Auteur : Vikram Chandra
Traducteur : Johan-Frédérik Hel Guedj
Date de saisie : 04/09/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : R. Laffont, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-221-10707-2
GENCOD : 9782221107072
Sorti le : 10/01/2008
Bombay est un monstre.
Cruelle aux misérables, douce aux corrompus, elle grouille, vibre, enfle et dévore les imprudents qui gênent sa croissance. Pourtant, ceux qui goûtent trop longtemps à l'air vicié de ses rues défoncées ne peuvent plus s'en passer. Bombay est une drogue. Et le lieux de tous les possibles. Là, vivent deux hommes qui ne se connaissent pas : Ganesh, un gangster, roi de la pègre - le seigneur de Bombay ; Sartaj, flic de quartier sur le retour, ancien play-boy vieillissant, qui a perdu ses ambitions et ses illusions.
Le grand bandistisme n'est pas de son ressort. Mais un jour, Sartaj se trouve face au cadavre de Ganesh. Pourquoi le seigneur de Bombay s'est-il mis une balle dans la tête dans le sous-sol de son bunker flambant neuf ? De la réponse dépend la vie de vingt-six millions de personnes - de tous les citoyens de la région de Bombay.
Né à New Dehli en 1961, l'écrivain, scénariste et journaliste, Vikram Chandra est l'un des plus grands romanciers indiens de la langue anglaise. Le seigneur de Bombay, son chef-d'oeuvre a obtenu le Hutch Crossword Book Award en 2006 (le " Goncourt " indien). Professeur de littérature à Berkeley, Vikram Chandra partage son temps entre Bombay (Mumbai selon la nouvelle dénomination) et la Californie.
En huit ans d'investigations dans les arcanes de la mafia, Chandra n'a tremblé qu'une seule fois pour sa vie, lors d'une rencontre qui faillit dégénérer. La plupart du temps, la peur était en face, dans les yeux de ces gangsters consumés par l'angoisse de la mort, qui va de pair avec une profonde religiosité. C'est le paradoxe du mafieux, d'être tueur et bigot à la fois, et Ganesh Gaitonde, le parrain du Seigneur de Bombay qui ne boit pas d'alcool, observe les rites hindous avec vertu mais tue à tour de bras, n'y échappe pas. Pendant huit ans, dans des palais dorés qui ont vu naître de nombreux scandales politico-financiers, Vikram Chandra s'est vu offrir le thé et les petits gâteaux. Sans se départir de sa tranquillité de bodhisattva, le romancier prenait alors des notes qui devinrent un ambitieux roman de mille pages.
Fils de scénariste (sa mère), scénariste lui-même, Vikram Chandra a été fasciné par ce milieu où les parrains sont «sympas», accueillants, et se comportent comme des maharajas. Au fil de l'écriture, Chandra a construit différemment le livre qu'il prévoyait d'écrire. «Je suis parti d'un mort pour raconter l'histoire d'un homme vivant... Je voulais que l'enquête scientifique devienne une quête spirituelle.» C'est réussi...
«Le seigneur de Bombay» a été bien accueilli en Inde, où il a reçu le prix Hutch Crossword Book Award 2006, le plus grand prix littéraire du sous-continent. Peut-être parce qu'à Bombay la pègre fait partie du décor, agaçant la population surtout lorsqu'elle truque les matchs de cricket... Et puis, dans le cas du «Seigneur de Bombay», personne ne peut se reconnaître en particulier : «Les gangsters, ici, ne lisent pas de livres... ils vont au cinéma», s'amuse Chandra. Cela peut changer, puisque le producteur de «Brokeback Mountain», Focus Features, s'intéresse au projet
A cette mégapole explosive - Bombay la bombe - un nouveau prince des lettres indiennes, Vikram Chandra, vient de consacrer un roman magistral. Mille pages de bruit et de fureur, où la capitale économique de l'Inde dévoile de monstrueux secrets - crime, corruption, violence - comme si le diable en était désormais le prince : mêlant reportage et thriller politique, Le Seigneur de Bombay fait peur. Et éblouit par le foisonnement de sa prose, aussi luxuriante que la ville qui l'inspire...
L'enquête de Chandra est implacable, précise, vertigineuse. Et il y a aussi des scènes d'une violence insoutenable - les tortures, en particulier - dans ce roman où le fanatisme religieux, les ambitions politiques et les rivalités communautaires servent d'alibis aux crimes les plus sordides. C'est dire que Chandra joue sur tous les tableaux en fouillant les démoniaques entrailles de Bombay, loin des clichés sirupeux distillés par les studios de Bollywood. Si Rushdie devait signer un polar sur sa ville fétiche, ce serait celui-ci.
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