Auteur : Howard Roughan
Traducteur : Elisabeth Peelaert
Date de saisie : 12/01/2008
Genre : Policiers
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : Domaine étranger policiers
Prix : 8.50 € / 55.76 F
ISBN : 978-2-264-04412-9
GENCOD : 9782264044129
Sorti le : 17/01/2008
David Remler, célèbre psychothérapeute new-yorkais, est veuf depuis trois ans. Le jour où une belle et mystérieuse jeune femme, Samantha Kent, se présente à son cabinet, il en oublie toute réserve professionnelle. Souffrant de l'emprise d'un mari manipulateur et, à bout de force, elle se déclare prête à aller jusqu'au meurtre pour retrouver sa liberté. Lorsqu'une nuit, elle appelle David pour lui annoncer qu'elle est passée à l'acte, celui-ci se précipite chez elle sans réfléchir. Il découvre le corps du mari poignardé, mais Samantha a disparu sans laisser de traces... Pour la police arrivée sur les lieux, il est le coupable idéal, d'autant que les indices s'accumulent contre lui. David comprend alors qu'il est tombé dans un terrible piège...
Howard Roughan vit dans le Connecticut. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Infidèle, salué à sa parution par de nombreux auteurs dont Bret Easton Ellis, et Un mensonge presque parfait.
Traduit de l'américain par Elisabeth Peellaert
"Domaine étranger" dirigé par Jean-Claude Zylberstein
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Au risque de paraître parfaitement brutal et dénué de tout sens professionnel, j'avoue que, ce jour-là, ma liste de rendez-vous était composée de la crème des inadaptés de Manhattan.
À neuf heures : une cadre supérieure boulimique, deux fois divorcée, qui entretenait une liaison avec son patron, un homme marié.
À dix heures : un kleptomane dévoré de culpabilité, incapable de garder les objets qu'il dérobait. Il retournait toujours dans les magasins pour les remettre là où il les avait pris.
À onze heures : une violoncelliste nymphomane qui, entre autres choses, aimait se masturber à l'arrière des taxis. Comme vous l'aurez compris, elle habitait dans un quartier très éloigné de mon cabinet.
Deux heures pour le déjeuner et la paperasse, et c'était reparti.
À quatorze heures : un acteur de sitcom incapable de faire la différence entre lui-même et le personnage qu'il incarnait.
À quinze heures... À la réflexion, je préfère éviter de parler de mon client de quinze heures.
Enfin, à seize heures mon dernier patient de la journée. La principale raison pour laquelle je m'en souviens.
Il s'appelait Kevin Daniels. Un jeune écrivain qui tirait le diable par la queue, et n'avait réussi à vendre aucun des sept scénarios dont il était l'auteur. Incapable de laisser tomber le mot aspirant quand il parlait du métier qu'il voulait faire, Kevin était en proie à un sentiment de frustration sous la forme d'une haine profonde et amère à rencontre des gens qu'il souhaitait précisément impressionner. Aux yeux de Kevin, Hollywood n'était pas simplement peuplé de pauvres cons et d'idiots. La ville était infestée, je cite, de grosses putes culturellement débiles destinées à faire de chacun de nous des michetons de porno-soft. Fin de citation.
Je n'avais aucun mal à imaginer le style de ses scénarios.
Mais cet après-midi-là, un jeudi nuageux de mi-octobre, Kevin se présenta à mon cabinet avec un sourire que je ne lui connaissais pas. Il me confia avoir des nouvelles intéressantes.
- J'ai vécu un moment d'intense illumination, une épiphanie, dit-il.
Il se pencha en avant :
- Il faut que j'entre dans le ventre de la bête, chuchota-t-il.
Puis il se tut et me regarda.
- Donc, vous...
- Exact, reprit-il avec détermination. Je déménage, David. Je pars pour Hollywood.
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