Auteur : Philippe Barbeau
Illustrateur : Thierry Christmann
Date de saisie : 02/01/2008
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Archipoche, Paris, France
Collection : Archipoche jeunesse
Prix : 6.99 € / 45.85 F
ISBN : 978-2-35287-067-8
GENCOD : 9782352870678
Sorti le : 09/01/2008
Philippe Barbeau, ancien instituteur, aujourd'hui écrivain et conteur, a publié une cinquantaine de livres pour la jeunesse, romans fantastiques, policiers ou historiques, dont la série des Éliane (Syros).
Simon craignait de vivre des vacances ennuyeuses en Sologne. Il se trompait. D'abord. Lise, sa nouvelle amie, n'a peur de rien et adore braconner. Ensuite, les nouveaux habitants du moulin des Sarrazins ont très mauvais caractère et ne supportent pas les intrus. Enfin, au fil des nuits, de curieuses ombres hantent le secteur des Tombelles où un guerrier celte au visage de brume appelle au secours. Simon va vivre des vacances bien plus animées qu'il ne le pensait...
Rencontre
Ce matin d'été, Simon Grangier se tenait sur le seuil de sa chambre. Il se demandait ce qu'il allait faire dans cette ancienne ferme pendant les deux mois des vacances. Banlieusard, il y était arrivé la veille, 1er juillet, avec ses parents. Il avait le cafard.
Située à deux kilomètres de Pierrefitte-sur-Sauldre, en Sologne, la ferme du Grand-Clos lui plaisait, certes. La veille au soir, au soleil couchant, il l'avait trouvée très belle. Ses trois modestes bâtiments en brique et tuiles lui donnaient des allures de maison de poupée. C'est joyeusement qu'il s'était installé dans la buanderie transformée en chambre, ses parents occupant le logis principal.
Il avait visité la ferme, la grange, les dépendances, le jardin avec le vieux puits. Il était allé jusqu'au petit étang bordé de peupliers, derrière la buanderie, au-delà du jardin. Il avait bien dormi. Pas un bruit. Un calme !
Trop calme. Et ce matin, Simon s'ennuyait. Son regard erra sur la cour, sur le chemin qui menait à la route où ne passaient que de rares voitures. Il renifla. Il fallait qu'il trouve quelque chose à faire. Il se dirigea vers la grange, enfourcha son VTT.
- Je file au village, hurla-t-il en passant devant le logis.
- Bonne idée ! lui répondit sa mère en écho. Mais reviens pour midi et sois prudent...
Long ruban de goudron noir parsemé de gravillons rouges, la route s'enfonçait dans le lointain, entre deux rangées d'arbres irrégulières. Les ombres jouaient sur elle au gré du vent. Le garçon aspira une grande bouffée d'air et éprouva un certain plaisir : il aimait cette odeur. Un parfum chaud de résine et de nature sauvage, comme une invitation à sourire.
Simon avait parcouru un petit kilomètre quand il aperçut une silhouette au loin, sur le bas-côté. Il reconnut aussitôt la fille rousse qu'il avait croisée dans le village à leur arrivée. Elle semblait avoir des ennuis avec son vélo. Il s'arrêta à sa hauteur.
- Bonjour ! T'as des problèmes ? Tu veux que je t'aide ?
- Enfer et boule de gomme ! Je t'ai pas sonné. Laisse-moi me débrouiller avec cet abruti de vélo...
La fille n'avait même pas levé la tête. Simon feignit l'indifférence et repartit comme si de rien n'était.
«Une vraie pelote d'épingles ! pensa-t-il. Elle doit avoir du sang de hérisson dans les veines. Si tous les Solognots sont comme elle, ça promet...»
Déçu, il parcourut le village dans un sens, dans l'autre, ne prêtant guère attention à la vie qui l'animait. Il fit le tour de la place de l'église. Il avait vu tout ce qu'il y avait à voir et quitta le bourg.
Sur le chemin du retour, il s'arrêta sur le pont qui enjambait la Boute-Vive. Large de trois ou quatre mètres, la petite rivière était moins profonde que la Sauldre, dans laquelle elle se jetait quelques centaines de mètres plus bas. L'eau glissait sous une haie d'arbres de toutes tailles, dans un silence que troublait à peine un léger clapotis. Les branches se penchaient parfois vers elle comme pour la caresser. Une fraîcheur douce, reposante, remontait de son lit. Appuyé sur la balustrade métallique à la peinture verte écaillée, Simon laissa son regard suivre une brindille que le courant emportait.
Soudain, une voix se fit entendre derrière lui :
- Hé, tu m'excuses ?
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