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Correspondances de Freud

Couverture du livre Correspondances de Freud

Auteur : Stéphane Michaud

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Presses Sorbonne nouvelle, Paris, France

Collection : Page ouverte

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-87854-407-7

GENCOD : 9782878544077

Sorti le : 20/12/2007

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  • La présentation de l'éditeur

L'échange épistolaire est pour Sigmund Freud un des foyers, voire un laboratoire, de la réflexion, et une plaque tournante entre des personnes et des spécialités. Le présent ouvrage tente d'éclairer cette place que tient la correspondance dans la pensée et la vie de Freud, en faisant se croiser des disciplines qui trop souvent s'observent, s'estiment, mais ne se rencontrent pas. Neuf auteurs confrontent ici leur point de vue : des éditeurs, des traducteurs, des comparatistes, des psychanalystes, auxquels se sont joints le directeur de la Freud House de Londres et le poète Michel Deguy, l'un des écrivains contemporains les plus proches de la psychanalyse. Il s'agit ici, au delà du décloisonnement des disciplines, de baliser des pistes et d'accompagner une exégèse actuelle, nouvelle et tournée vers l'avenir, autour d'une correspondance désormais accessible à tous.

Stéphane Michaud, responsable de ce volume, est professeur de littérature comparée à l'université Sorbonne nouvelle - Paris 3.





  • La revue de presse Geneviève Delaisi de Parseval - Libération du 6 mars 2008

Une «correspondance» désigne aussi la gare à laquelle le voyageur change de moyen de transport. Fondés sur le jeu linguistique du terme, plusieurs textes interrogent brillamment le thème du double et de l'identité...
Quant à Michel Deguy, poète internationalement connu, il clôt cet ouvrage par une autre variante sur le thème de la correspondance : «Correspondance à Freud», comme on dirait «Changer à Freud» (plutôt qu'à Châtelet...), gauchissant donc l'usage du terme dans le sens baudelairien de «correspondances». D'autres auteurs, dont Judith Dupont, Claude Nachin, Olivier Mannoni, rendent véritablement précieux ce volume composé d'inédits (à l'exception du texte de Stéphane Michaud).



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Stéphane Michaud :

La photographie de Freud à son bureau, dans les derniers mois de sa vie, reproduite sur la couverture du présent livre en donne à voir le propos. La beauté du cliché vient en partie de la lumière, qui met en valeur la sérénité du visage et la feuille blanche que tient l'écrivain. Quatre mots s'y inscrivent en amples caractères, suivis d'une date, qui forment déclaration : «My love/ to Yvette/1938». Le document introduit dans l'intimité de l'écriture. Il en saisit un instant privilégié.
Un autre cliché, qui appartient pour sa part au Freud Muséum, en est très proche : Freud est assis à cette même table de travail, dans la maison de Maresfield Gardens, à Londres, où il a émigré. La prise de vue a-t-elle eu lieu quelques instants plus tôt ou plus tard ? Toujours est-il que le maître quitte des yeux sa table pour fixer le photographe. Notre cliché laisse l'écrivain à ses occupations : il lève la main, entre les doigts de laquelle on distingue son stylo; de ses doigts libres, il tient une grande feuille dont il examine le contenu. La feuille, dont notre photo offre au spectateur le seul verso dédicacé, présente une particularité qui vaut d'être notée : il s'agit du propre portrait de Freud. Celui-ci en caresse l'image avec tendresse. En cette courte pause qui rythme l'écriture, son regard ne s'arrête donc pas sur un manuscrit, mais sur sa propre photo, que, dans un échange comme il les affectionne avec ses très proches, il destine à la chansonnière de Montmartre, dont il recevra bientôt en retour le portrait dédicacé. Ce qu'affichent les quelques mots qui accompagnent très probablement la lettre qu'il écrit à Yvette Guilbert ce 24 octobre 1938, c'est la fidélité de l'attachement qui le lie à sa correspondante, «diseuse» qui se produit sur les scènes européennes et mondiales, et avec laquelle il partage une carrière internationale.
La dédicace que la photographie place au foyer de l'image noue autour du signataire trois langues et trois métropoles, Vienne, Londres et Paris. Le jeu de miroir qu'induit l'image - Freud regardant son portrait - ouvre bien d'autres registres. Il manifeste d'abord la part éminente qu'occupe la correspondance dans l'activité de Freud. Elle le lie avec des partenaires sans cesse plus nombreux au fur et à mesure que la vie avance, disciples et collaborateurs, hommes et femmes de tous pays et presque de toutes langues. Ce lien est loin d'être exclusif de la poésie, dont Yvette Guilbert était une interprète de génie. Le cliché rappelle ainsi à nos yeux une constante de la vie et de l'oeuvre de Freud : l'intérêt que pendant plus de quarante ans il porta à la vie parisienne et l'admiration qu'il conserva à la chanteuse qu'il était allé écouter pour la première fois au temps de son séjour auprès de Charcot, à la Salpêtrière. Il exprime un amour persévérant des lettres et des arts, fussent-ce les tréteaux des cabarets. Schnitzler et Yvette Guilbert, disait volontiers Freud, l'avaient précédé dans l'exploration du psychisme humain. Existe-t-il alors entrée plus opportune au volume d'Actes d'un colloque sur la traduction et ses rapports à l'analyse, volume qui prend sa place dans la moisson apportée par la célébration du 150e anniversaire de la naissance du fondateur de la psychanalyse ?


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