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In poesis nomine : onomastique et toponymie dans Le occasioni d'Eugenio Montale et Trasumanar e organizzar de Pier Paolo Pasolini

Couverture du livre In poesis nomine : onomastique et toponymie dans Le occasioni d'Eugenio Montale et Trasumanar e organizzar de Pier Paolo Pasolini

Auteur : Flaviano Pisanelli

Date de saisie : 13/01/2008

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : ELLUG, Grenoble, France

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-84310-109-0

GENCOD : 9782843101090

Sorti le : 31/12/2007


  • La présentation de l'éditeur

In poesis nomine
Onomastique et toponymie dans Le Occasioni d'Eugenio Montale et Trasumanar e organizzar de Pier Paolo Pasolini

Flaviano Pisanelli

Au moyen d'une analyse sémantique et lexicale des recueils Le Occasioni d'Eugenio Montale et Trasumanar e organizzar de Pier Paolo Pasolini et en reparcourant les différentes étapes de la tradition lyrique italienne du XXe siècle, cette étude vise à évaluer la fonction et le sens que l'onomastique et la toponymie revêtent au sein du système poétique et langagier de ces deux poètes.

L'emploi du nom propre forge effectivement et conditionne les rapports entre parole et objet, signe et réalité, image et sens que chaque poète établit et exprime par une écriture qui évolue en fonction du contexte littéraire et historique. Grâce à la force métaphorique, sémantique et symbolique du nomen, le poète est donc en mesure de renouveler la notion d'identité (individuelle et collective) qui tend vers l'anonymat d'une Histoire toujours plus inactuelle. Il parvient par là-même à recréer les limites d'un espace géographique, poétique et intérieur qui devient au fil du temps un lieu inhabitable et dépourvu de toute notion d'humanité et de différence.

Flaviano Pisanelli, enseignant-chercheur, participe aux travaux de deux centres de recherche : le CIRCE (université Paris 3) et le CERCIC (université Stendhal-Grenoble 3).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Tout au long du XXe siècle, l'étude du langage poétique a soulevé un certain nombre de questions et de problématiques d'ordre linguistique, littéraire et critique, surtout en ce qui concerne la nature, la physionomie et la structure de l'écriture que les différents poètes ont employée au lendemain de la crise des poétiques des avanguardie storiche. Nous avons assisté, à partir de la fin de la Première Guerre mondiale, à une profonde dispersion des mouvements littéraires qui avaient constitué une sorte de centre catalyseur pour les générations à venir sur les plans poétique, formel et linguistique. Après l'épuisement de l'expérience hermétique, le déclin du néoréalisme et de la poétique réaliste, et ensuite de la portée expérimentale de la poésie neoavanguardista, les poètes italiens, progressivement, ne se sont plus sentis partie prenante d'une école ou d'un courant poétique précis, faute de modèles et en raison de l'affaiblissement des idéologies traditionnelles. Au début du XXe siècle, si Giovanni Pascoli et Gabriele D'Annunzio pouvaient à juste titre s'imposer comme les «pères» indiscutables du nouveau langage poétique italien, si Giuseppe Ungaretti et Eugenio Montale pouvaient inspirer les différentes voix hermétiques des années trente et quarante, et si le modèle de l'écriture réaliste des deux premières décennies avait pu déclencher l'importante saison néoréaliste, tout au long de la seconde moitié du siècle on enregistre, parmi les poètes de la nouvelle génération, une forte incertitude non seulement poétique mais aussi critique.

Les notions de temps et d'espace - coordonnées de références communes aux poètes de diverses tendances - perdent peu à peu leur force centripète cédant souvent la place au silence, au non-sens, à un sentiment de précarité et à une perception de la réalité fondée sur une subjectivité qui n'est pas toujours en mesure de refléter le chaos et le magma contemporains ; le public de la poésie se transforme irrémédiablement au cours des quatre dernières décennies ; le rapport entre poète et société se complique (et dans certains cas se détériore), alors que le langage poétique semble prendre de plus en plus ses distances vis-à-vis d'une langue nationale qui, à son tour, élabore un système linguistique moyen, tout en s'emparant de la force expressive des parlers locaux et des dialectes.

Vittorio Coletti, dans l'une de ses études les plus récentes, considère le langage poétique et littéraire italien du Novecento aussi bien comme un moyen essentiel que comme une limite s'interposant entre la connaissance individuelle et la réalité. Il montre à quel point il est difficile pour le poète contemporain d'adopter une parole et un «discours» cohérents et capables à la fois de faire parler et de transformer la réalité sans tomber dans le piège de la pure et simple description esthétisante. De surcroît, il faut signaler qu'à partir des années 1960, le poète (et plus généralement l'écrivain) est obligé de se confronter avec une Histoire et une société qui ont profondément contribué à changer les techniques langagières, l'idée de culture et la manière d'approcher et d'interpréter la réalité, jusqu'à entraîner une véritable révolution des mentalités, comme Italo Calvino l'explique dans un certain nombre de ses écrits critiques de cette période-là.


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