Passion du livre - tout sur le livre : Le soi-disant

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Le soi-disant

Couverture du livre Le soi-disant

Auteur : Yves Pagès

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France

Prix : 18.90 € / 123.98 F

ISBN : 978-2-07-078279-6

GENCOD : 9782070782796

Sorti le : 03/01/2008

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  • La présentation de l'éditeur

" Ce mardi 6 février 1973, vers 19 heures 15, pendant que ma soeur était censée travailler ses gammes au conservatoire, je voulais juste disparaître, en chien de fusil sur l'édredon, mais comme dans l'appartement, il n'y avait personne pour confirmer que j'étais chez moi, alors on n'a pas voulu croire à mon alibi et on m'a soupçonné d'avoir brouillé les pistes exprès, parce que vingt minutes de solitude, à ce stade de l'enquête, c'était juste un trou noir dans mon emploi du temps et, à onze ans moins des poussières, nia parole contre la leur, ça comptait pour presque rien.
" Après Le Théoriste et son narrateur cobaye d'une expérience de Laboratoire, Yves Pagès revient sur le territoire de l'enfance dans la peau de Romain, un fugueur halluciné. C'est dans l'oralité d'une langue juvénile, les images volées aux films cultes de L'époque ou les voix off d'un esprit contestataire, qu'il puise des trésors d'imagination et d'humour pour déjouer les leurres du " soi-disant " principe de réalité.

Yves Pagès est né en 1963 à Paris. Auteur d'un essai sur L.-F. Céline et d'une pièce de théâtre, il a publié sept oeuvres de fiction, notamment Les Gauchers (Julliard, 1993) et, aux Éditions Verticales, Petites natures mortes ou travail (2000), Le Théoriste (2001 ; Prix Wepter 2001) et Portraits crachés (coll. " Minimales ", 2003).





  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 7 mars 2008

Nous voilà, quoique en pleine fiction, sur le chemin de cendres froides qui mène peut-être à ce qui hante l'auteur depuis le début des années 1970 : l'incendie du CES Edouard-Pailleron. On retrouve dans Le Soi-disant la propension du jeune narrateur (11 ans, cette fois) à disparaître, se faire oublier, se cloîtrer dans sa chambre pour dévorer des livres. On respire encore l'odeur du feu quand il raconte comment, fils d'un projectionniste sorti fumer sa clope dehors parce que c'est interdit dans la salle des machines, il est incapable d'arrêter le projecteur en surchauffe et laisse la pellicule se carboniser...
La prose d'Yves Pagès est un feu d'artifice, son autoportrait délirant la confession d'un idéaliste calciné. L'instinct des antinomies naturelles et des oppositions de principe, l'inguérissable esprit de contradiction le poussent à jouer au lecteur un bon tour. A-t-il ou non brouillé les pistes exprès, faut-il croire tout ce qu'il raconte ? Trou noir, souvenirs d'emprunt, fantaisie psychanalytique ? Devant les juges, sa parole contre la leur, ça compte pour presque rien. Au tribunal de la littérature, Pagès est acquitté, avec les félicitations du jury.


  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 23 janvier 2008

On se souvient du Momo de Romain Gary, gosse paumé des hauts de Belleville immortalisé en caïd au grand coeur dans La Vie devant soi, en 1975. Yves Pagès lui offre aujourd'hui un cousin littéraire, Romain, un garçon vif et audacieux de 10 ans, lui aussi narrateur de sa propre histoire. Et c'est tout le quotidien truculent d'un quartier populaire parisien au début des années 1970 qui revit dans son récit plein d'esprit, où les idées jouent avec les mots et vice versa. Une enfance, heureuse ou déchirante, c'est selon, marquée par un fait divers, réel, que l'auteur prend pour toile de fond de sa (soi-disant) fiction...
Les clins d'oeil abondent, saisis le sourire aux lèvres, mi-nostalgiques, mi-amusés devant cet univers d'avant l'image reine de la télévision, une époque où le fait divers était contexte avant que d'être spectacle. De ce livre aux accents truffaldiens de L'Argent de poche jaillissent les images en cinémascope qui jalonnent le chemin de Romain comme celui de nombre d'adolescents de son âge. Faire son trou sans s'y enterrer. Le garçon n'aurait sûrement pas renié la parole de Momo : «Mais je ne tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie.»


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 9 janvier 2008

Ce roman-là, c'est du joyeux, du bonheur arraché au ronron des grognons, des aigris, des mal convertis, ceux qui ont tout bradé, tout renié, la politique et leur jeunesse avec. C'est du swing à pleines pages, de la rigolade, des mots tordus en guise de coups de bec sur nos années 70...
Yves Pagès - 44 ans, dix livres à son actif - écrit façon échevelée, façon BD. Romain, son «Little Big Moi» plein d'émois, lui prête son innocence, son insolence : ils sont fous, ces adultes, mais qu'est-ce qu'on rigole ! Ensemble, ils ont inventé une langue, inventé un genre : raconter une histoire, un bout de la nôtre, avec comme «principe de réalité» le plaisir. Ils disent le pire sans céder à la compassion, disent le meilleur sans sombrer dans la nostalgie. Les deux lascars arpentent le monde dans toutes ses contradictions. Résultat : du bonheur, rien que du bonheur.


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