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L'affaire du chien des Baskerville

Couverture du livre L'affaire du chien des Baskerville

Auteur : Pierre Bayard

Date de saisie : 20/02/2008

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Minuit, Paris, France

Collection : Paradoxe

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-7073-2021-6

GENCOD : 9782707320216

Sorti le : 10/01/2008


  • La présentation de l'éditeur

Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l'intérieur des textes et vont jusqu'à commettre des meurtres à l'insu de l'auteur.
Faute de l'avoir compris, Conan Doyle a laissé Sherlock Holmes se tromper dans sa plus célèbre enquête, Le Chien des Baskerville, et accuser à tort un malheureux animal, permettant au véritable assassin d'échapper à la justice. Ce livre rétablit la vérité.

Pierre Bayard, né en 1954, est professeur de littérature française à l'Université Paris 8 et psychanalyste. Il est l'auteur de nombreux essais dont Comment parler des livres que l'on a pas lu ?, traduit en plus de vingt langues.





  • La revue de presse Erwan Desplanques - Télérama du 20 février 2008

Derrière la prouesse, on comprend le message : un livre s'écrit toujours à deux. «C'est le lecteur qui vient achever l'oeuvre et refermer, d'ailleurs temporairement, le monde qu'elle ouvre, et il le fait à chaque fois d'une manière différente.» Le roman fonctionne sur un principe de démocratie participative : libre à chacun de le réinventer selon ses goûts, de s'y investir sans crainte, d'en quereller le sens, de batailler avec l'auteur, ligne à ligne, quitte à contredire Bayard lui-même (tenez, page 152, l'argument sur la taille du coupable nous laisse sceptique). Elémentaire, ce cher Bayard. Mais aussi retors et vibrionnant, il ruse à la perfection dans cet audacieux combat de boxe qu'est la lecture.


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 14 février 2008

Nouveau gourou de l'holmésologie, l'époustouflant et spéculatif Pierre Bayard démontre dans «l'Affaire du chien des Baskerville» que Conan Doyle n'était pas à la hauteur du génie de sa créature et qu'il lui a pourri sa plus belle enquête, en le laissant accuser à tort un animal innocent. Promenant sa grosse loupe sur ce que les holmésologues nomment entre eux, dans leurs congrès, les «hiatus du canon» (les contradictions et les anomalies dans le texte), notre enquêteur met en évidence un certain nombre d'exploits du grand Holmes passés inaperçus de l'auteur même ! Question : comment pourrait-on apprendre sur Holmes quelque chose que Conan Doyle lui-même aurait ignoré ? Qui donc pourrait mettre en évidence un certain nombre de «meurtres invisibles», c'est-à-dire que des lecteurs comme l'auteur n'auraient pas remarqués ? C'est à se demander si Pierre Bayard ne serait pas un sublime avatar signant son énième retour, et, déguisé en professeur de soi-même, la réincarnation de qui vous savez...


  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 15 février 2008

S'il existe encore des lecteurs d'Agatha Christie qui ne connaissent pas Pierre Bayard, il serait temps d'y remédier. C'est avec elle, en posant la question Qui a tué Roger Ackroyd ? (1), qu'il a inauguré en 1998 sa passionnante méthode de "critique policière". Avant de connaître un succès en 2007 avec le très subtil et peut-être mal compris Comment parler des livres que l'on n'a pas lu ? (éd. de Minuit) et de s'attaquer aujourd'hui à Sherlock Holmes et à son célèbre Chien des Baskerville...
Qu'on se rassure, les développements dits théoriques ne sont jamais lourds et ennuyeux, Bayard maniant l'humour et le paradoxe avec virtuosité...
Si Pierre Bayard a réussi à trouver les failles du Roger Ackroyd d'Agatha Christie, tenu par tous pour un modèle de rigueur, il est facile pour lui de démonter entièrement l'enquête d'Holmes sur le fameux chien. D'autant qu'elle est largement conduite par le docteur Watson, lequel ne brille pas par sa capacité de déduction. Ce qui pose déjà une question. Pourquoi tant d'initiatives de Watson ? Ensuite, les interrogations viennent en rafales. Combien y a-t-il eu vraiment de meurtres ? Qui a tué, ou fait tuer ? A coup sûr pas le chien. Et le coupable, débusqué par Bayard, est resté impuni, car, écrit-il "en littérature comme dans la vie, les véritables criminels échappent souvent aux enquêteurs". Mais il est toujours temps de reprendre les enquêtes, et on espère bien que Bayard va continuer.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 17 janvier 2008

«Que pensez-vous de mon hypothèse... Elle tient, non ?» Il guette la réponse avec un sourire étroit : paquet de nerfs tranquille, assez froid. Son hypothèse est que Sir Charles Baskerville n'a pas été victime d'un meurtre, que le chien phosphorescent n'est responsable de rien et que le vrai coupable, dans le roman où Conan Doyle ressuscite Sherlock Holmes, est... «mais vous n'allez pas le dire dans l'article, hein ?» On verra. L'Affaire du chien des Baskerville est une contre-enquête littéraire. Elle boucle une «trilogie anglaise», ouverte par Qui a tué Roger Ackroyd ?, poursuivie avec Enquête sur Hamlet (1). A chaque fois, l'idée est qu'un crime écrit peut en cacher un autre et que l'auteur nous dissimule des choses, quand il ne se ment pas à lui-même...
A la relecture, c'est vrai : ça flotte du côté de chez Baskerville, c'est aussi pour ça qu'on l'aime ; l'imagination peut gambader dans les brumes de la lande et du récit. Conan Doyle a-t-il voulu se venger d'un détective dont ses lecteurs l'empêchaient de se débarrasser en affaiblissant sa logique ? Ou bien Holmes et les autres ont-ils une vie propre, échappant à leur auteur ?


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