Auteur : Gilles Del Pappas
Date de saisie : 19/12/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Transbordeurs, Marseille, France
Collection : Roman
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84957-091-3
GENCOD : 9782849570913
Sorti le : 06/12/2007
Del Pappas nous entraîne, à la suite de son héros Constantin, dans l'antique Grèce, son berceau, ses racines. Le coeur et l'âme meurtris par ses dernières aventures, il fuit sa ville, Marseille, maîtresse trop exigeante.
Il veut être seul et trouve, loin de tout, une maison isolée sur une plage au bout du monde pour panser ses plaies. Petit à petit il va redécouvrir les plaisirs de la vie, simple et frugale. En se baladant, le «Grec» rencontre trois hommes, eux aussi célibataires endurcis... l'instituteur, le médecin et le policier de l'île.
Ainsi, de nuit en nuit, avec leurs regards, leurs vies, un verre de retsina à la main, ils vont se raconter leurs femmes... L'écrivain marseillais, avec cet étrange ouvrage, change de cap et nous offre un récit multiforme. Un panel important et varié de thèmes, des façons diverses d'aborder le format littéraire, rêve au fond de tout écrivain.
Gilles Del Pappas est né, vit et mourra à Marseille. Mais, il nous le promet, dans un lointain inaccessible. Il est venu à la littérature tardivement et s'est bien rattrapé avec, en l'espace d'une dizaine d'années, plus de trente romans dont la plupart de littérature policière.
Je vois le bateau à deux rames. Son croc à la main, Charon m'appelle : «Eh bien ! Qu'attends-tu ? Dépêche-toi, tu me retardes !» Comme il est hâtif ! On m'entraîne au séjour des morts...
Sous ses sourcils, les regards qu'il me jette... Je vois ses ailes... Hadès ! Hadès ! Que veux-tu donc faire ? Lâche-moi ! Quelle route suivre ? Couchez-moi ici : mes pieds ne me portent plus... Hadès s'approche : voici la nuit qui couvre mes yeux...
Euripide
DÉCEMBRE 1983
Oui, je suis mort... Je vogue sur une embarcation, poussé par un violent courant. L'Achéron n'est pas aussi tranquille que l'on pourrait le croire, je suis gansaillé de droite, de gauche comme un bout de branche arrachée au tronc et qui descend inexorablement vers l'embouchure, vers la mer.
Moi, je ne sais pas vers quoi je suis attiré.
Je crois voir au plafond les étoiles de l'enfer pendant que je suis ballotté par la forte houle. Elles sont là, et en même temps brillent juste pour que l'on puisse se rendre compte de l'immensité. De la distance entre elles et vous. Pour que vous soyez bien conscient que vous n'êtes qu'un fétu de paille.
Bon, eh bien voilà, je suis mort.
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