Auteur : Donald Antrim
Traducteur : Francis Kerline
Date de saisie : 24/01/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-87929-460-5
GENCOD : 9782879294605
Sorti le : 03/01/2008
"D'aucuns aiment dire que la vérité libère.
Mais qu'advient-il quand la vérité n'est pas une chose simple, unique, brute ? Je ne pouvais pas imaginer la vie sans Louanne. Mais ma vie ne pouvait vraiment commencer que sans elle." Après la mort de sa mère, Donald Antrim fait le portrait de cette femme fantasque et séduisante, raconte sa chute dans l'alcool et ses tentatives pour échapper à sa tendance à l'autodestruction. Dans ce "livre de ma mère", à la fois lettre d'amour fou, album de famille et mémoires, le style et l'humour finissent par l'emporter sur l'amertume.
Auteur de trois romans (Votez Robinson, Les Cent Frères et Le Vérificateur), Donald Antrim a longtemps été considéré comme le seul héritier sérieux de Thomas Pynchon. Proche de Jonathan Franzen, mais aussi de Rick Moody et de David Foster Wallace, il contribue fréquemment à la rubrique "Fiction" du New Yorker. Il vit à Brooklyn.
Que s'est-il passé ? Comment la pin-up s'est-elle transformée en mégère, faisant de l'enfance de Donald et de sa soeur Terry une sorte de guerre du Vietnam à l'échelle d'un F3 ? Le père de Donald, en tout cas, quitta rapidement le navire, ne pouvant simplement faire front. Mariage, divorce, remariage, reséparation. Louanne éleva alors, jusque dans les dernières années de sa vie, l'instabilité et l'alcoolisme au rang d'un des beaux-arts. C'est après sa mort que Donald Antrim, amour et haine mélangés, tenta de raconter le désastre de cette vie...
ntrim se souvient encore de la terreur qui l'envahissait quand le regard de Louanne, le soir venu, se mettait soudain à changer sous l'effet de l'alcool. Regard de haine, et puis plus de regard du tout. Sa mère morte, peut-il enfin vivre ? Il le croit.
Tentative ardue de "gagner de la réalité", cette autobiographie est aussi un hommage rendu à la fiction, celle de la mémoire et des sentiments qui font battre la "vie d'après" la mort de Louanne, et restituent aux vivants la sensation de leur propre réalité. Mais elle ne donne pas pour autant la clef des romans d'Antrim, comme si la vie pouvait jamais expliquer l'oeuvre ; mais elle relance au contraire et approfondit son appétit pour la fiction...
La "vie d'après", mais pas celle de l'au-delà : l'écrivain américain Donald Antrim ne parle pas à partir de l'enfer ou du paradis, mais au coeur de cette zone franche et bien terrestre du souvenir, dans laquelle restent les vivants après la mort d'un proche, quand se transforment leurs propres sentiments. Et si le tranchant de la lucidité et du remords ne manque pas, Antrim, dans ce récit autobiographique publié en 2006 après la disparition de sa mère Louanne, ne renonce en rien à la miraculeuse consolation de l'humour, qu'il manie si bien, loin de "l'art brut du sarcasme".
Les deuils n'ont jamais lieu. On n'oublie pas, on ne pardonne pas, on ne guérit pas. C'est comme ça qu'on vit et c'est pour ça qu'on écrit. Les écrivains écrivent donc souvent de bons livres avec leurs parents morts : directs, désemparés, d'une pénible nécessité, pleins de taupinières...
Donald Antrim, romancier américain de la même génération que Franzen, 40 ans et des poussières, publie à son tour le livre de sa mère : la Vie d'après. Dès la première phrase, c'est fini : «Ma mère, Louanne Antrim, est morte par un beau samedi matin du mois d'août, en l'an 2000. Elle reposait dans des draps violets neufs...» Pour l'écrivain, tout commence. Il la suit dans sa colère contre elle, sa tendresse pour elle, à travers des souvenirs parfois incertains, toujours résistants, jamais colmatés par des artifices de narration, pour aller, si c'est possible, jusqu'à «l'étrange, triste et véritable essence des choses»...
Il la couche, la masse, s'occupe d'elle : splendides pages. Ecrire commence peut-être au moment où l'on n'est plus reconnu par ceux qu'on aime plus que tout et malgré soi.
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