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Dossier K

Couverture du livre Dossier K

Auteur : Imre Kertész

Traducteur : Natalia Zaremba-Huzsvai | Charles Zarermba

Date de saisie : 07/03/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7427-7238-4

GENCOD : 9782742772384

Sorti le : 04/01/2008


  • La présentation de l'éditeur

Après qu'Imre Kertész eut reçu, en 2002, le prix Nobel de littérature, quantité de rumeurs circulèrent au sujet de son existence.
La plupart confondaient la vie du héros d'Etre sans destin avec celle de son auteur. Voilà pourquoi, dans Dossier K., Imre Kertész révèle ce que son oeuvre occulte. Lors d'un dialogue avec un ami (ou alter ego), l'enjeu devient palpable : la vérité autobiographique existe-t-elle ? Néanmoins, pour le lecteur, la découverte est immense - l'humour et le détachement de l'auteur invitent à le rencontrer sous un autre jour, presque intimement.
Tout en suivant la chronologie d'une vie meurtrie puis ressuscitée, ce "roman platonicien" s'arrête sur des expériences essentielles, celles qui sont à l'origine de l'oeuvre littéraire d'Imre Kertész.

L'homme est né en 1929 ; l'écrivain en 1961, lorsqu'il entreprend la rédaction du roman Etre sans destin. Quinze ans le séparent alors des événements auxquels il tente de survivre grâce à l'écriture : adolescent, il est déporté dans le camp de concentration d'Auschwitz. Pendant quarante ans, il vit avec sa femme dans un studio minuscule, en marge de la société hongroise. Il écrit son oeuvre dans l'ombre, et gagne sa vie avec des comédies musicales, des pièces de boulevard et des traductions. En 2002, l'Académie suédoise lui décerne le prix Nobel de littérature. Actes Sud est l'unique éditeur en France de cet écrivain européen de premier plan.



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  • La revue de presse André Clavel - Lire, mars 2008

Imre Kertész livre son autobiographie et ses réflexions sur l'engagement, sur la Shoah. Bouleversant !...
Bien que les romans de Kertész se nourrissent de son intimité et de sa mémoire, on connaît mal sa biographie. Il en dévoile les épisodes essentiels dans ce Dossier K., composé à la manière d'un dialogue platonicien : il est à la fois l'intervieweur et l'interviewé, une dialectique qui lui permet d'approfondir ses propres confidences sans lâcher la bride de sa légendaire rigueur intellectuelle...
Ce livre oscille sans cesse entre l'aveu intime - son enfance à Budapest, le divorce de ses parents avant la guerre - et une admirable méditation philosophique sur l'Holocauste.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 18 janvier 2008

Telle est donc la question centrale de ce passionnant Dossier K., sorte de livre-testament d'Imre Kertész : la vérité autobiographique existe-t-elle ?...
Comme Platon, Kertész pense que l'essence de la philosophie, c'est la dialectique. Que seule la discussion permet d'approcher la vérité. Ici, le jeu des questions-réponses fait penser à l'autobiographie de Nathalie Sarraute, Enfance. Comme si celui qui interroge finissait par être un autre "je". Kertész écoute Kertész. Il soupèse, doute, rectifie. Il se pousse lui-même dans ses retranchements. Une sorte de tête-à-tête avec soi-même...
On retrouve là les grands pans d'une existence singulière : la déportation à Auschwitz, à 15 ans à peine ; le retour des camps et les chocs successifs - dans l'autobus, à Budapest, lorsqu'on lui demande d'acquitter son ticket ; l'arrivée chez lui lorsqu'il trouve l'appartement de ses parents occupé par d'autres ; la nécessité de retourner à l'école alors qu'il a, si l'on peut dire, "une certaine expérience de la vie". Et puis, après le nazisme, le stalinisme et l'entrée progressive dans "l'écriture clandestine"...
Jamais sans doute Imre Kertész ne se sera tant livré. Avec une simplicité et une probité intellectuelle sans faille. Citant Gombrowicz, Kertész parle des "gens avec lesquels on rapetisse". De sa fréquentation, au contraire, on sort immanquablement grandi.


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 2 janvier 2008

Il s'agit de dialogues, moins réels que composés, ou plutôt recomposés dans la mesure où l'auteur a entièrement repris à son compte un entretien fleuve originellement mené par son éditeur et ami hongrois Zoltan Hafner, dont le nom ne figure pas sur la couverture du livre, puisque c'est Kertesz seul qui a transformé la ferraille en or, l'interview en art, avec Socrate pour modèle. L'humour et l'ironie du questionné vis-à-vis du questionneur sont constants dans ce dialogue romanesque et philosophique, où même les esquives font avancer la compréhension d'un être qui offre le plus beau cadeau affectif et intellectuel à ses lecteurs acquis de longue ou de très fraîche date (rien ne vaut un tel livre pour mettre le pied à l'étrier) : mon oeuvre mise à nu...
Magnifiquement traduit, une fois encore, par Natalia et Charles Zaremba, ce livre atteint la plus grande profondeur sur le ton de la conversation : «Si Auschwitz n'a servi à rien, Dieu a fait faillite ; et si nous faisons faillir Dieu, nous ne comprendrons jamais Auschwitz.»


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