Auteur : Aysseline de Lardemelle
Date de saisie : 10/01/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7509-0383-1
GENCOD : 9782750903831
Sorti le : 03/01/2008
Qui n a pas un jour vécu ce parcours initiatique qu'est le premier voyage au-delà de nos repères ? Je ne savais pas qu'il me mènerait si loin, loin dans la vie, dans la beauté, dans l'amour et dans la souffrance aussi. Je ne savais pas que je rencontrerais Souleymane.»
Elle est française, blanche, noble, catholique.
Il est sénégalais, noir, pauvre, musulman.
Ils vont s'aimer à la folie.
Aysseline de Lardemelle, 34 ans, vit à Paris. Elle est consultante en développement personnel et formatrice en éducation kinesthésique en France et en Belgique. Diplômée de Sup de Co Lille, titulaire d'un DESS de direction de projets culturels, elle est passionnée de théâtre.
Le pacte des arrières
JE DOIS MA VIE AU «PACTE DES ARRIÈRES».
Je dois ma vie à la décision de deux mères intrusives et de deux enfants dociles.
Mon grand-père Robert et ma grand-mère Yvonne sont deux orphelins de la guerre de 14. Mes arrière-grands-mères, deux jeunes veuves de la bonne noblesse catholique, pactisent autour des tombes des héros morts au champ d'honneur.
«Nos enfants s'épouseront.»
À l'âge où l'héritier doit enfanter le sien, le séduisant châtelain normand, propriétaire terrien (mon grand-père Robert), rencontre «sa destinée Marie», l'aînée des trois filles de Belleguin. Déjeuners de famille. Balades en carrioles à cheval. Sainte communion eucharistique. Ils font plus ample connaissance sous la surveillance d'un chaperon. Quelques rapides semaines plus tard, Robert conquis (ou raisonné ?) demande la main de l'austère Marie. Hélas ! Marie joue la vierge effarouchée et choisit... la voilure grise et le couvent.
Remis sur pied par sa reine mère, l'héritier Robert se «rabat» rapidement vers la petite soeur de la nonne. La cadette. Ma grand-mère. Yvonne. Nouvelle demande en mariage. Accord de l'intéressée. L'affaire est conclue. Le mariage est célébré sur le gazon normand. Déjeuner familial, ombrelles, cigares et popelines sous les tilleuls et les marronniers roses. Les belles-mères sont victorieuses et ravies.
Les jeunes mariés ne se posent pas de questions. «À l'époque, on ne se posait pas de questions, dit encore ma grand-mère. On obéissait à ses parents. J'ai appris à aimer mon mari...»
J'ai failli ne jamais naître. C'est un fait.
Ma grand-mère Yvonne a, elle aussi, hésité à prendre le voile. Elle balançait tant et si bien que le prêtre directeur spirituel qui l'accompagnait lui a dit un jour :
«Yvonne, je vais particulièrement me remettre au discernement de Dieu pendant un mois. À l'issue de ce mois, le Seigneur me donnera la réponse. Je vous demande seulement de prier pour moi et de me faire confiance. Si je vous dis "mariez-vous", vous m'obéirez. Si je vous dis "entrez au couvent", vous y entrerez.»
Comme on l'imagine, je bénis encore ce très saint homme qui rendit à la confession suivante le verdict tant attendu :
«Ma petite Yvonne, le Seigneur m'a répondu. Mariez-vous. Vous n'avez pas la vocation religieuse.»
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