aux adieux

Auteur : Philippe Besson

Date de saisie : 20/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine français, n° 4095

Prix : 6.40 € / 41.98 F

ISBN : 978-2-264-04687-1

GENCOD : 9782264046871

Sorti le : 17/01/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Clément l'a quittée. C'était il y a quelques semaines. Après avoir cherché refuge dans l'isolement et le silence, elle a choisi de partir. Et de lui écrire. De Cuba, de New York, de Venise, de longues lettres auxquelles il ne répond jamais. Seule en ces terres étrangères, elle tente par les mots d'échapper au chagrin, aux questions, aux souvenirs. De l'espoir, encore, au renoncement, déjà, elle vacille entre un passé qui s'évanouit et un avenir qui se dérobe. Avec précision mais sensibilité, Philippe Besson décortique la mécanique du deuil amoureux.

Philippe Besson est l'auteur de En l'absence des hommes, Son frère (porté à l'écran par Patrice Ch-reau), L'Arrière-Saison (grand prix RTL-Lire), Un garçon d'Italie, Les Jours fragiles, Un instant d'abandon (les droits de ces trois derniers romans ont été cédés pour le cinéma) et Se résoudre aux adieux. Ses livres sont traduits en dix-sept langues. Son dernier roman, Un homme accidentel, a paru en 2008 aux éditions Julliard.

«On reconnaît un écrivain à la force de ses obsessions. Il en est ainsi de Philippe Besson qui, de livre en livre, creuse ses interrogations sur l'écriture, la création, la solitude, le lien familial et le lien amoureux.»

Michèle Gazier, Télérama





  • Les premières lignes

Clément,

J'ai décidé de t'écrire, plutôt que rien.
Plutôt que rester là, comme ça, dans le silence.
Que je te dise : je me suis honnêtement, sérieusement essayée au silence, je l'ai endossé comme on se glisse dans un vêtement, je m'y suis livrée comme on accepte une astreinte. Je l'ai fait d'abord pour moi, ne t'y trompe pas, c'était un choix égoïste, même s'il m'a coûté. En fait, j'ai pensé que cela me sauverait. Mais le rien-dire ne sauve pas, enfin disons que, moi, il ne m'a pas sauvée. Je crois même qu'il m'a enfoncée un peu plus dans la tristesse, le chagrin. Pour être tout à fait honnête, il m'a dévastée parce qu'il est peuplé d'images, le silence, de souvenirs impossibles à chasser, telles ces mouches importunes qui tournent autour du visage, qu'on tente d'éloigner avec de grands mouvements des bras, et qui toujours reviennent. Et puis, dans le silence, on est sans défense : les assauts n'en sont que plus blessants.

Alors maintenant, j'essaie les mots, ça ne pourra pas être pire. Qui sait si, en parlant, je ne vais pas me délester de la douleur entassée ? Un peu.

Pourquoi t'écrire à toi, me diras-tu ? Mais parce que des paroles sans destinataire ne sont pas vraiment des paroles. Sans écho, elles se perdent. C'est comme si elles n'avaient jamais existé. C'est écrire au vent, au désert, à l'abîme. Si personne ne m'écoute, autant continuer à me taire. Quelqu'un doit m'écouter. Et qui mieux que toi ?

Oui, qui mieux que toi ?

Je vais t'appeler par ton prénom.
Clément.
Je ne peux plus dire : «mon amour», ou des choses approchantes, toutes ces expressions niaises qu'on emploie sans en percevoir le ridicule et qu'on répète à l'envi au point de leur ôter leur signification. Tu serais embarrassé si je disais : «mon amour», de toute façon. Tu prétendrais que je ne suis pas guérie.

Un aveu : je ne suis pas guérie. Mais les malades doivent avoir l'élégance de ne pas indisposer les bien-portants, on leur sait gré de dissimuler leur mal.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli