Auteur : Antony Moore
Traducteur : Jean Esch
Date de saisie : 21/02/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : L. Levi, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-86746-466-9
GENCOD : 9782867464669
Sorti le : 03/01/2008
Un simple échange entre enfants. Pas un timbre-poste, ni un jouet, ni un autocollant. Une BD, échangée contre un banal tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Mais avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire, de bandes dessinées justement, ne rêve que de le récupérer. C'est même une obsession, le seul but de sa vie d'adolescent attardé : retrouver ce comic rarissime... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio impitoyable. Conseil de l'éditeur : ne commencez ce livre que si vous du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher.
Antony Moore est le pseudonyme d'un psy anglais, qui signe là son premier roman avec le talent d'un vieux routier du subconscient, fasciné par la névrose obsessionnelle et le comportement d'échec. Il manie l'humour noir comme il respire.
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Sous ce pseudonyme, un jeune psychiatre anglais signe un premier livre, drôle et ironique, dont la clé est une bande dessinée...
À la manière d'un film d'Hitchcock, qui adorait plonger des faux coupables au milieu des drames les plus funestes, Antony Moore malmène son personnage d'un bout à l'autre de l'intrigue. C'est drôle et ironique comme du Jerome K. Jerome. Et ça se lit à toute vitesse, comme si l'on se retrouvait dans la peau de George Kaplan-Cary Grant, au coeur de La Mort aux trousses ! Les frissons sont garantis... Mais pas sans quelques éclats de rire.
Tout ce que l'on sait de lui, c'est qu'il est né en Cornouailles, qu'il vit à Londres, qu'il écrit sous pseudo. Et qu'il est psy, un job qui lui permet de brasser eaux troubles et secrets familiaux. Il ne s'en prive pas dans cette comédie aigre-douce qui tient du bon vieux polar et de l'enquête freudienne, le tout saupoudré d'un humour british souvent savoureux...
Cette histoire à la Agatha Christie, le Britannique l'orchestre tambour battant, tout en fouillant des placards où se cachent de très vilains fantômes. Frissons garantis.
Prologue : Cornouailles, 1982
- Superman numéro un ?
«Le Bizarre» tourna son visage, jamais bien propre, vers l'école et Harvey le vit plisser le nez comme s'il sentait une mauvaise odeur.
- Pourquoi ça m'intéresserait ?
Harvey poussa un profond soupir, exagéré. Il s'en fichait après tout de conclure cette affaire ou pas.
- J'en sais rien, moi. On s'en fout. Je ferai échange avec quelqu'un d'autre. C'est pas mon truc, voilà tout. Superman, il est pas si génial que ça. Moi, j'aime mieux le Surfeur d'argent. Il est super vieux, c'est le premier... Un truc de môme.
- Alors, pourquoi je l'échangerais ? demanda le Bizarre d'un ton plaintif et Harvey soupira de nouveau.
Fallait-il qu'il lui fasse un dessin ? Parce que tu n'as pas d'amis pour jouer, parce que tu veux te faire bien voir de moi, parce que ça brise l'ennui de l'école, parce que tu auras un truc à trimballer et à montrer aux gens sans qu'ils se moquent de toi, un truc plus ou moins acceptable en classe, entre 8 h 45 et 9 heures quand tout le monde cherche à tuer le temps, en essayant de te tuer généralement. Ce serait facile de dire toutes ces choses, mais pas à douze ans, même si vous les pensez plus ou moins. Alors, Harvey se contenta de hausser les épaules et d'esquisser un geste de la main.
- C'est toi qui vois. -Tu veux ça ?
Le Bizarre toucha le fin tuyau en plastique qu'il portait comme un bandana.
- Non, pas franchement. Mais je veux bien faire échange.
Harvey l'avait vu trancher l'herbe sur le chemin qui montait de la route à l'école ; il avait vu la manière dont ce truc sectionnait les fleurs et projetait les graines dans les airs. Il aimait cette destruction bien propre, quasiment artistique. La beauté selon les garçons.
- Si j'accepte, ce sera fini. Je pourrai plus le reprendre ?
Le Bizarre était encore plus bizarre que d'habitude et Harvey commençait à se lasser. Sans être une brute épaisse, ce n'était pas non plus une gonzesse.
- Bien sûr que non ! Une fois que tu l'as échangé, tu l'as échangé, tu peux pas revenir en arrière.
Il se retourna et entreprit de gravir le chemin qui conduisait à la porte derrière l'école; un chemin de terre que surplombaient de grands cèdres dont personne ne s'occupait.
- Laisse tomber, ajouta-t-il, ça vaut pas le coup, en fait. On s'en fout.
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