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Bolling story

Couverture du livre Bolling story

Auteur : Claude Bolling | Jean-Pierre Daubresse

Préface : Alain Delon

Date de saisie : 23/01/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-7538-0272-8

GENCOD : 9782753802728

Sorti le : 24/01/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Avant-propos Alain Delon

«Borsalino le film et la musique de Claude nous ont immortalisés» déclare Alain Delon en avant-propos.

Qui se serait douté, et Claude Bolling le premier, que la découverte d'un disque 78 tours de Duke Ellington l'amènerait à s'intéresser au piano au point d'en oublier presque tout le reste ? C'était à Nice, Claude avait dix ans. À quinze ans, passionné de jazz, il se retrouve dans un Paris tout juste libéré, à la salle Pleyel, lauréat du tournoi des amateurs du Hot Club de France. Grâce à l'enseignement de l'harmonie prodigué par le grand maître Maurice Duruflé, il devient le plus jeune membre de la S.A.C.E.M. Et là commence l'aventure...

En compagnie de Jean-Pierre Daubresse, spécialiste du jazz classique, Claude Bolling se remémore et nous fait revivre les grands événements qui ont jalonné sa vie de pianiste, compositeur et chef d'orchestre ; ses rencontres et collaborations avec les plus grands noms du jazz ou de la musique classique (Duke Ellington, Count Basie, Stéphane Grappelli, Jean-Pierre Rampai, Alexandre Lagoya, Maurice André...) des variétés (Dario Moreno, Sacha Distel, les Parisiennes...) de la télévision (Jean-Christophe Averty, «Age tendre et têtes de bois» avec Albert Raisner, Maritie et Gilbert Carpentier, Jacques Chancel...) du cinéma (Brigitte Bardot, Alain Delon, Jacques Deray, Philippe de Broca, Claude Pinoteau...), la mise en musique des images de Buster Keaton ou des dessins animés de son ami René Goscinny, sans oublier ses moments d'amitiés passés en compagnie de Marcel Pagnol, de Lino Ventura, Maurice Genevoix.

Tous ces souvenirs ont été recoupés et vérifiés grâce aux documents de Claude et de Jean-Pierre afin de reconstituer cette fabuleuse carrière commencée dans les clubs de Saint-Germain-des-Près pour se poursuivre à l'Alhambra, l'A.B.C., l'Olympia et les plus prestigieuses salles du monde comme celle du Carnegie Hall de New York !

De nombreux amis témoignent : Jean-Christophe Averty, Brigitte Bardot, Cabu, Alain Delon, Jacques Deray, Edouard Molinaro, Jean-Max Rivière, Vincent Perrot, Frank Ténot.

Toute l'oeuvre discographique et filmographique de Claude Bolling est répertoriée.





  • Les premières lignes

Premiers sons

Bien avant tout cela, mes parents habitaient une impasse dans le quinzième arrondissement, appelée square du Champ de Mars. Cette enclave dans un groupe d'immeubles servait de terrain de jeux aux enfants du quartier. Je devais avoir quatre ou cinq ans quand le Père Noël m'a apporté une bicyclette. Comme mes mains étaient encore trop petites pour en serrer les freins, mes élans n'étaient arrêtés que par les murs, les bordures de trottoirs ou les malheureux passants. Je n'étais que plaies et bosses et j'en ai encore des marques !

À cette époque, il y avait des musiciens et des chanteurs de rues. Ces artistes se plaisaient à venir exercer leur talent dans cette impasse dont l'acoustique faisait caisse de résonance et favorisait leurs voix. Ils y allaient de bon coeur avec des chansons populaires de l'époque ; Le temps des cerises, Le chaland qui passe, Le plus beau de tous les tangos du monde, ponctués par le tintement des pièces de monnaies jetées des fenêtres et accueillies par des «Merci bien, m'sieurs-dames !»

Et moi, à mon tour d'imiter ces chanteurs, si bien qu'aux dîners, on me faisait monter sur la table au dessert et j'y allais de mon refrain : «C'est nous les gars de la marine, quand on est dans les cols bleus, on n'a jamais froid aux yeux» que je concluais comme les artistes des rues par : «Merci bien, m'sieurs-dames !», ce qui me valait quelques pièces pour ma tirelire. Mes premières prestations !

J'allais à l'école primaire de mon quartier, près de l'Église Jeanne d'Arc. À la fête de l'école, la directrice jouait au piano la Marche Militaire de Franz Schubert, réunissant autour d'elle les enfants à qui elle donnait à chacun un instrument de percussion, qui un triangle, un tambourin, des castagnettes. La maîtresse, trouvant que j'étais celui qui avait le plus le sens du rythme, m'avait attribué le tambour. Suivait la distribution des prix de fin d'année scolaire. Tous recevaient une récompense sauf moi ! Maman racontait plus tard qu'elle croyait qu'on m'avait oublié... mais j'ai été appelé en dernier, car j'avais obtenu le prix d'excellence ! Ce qui est étonnant, c'est que je n'avais pas la notion d'avoir travaillé à l'école. Ce prix était ce qui me semblait un énorme livre, Les mémoires d'un âne de la Comtesse de Ségur, rouge, doré sur tranche. Sans le savoir, j'avais été le meilleur de l'école en tout. Quand je pense que des années plus tard, à la période niçoise pendant la guerre, j'étais devenu si mauvais que j'étais parmi les derniers de la classe. Il se passe des choses mystérieuses dans le cerveau ! Avec soixante-dix ans de recul, je réalise qu'après avoir tenu le tambour à l'école, on m'avait mis à la grosse caisse de la musique militaire.


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