Le discours profane / Passion du livre

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.. Le discours profane

Couverture du livre Le discours profane

Auteur : Miguel Duplan

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Prix : 12.00 €

ISBN : 978-2-84990-070-3

GENCOD : 9782849900703

Sorti le : 03/01/2008

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

À travers des portraits de femmes, le narrateur recherche des éclats de grâce qui l'empêcheront de succomber au vertige.
Pour tromper l'absurde, il oppose cette quête de la féminité et de la sensualité qui est une religion, une figure de style.

Né à la Martinique en 1963, Miguel Duplan vit en Guyane française. Il travaille dans le monde enseignant. Le Discours profane est son premier roman.





  • La revue de presse Jean-Claude Perrier - Le Figaro du 3 janvier 2008

Miguel Duplan dessine une sorte de comédie humaine, universelle, sous les tropiques. Miguel Duplan, né en 1963 à Fort-de-France, Martinique, vit aujourd'hui en Guyane française, où il est conseiller principal d'éducation. Aussi est-ce un établissement scolaire, collège ou lycée, qui sert de toile de fond au Discours profane...
Le Discours profane est un roman original et attachant, habilement structuré, servi par une langue sensuelle qui croque sous la dent, inventive sans jamais tomber dans un certain folklore créole trop à la mode.



  • Les premières lignes

Et il y eut vraiment une grande indifférence dans la petite salle des profs quand Bruno Hêtre mit cette affiche quelconque, invitant les collègues, anciens et nouveaux, à s'inscrire à ce dîner qui, en ce début d'année scolaire, folklore collégial oblige, devait se dérouler à L'Oasis, restaurant gastronomique créole situé tout près de la plage de Montjoly, à deux pas d'un vent marin capricieux qui, le soir venu, malmenait agréablement les pieds de cocos asséchés. La première à émarger fut Maria : L'ambiance était trop bonne l'année dernière... Il faut qu'on recommence s'écria-t-elle en me prenant à témoin. C'est vrai ça Jean-Baptiste... tu avais tellement bu que tu avais déclaré une flamme éternelle à Simone. Je m'en souvenais et pour bien le lui montrer opinais de la tête, mimais tant bien que ça un mal de crâne que j'avais trimballé longtemps, longtemps, longtemps, sourde appréciation de cette longue nuit alcoolisée.

Et les engagés étaient disposés comme dans la Cène de Léonard de Vinci : tout en langueur attablée. Et la principale tenait le rôle de Jésus de Nazareth : plantée au milieu de cette reproduction. Car il y avait effectivement une attention autour d'elle ; tout un chacun, mystique involontaire des serveurs, venait récupérer soit le vin qui était déjà trop loin, soit le pain qui se faisait de plus en plus rare. Et puis et puis les mouvements se firent plus lents et les bouteilles s'amenuisaient pour de bon : les convives se taisaient, n'ayant plus vraiment de bonnes paroles à partager ou d'anecdotes drôles à raconter. Le repas se déroulait maintenant dans une ambiance guindée et l'on entendait seulement les cliquetis des couverts gris et le claquement sec des mandibules acérées. C'était quand même bon. Je le dis à ma voisine de gauche, l'adjointe au chef, elle aussi nouvelle, qui se démenait avec un poisson frit présenté à la mode française, recouvert d'une sauce glacée au curry.

... Et... étourdir par des paroles et des gestes pour que les défenses déployées sur les côtés oublient de protéger le che­min qui mène au bien profond du coeur et de l'esprit... de toute façon... je vais pleurer... n'est pire que le supportable... et même si l'on supporte l'insupportable... pourquoi vouloir décortiquer ce qui est écrit... entre ce que je dis et son interprétation il y a des milliards de neu­rones alambiqués et aussi des synapses courbes... et du courant électrique. Cette déclaration qui s'apparentait surtout à un élan surréaliste me crispait. Pendant la conversation, nous n'avions à aucun moment évoqué une quelconque attirance pour des poètes modernes. D'ailleurs, au-delà de tout, je m'étais contenté d'une courtoisie de bon aloi, voire développé une rhétorique syndicale ; cela me réconfortait. Les seuls mots qui sortaient de ma bouche évoquaient la qualité du poisson ou bien, était-ce ma façon d'être le Judas de la tablée, je critiquais sans vergogne les chefs d'établissement de cette académie et leur autoritarisme rugueux. Elle rougissait. Je clôturais la parole :... Alors que s'établissent des passages mystérieux...


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