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Les créatures artificielles : des automates aux mondes virtuels

Couverture du livre Les créatures artificielles : des automates aux mondes virtuels

Auteur : Jean-Claude Heudin

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Collection : Sciences

Prix : 33.00 € / 216.47 F

ISBN : 978-2-7381-2002-1

GENCOD : 9782738120021

Sorti le : 03/01/2008

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  • La présentation de l'éditeur

De l'érotique Galatée à l'Eve future, du Golem de glaise au corps rapiécé du monstre de Frankenstein, des robots de Capek au Terminator de Cameron, de l'ordinateur paranoïaque de Kubrick à l'agent Smith de Matrix, les créatures artificielles ont toujours peuplé notre imaginaire et alimenté fascinations et peurs.

Jean-Claude Heudin raconte leur histoire. Sur plus de deux mille ans, il en révèle toutes les dimensions, artistiques et mythiques aussi bien que scientifiques et techniques. Depuis les peintures rupestres et les statues animées antiques, les Jacquemarts et les automates des Lumières jusqu'aux robots chiens de compagnie, aux héros virtuels des jeux vidéo, aux virus informatiques et aux intelligences artificielles d'aujourd'hui.

Explorant aussi les tendances actuelles et les perspectives prochaines, il s'interroge : sommes-nous en passe de créer de la vie ? Et laquelle ?

Jean-Claude Heudin est directeur du laboratoire de recherche de l'Institut international du multimédia-Association Léonard de Vinci. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques au niveau international ainsi que de plusieurs ouvrages dans le domaine des sciences de la complexité et de la vie artificielle.





  • Les premières lignes

Les statues vivantes

À L'AUBE DE L'HUMANITÉ

Il y a environ trois millions d'années, l'une des toutes premières révélations de l'homme issu du berceau africain a été de saisir son reflet à la surface de l'eau. Depuis cet instant, nous essayons toujours de comprendre la nature humaine et de lui donner un sens. La quête d'une altérité artificielle a donc probablement commencé dès l'aube de l'humanité. Il est quasiment impossible de situer précisément les premières tentatives humaines de reproduction de la nature sous la forme de fresques ou de statuettes. Elles remonteraient à l'apparition d'Homo sapiens, il y a quelque cent mille ans, mais il est possible qu'Homo habilis ou l'un de ses prédécesseurs ait aussi, à sa manière, éprouvé le besoin de représenter le vivant sous une forme encore plus primitive. L'éclat d'un cristal de silex grossièrement taillé, l'os d'une proie transformé en outils sont à l'origine de l'évolution qui nous conduira jusqu'aux robots et aux intelligences artificielles.
La façade ouest du Massif central et le versant septentrional de la chaîne pyrénéenne possèdent l'une des plus importantes concentrations en grottes ornées paléolithiques en Europe. On y compte en effet pas moins de cent trente sanctuaires. Parmi ceux-ci se trouve l'un des plus prestigieux : Lascaux. Sur la rive gauche de la Vézère, la configuration particulière de la grotte, enchâssée dans une assise calcaire, a permis la conservation exceptionnelle d'un très grand nombre de peintures rupestres.
Il y a approximativement dix-sept mille ans, les artistes du Magdalénien reproduisaient sur les murs de la grotte un imposant bestiaire de près de six cents animaux composés pour l'essentiel de cerfs, chevaux, aurochs et bisons. Incontestablement, l'homme de Lascaux était doué d'un véritable sens artistique et d'une maîtrise de l'art rupestre. Son talent est visible non seulement dans la qualité de l'exécution mais aussi au plan de la mise en scène. Le souci de composition transparaît jusque dans la façon d'exploiter les irrégularités naturelles de la grotte pour créer des volumes et des effets de perspective. Le dos d'un cheval épouse une faille de calcite, le muscle d'un bison se découpe sur une tranche, le cou d'un taureau suit le contour d'une bosse, les pattes d'un autre sont esquissées dans les creux. Les artistes de Lascaux ont exploité le moindre accident de la paroi, donnant aux peintures un relief singulier. Les représentations animales ne sont pas les répliques exactes des modèles vivants, elles témoignent au contraire d'une grande originalité artistique. Certains dessins paraissent déformés selon des règles précises. Les techniques picturales utilisées sont par ailleurs très élaborées.


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