Auteur : Frédéric Boyer
Date de saisie : 09/02/2008
Genre : Poésie
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Poésie
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-84682-226-8
GENCOD : 9782846822268
Sorti le : 03/01/2008
«Les vaches aimaient la pluie.»
Une phrase si simple, si commune dans sa structure, et cependant inimitable... On y reconnaîtrait Frédéric Boyer entre mille. Est-ce l'emploi de l'imparfait pour cette proposition qui d'un coup la déplace du côté du mythe ? Ou lui donne une infinie tristesse ? Des phrases comme celle-là, Vaches en est rempli.
Ce livre bref, tout entier consacré à ce qu'il y a de permanent et d'éphémère dans l'idée même de cet animal, et dans cette réalité à la fois massive et énigmatique, ce livre profondément nostalgique est aussi un traité de philosophie poétique, ou de poésie philosophique. Y sont interrogées de la manière la plus tendrement triviale, incarnée, notre présence, notre fuite, nos angoisses.
«L'animal de son corps dans la création. L'animal néant c'est elle. C'est la vache.»
Frédéric Boyer est né en 1961 à Cannes. Il a enseigné la littérature comparée dans les universités de Lyon III et de Paris VII et a été professeur à la prison de la Santé. Il a dirigé la nouvelle traduction de la Bible réalisée collectivement par des écrivains contemporains et des spécialistes des textes et des langues bibliques (Bayard éditeur, septembre 2001). Il dirige le secteur adulte des éditions Bayard
Frédéric Boyer ne rentre volontairement pas dans les disputes sur la grâce qui opposent Augustin à Pélage, et encore moins Malebranche au Grand Arnauld, frère du traducteur des Confessions de 1649. Il préfère dérouler un poème en prose qui peint la dernière mode de la pourriture humaine (pour parler comme Augustin) : sophisme triomphant, traite des âmes, vide de tous côtés. C'est notre temps, notre politique. Il y passe en revue tout ce que nous piétinons chaque jour avec volupté et haine (ainsi de ceux que nous croyons immigrés, que nous appelons ratés, que nous imaginons inférieurs), qui est aussi, toujours, haine de soi, puisque les vaches meurent «de nous-mêmes».
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