Auteur : Stefano Benni
Traducteur : Marguerite Pozzoli
Date de saisie : 09/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Prix : 20.80 € / 136.44 F
ISBN : 978-2-7427-7239-1
GENCOD : 9782742772391
Sorti le : 04/10/2008
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Quinze ans, quelques kilos en trop et un (grand) coeur qui bat sur un rythme atypique, voici Margherita Dolce-vita, la nouvelle héroïne de Stefano Benni.
Un père bricoleur acharné, une mère qui fume des cigarettes virtuelles, deux frères, l'un fana de foot, l'autre de mathématiques, un grand-père qui avale des yaourts périmés pour se mithridatiser, et un chien indéfinissable, Roupillon : c'est la famille de Margherita, habitant un dernier reste de campagne, aux portes d'une petite ville comme tant d'autres. Quant à Margherita, elle écrit des poèmes et dialogue avec la Petite Fille de poussière, un fantôme qui hante une maison frappée, il y a longtemps, par un bombardement.
Mais un jour apparaît, juste en face, un énorme Cube noir et menaçant. Il s'agit des nouveaux voisins, les Del Bene, image d'une "modernité" maléfique qui fait voler en éclats la vie paisible de l'adolescente. Seul Angelo, leur fils aîné, un beau "vampire blond", tente de se soustraire à la vie hypocrite de ses parents.
Jusqu'au bout, Margherita, qui a découvert les activités louches des Del Bene, se battra pour "notre miette de justice", avec son humour, avec son intelligence et son refus des stéréotypes, qui font d'elle une sorte de Zazie italienne.
Dans un roman polyphonique, mêlant l'humour, la poésie et les codes du roman policier, Stefano Benni nous offre une fable moderne, qui a déjà remporté un immense succès dans de très nombreux pays.
Passionné de jazz, auteur de chansons, de poèmes, de recueils de nouvelles et de romans, Stefano Benni a ajouté, ces dernières années, une nouvelle corde à son arc en devenant acteur, comme en témoignent ses spectacles autour de Lolita ou de Moby Dick. Par ailleurs, il collabore régulièrement avec de grands journaux et écrit des chroniques pour Libération. Sept romans et deux recueils de nouvelles ont paru en français, dont, chez Actes Sud : Le Bar sous la mer (1989, et Babel n°490), La Dernière Larme (1996), Hélianthe (1997), Bar 2000 (1999, et Babel n° 529), Spiriti (2002), Saltatempo (2003, et Babel n ° 750), Achille au pied léger (2005) et La Compagnie des Célestins (2006), qui a inspiré le dessin animé Foot 2 Rue.
Le chansonnier polémiste Stefano Benni signe une fable drolatique qui débute dans un champ de fleurs et finit en champ de ruines. Un peu poète, chansonnier et saltimbanque, Stefano Benni se produit sur diverses scènes : les pages des grands quotidiens italiens ou sur les planches des théâtres. Dans ses satires virevoltantes, il ne faut pas s'étonner de voir Achille, qui a pourtant le pied léger, en fauteuil roulant, ou de croiser des pêcheurs qui étudient le langage des poissons (Bar 2000). Benni s'en est pris au foot mercantile (La Compagnie des Célestins), à Berlusconi, son dernier cheval de bataille est la fabrique de désirs et de frustrations inutiles dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Cette jolie fable, qui ne se contente pas d'être une satire politique, débute dans un champ de fleurs et finit dans un champ de poussière.
LA DISPARITION DES ÉTOILES
Je suis allée me coucher et il n'y avait plus d'étoiles. J'ai bien nettoyé la vitre de la fenêtre, mais rien à faire. Elles avaient disparu. Sirius avait disparu, et Vénus et Carmille et Altazor. Et aussi Mab et Zelda et Bacbuc et Dandelion et la constellation du Dindon et la croix de Lennon.
Ne me dites pas que certaines de ces étoiles n'existent pas. Ce sont les noms que je leur ai donnés. En effet, je revendique pour chacun, spécialement pour les jeunes filles comme moi, dotées d'imagination, le droit d'appeler les choses non seulement par leur nom dans le dictionnaire, mais aussi par celui du vocabulautre, c'est-à-dire un nom inventé et choisi. Au fond, tout le monde fait ça. Mes parents m'ont appelée Margherita, mais moi j'aime qu'on m'appelle Maggie ou Magicienne. Mes camarades de classe, ironisant sur le fait que je ne suis pas vraiment mince, m'appellent parfois Mégarita ; mon grand-père, qui a un peu d'artériosclérose, m'appelle Margheritina, mais parfois aussi Mariella, Marisella ou Venusta, qui était sa soeur. Mais surtout, quand je suis joyeuse, il m'appelle Margherita Dolcevita.
Le gendarme devant lequel je fonçais à vélo m'appelait Ralentimarg. Les profs m'appellent Silençaufond. Mon premier amour, qui est pratiquement aussi le dernier, m'appelait Minnie. Il vivait chez son oncle et sa tante et avait une vision disneyienne de la vie. A l'époque, nous portions tous les deux un appareil dentaire et échangions des baisers métalliques qui ressemblaient aux combats de l'Iliade. Et pourtant je le regrette. Même à quatorze ans et six mois on peut regretter. C'est trop tôt, dites-vous ? Et si on meurt à quinze ?
Je parlais des étoiles. La chose bizarre, c'est que le ciel était limpide, il n'y a pas longtemps, quand j'ai sorti Roupillon, mon chien, pour sa tournée de soixante minipipis.
Ce ne pouvait donc pas être les nuages qui les cachaient. En effet, j'ai ouvert la fenêtre et j'ai vu que là où se trouvaient, une heure avant, le pré et les arbres, on avait planté un panneau énorme, genre écran de cinéma, d'une cinquantaine de mètres, portant ces mots :
TRAVAUX EN COURS
C'était cet écran gigantesque qui masquait les étoiles. Que se passe-t-il ? me suis-je demandé.
J'ai mis le bout du nez dehors, telle une tortue au printemps, et j'ai vu plusieurs camions. Ils déchargeaient des plaques de verre, des tubes et des blocs de ciment, ainsi que des lavabos et des carreaux. Alors, j'ai compris.
Depuis longtemps, je savais que quelqu'un avait acheté le terrain voisin du nôtre afin d'y construire une maison.
J'étais très excitée, j'aurais voulu réveiller maman ou grand-père ou mes frères, mais il était tard : j'ai donc sifflé pour appeler Roupillon, qui est venu.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli