Uruguay / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Uruguay

Couverture du livre Uruguay

Auteur : Jules Supervielle

Préface : Marie-Laure de Folin

Date de saisie : 17/01/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 9.00 €

ISBN : 978-2-84990-061-1

GENCOD : 9782849900611

Sorti le : 17/01/2008

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Je suis né à Montevideo, mais j'avais à peine huit mois que je partis un jour pour la France dans les bras de ma mère qui devait y mourir, la même semaine que mon père.
Oui, tout cela, dans la même phrase. Une phrase, une journée. toute la vie, n'est-ce pas la même chose pour qui est né sous les signes jumeaux du voyage et de la mort ? Mais je ne voudrais pas ici vous parler de la mort. Et je me dis : Uruguay, Uruguay de mon enfance et de mes retours successifs en Amérique, je ne veux ici m'inquiéter que de toi, dire, au gré de mes tremblants souvenirs, un peu de ce que je sais de ton beau triangle de terre, sur les bords du plus large fleuve, celui-là que Juan Diaz de Solis appelait Mer Douce.»

Jules Supervielle (1884-1960), poète cosmopolite, père de famille, passa sa vie entre la France et l'Amérique du Sud. Uruguay est un magnifique récit, devenu introuvable, sur l'enfance, l'exil, la langue française. Dans sa préface inédite, Marie-Laure de Folin, petite fille de Supervielle, évoque ses souvenirs avec son grand-père.





  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 17 janvier 200

Longtemps introuvable, Uruguay célèbre le «beau triangle de terre» de la «Banda oriental», ses ciels purs, ses automnes, ses maisons peintes de couleurs claires, ses ibis roses, ses tatous timides, ses fiers gauchos, ses pampas sans fin. C'est un herbier des enchantements perdus qui se lit comme une carte postale ancienne. Il évoque un monde farouche et beau qui n'existe plus...
Il faut lire Uruguay pour découvrir l'attachement de Jules Supervielle aux mythologies latino-américaines. Toute sa vie, le poète est revenu en Uruguay comme dans la maison de sa jeunesse...
Ainsi la República Oriental del Uruguay fut-elle la patrie de coeur de l'auteur de L'Homme de la pampa. En langue française, il en est le seul poète.



  • Les premières lignes

Préface de Marie-Laure de Folin :

Julio

J'étais enfant lorsque je connus mon grand-père. Il revenait de Montevideo après une absence obligée de sept ans tandis que la Deuxième Guerre mondiale s'achevait.
La guerre l'avait maintenu éloigné, des déboires financiers lui avaient fait craindre de ne jamais pouvoir rentrer. Pour finir, une solution fut imaginée, on le nomma consul honoraire de l'ambassade d'Uruguay à Paris.
Il retrouvait une France meurtrie, mais il retrouvait la France, ses amis, la N.R.F, et une grande partie de sa famille. Une famille qui avait tendance à se comporter comme si rien ne s'était passé. Il était parti, il était revenu. La vie reprenait.
Lui, pourtant, n'était plus le même. Les tourments de la France et du monde, les tourments de cette longue absence en forme d'exil, ses angoisses personnelles, l'avaient rendu physiquement faible et il m'est toujours apparu comme un vieil homme alors même qu'il n'avait guère plus de soixante ans.
Il était grand, haut personnage penché, comme embarrassé de lui-même, maigre et charmant. Son sourire, ses yeux, le bleu très vif de ses yeux qui voyaient tout mais ne s'attardaient pas, ne voulaient s'attarder plus que nécessaire, se détournaient donc, le mouvement de ses mains longues, étroites, prestes à vous caresser la joue, les cheveux, en passant, mais plus prestes encore à se retirer, se joindre, se croiser sur elles-mêmes comme des animaux dociles, des oiseaux qui rejoignent le nid. Ses mains disparaissaient dans les plis de ses vêtements qu'il portait sombres, avec une nonchalance élégante et distraite.
Il bougeait peu, parlait peu, et sa voix, lorsqu'il parlait, semblait venir de très loin, avec des inflexions musicales inconnues de nous qui l'écoutions. C'était un peu comme s'il avait appartenu à une autre race. Un homme bienveillant descendu de la lune.
Ce n'était pas notre monde qui l'intéressait et qui l'avait laissé seul, mais celui dans lequel il se mouvait et l'on sentait que de grands espaces étaient là autour de lui, des espaces d'où il revenait à notre rencontre, un peu ivre et maladroit. Une maladresse qui lui était familière comme l'une de ses innombrables robes de chambre.
Nous l'appelions «Julio». C'était son nom, mais son nom de l'autre côté de l'océan. Cela suffisait comme distance pour le respect.


Copyright : Studio 108 2004-2019 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli