Auteur : Alberto Garlini
Traducteur : Vincent Raynaud
Date de saisie : 17/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-267-01953-7
GENCOD : 9782267019537
Sorti le : 17/01/2008
C'est l'histoire d'une rencontre.
Celle de deux hommes, Pier Paolo Pasolini, poète, intellectuel et cinéaste, et Francesco Ferrari, jeune footballeur de génie, tous deux disparus trop tôt. Ils se croisent pour la première fois lors d'un match de football qui oppose les équipes de tournage de 1900, le film de Bernardo Bertolucci, et celle de Salo ou les 120 journées de Sodome. Leur dernière rencontre a lieu sur une plage d'Ostie le 2 novembre 1975, lorsque le réalisateur est assassiné.
Mais Pasolini n'a-t-il pas été plutôt " suicidé " à sa propre demande ? Ce mystère est le point de départ d'une magistrale oeuvre chorale qui dresse le portrait d'un pays, l'Italie, et d'une époque, les années soixante-dix, au travers des événements qui les ont secouées : le terrorisme des années de plomb, les scandales politico-financiers, l'accident d'Ustica, le tremblement de terre en Irpinia, jusqu'à la victoire italienne lors de la coupe du monde en 1982.
Une véritable leçon d'histoire imagée, servie par la virtuosité et la puissance de l'écriture d'Alberto Garlini.
Ce n'est pas souvent qu'on tombe sur un poème de 600 pages. Une poésie frontale, claire, tout en prose. «Seulement une lumière simple et sensée, la lumière pleine des origines.» Mais c'est bien un roman, ce poème. Un roman d'une vitalité et d'une fluidité imposantes - Alberto Garlini a mis un pied dans la porte, et sa chaussure casse la baraque. Garlini pour qui le mot poésie ne veut peut-être pas dire grand-chose, puisqu'il ne voit que ça : elle est partout plaquée ; des paquets de belle glaise sur les murs, dans la crasse, entre les nuages, sur un ballon de football ou dans le regard noir de Pasolini, la bedaine hilare de Bertolucci... Cet auteur parmesan de 39 ans a publié de la poésie à ses débuts, aujourd'hui il l'occupe, c'est son pays, et on demande un visa, fissa...
Il faut l'avoir entre les mains, ce roman, pour le sentir bientôt hors de portée, trop élevé pour être seulement lu, mais admirable : Garlini avait un ou deux coeurs de poète pour encrier, le sien pour commencer.
Certaines rencontres sont presque magiques, chargées de force et de mystère. Dans Un sacrifice italien, Alberto Garlini imagine celle de Pier Paolo Pasolini avec Francesco Ferrari, un jeune footballeur doté d'un talent extraordinaire, pour qui le foot n'est que poésie et liberté...
C'est leurs parcours que ce roman impressionnant de force et d'invention se propose de raconter, en juxtaposant par associations ou oppositions une multitude de fragments croisant réalité et fiction, histoire et poésie, documents et émotions...
Le magma complexe - mais toujours maîtrisé - du roman restitue le chaos d'une époque où la société italienne vivait entre terrorisme et scandales, et où l'ivresse de la victoire au Mondial de football ne suffisait pas à effacer les déchirures d'une société en perdition que Pasolini avait sans cesse dénoncées.
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