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Les aveux

Couverture du livre Les aveux

Auteur : Saint Augustin

Traducteur : Frédéric Boyer

Date de saisie : 07/02/2008

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-84682-225-1

GENCOD : 9782846822251

Sorti le : 10/01/2008


  • La présentation de l'éditeur

«Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je t'ai aimé à la folie. Je me suis perdu et je me suis souvenu de toi... Maintenant je reviens vers ta source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m'en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre. Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J'ai été ma mort»

Livre XII, 10

Interpellations, confidences, exhortations, aveux, micro narrations, souvenirs, hymnes, fictions, louanges, analyses exploratoires, déplorations, cris, anathèmes, psaumes, discours, chants...

J'ai voulu, par une nouvelle traduction intégrale du texte d'Augustin, rendre justice à cette véritable odyssée person­nelle, à ce voyage intime dans le temps, la mémoire de soi et l'écriture. Augustin révolutionne ainsi la confession antique, détourne la littérature classique, et fait exploser les cadres anciens à l'intérieur desquels nous avons l'habitude de nous réfugier et de penser notre vie.

Nouvelle traduction des Confessions par Frédéric Boyer



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  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 7 février 2008

Sept ans après avoir dirigé une nouvelle traduction de la Bible (1) que nous avions brocardée, Frédéric Boyer publie, sous le titre Les Aveux, une version des Confessions de saint Augustin que nous ne moquerons pas. Il y a quelque chose d'incandescent, dans la prose de l'évêque d'Hippone telle que l'écrivain nous la donne à lire en français...
Ainsi retrouve-t-on, sous la poussière des siècles, l'accent primitif, sauvage et beau d'un intellectuel nord-africain de l'Empire romain qui s'est fait connaître sous le nom d'Aurelius Augustinus, a vécu à Carthage, Rome et Milan, a reçu le baptême à trente-trois ans, est devenu prêtre et évêque dans un diocèse de l'actuelle Algérie, est mort en 430 et a laissé derrière lui une oeuvre immense...
En intitulant sa traduction nouvelle Les Aveux, Frédéric Boyer retrouve la force brute et première du mot confessio. Le chef-d'oeuvre de saint Augustin n'est pas un misérable petit tas de secrets lâchés dans l'ombre d'un confessionnal. C'est une confessio fidei, une profession de foi, et une confessio laudis, une louange faite à Dieu...
C'est une expérience du vertige que les traductions poudreuses du latin d'Augustin ne nous permettaient plus de partager. La voici restituée dans sa splendeur originelle.


  • La revue de presse Nicolas Weill - Le Monde du 25 janvier 2008

L'entreprise de Frédéric Boyer vise à redonner à ces pages venues de l'Antiquité tardive toute leur violence éruptive. Une violence qui a attiré - et attire encore - à Augustin tant de modernes : des philosophes du langage comme Wittgenstein, des psychanalystes mais aussi des post-structuralistes, Jean-François Lyotard ou Jacques Derrida...
Oui, le français de Frédéric Boyer déleste enfin Augustin du jargon de versions et de thèmes qui l'obérait souvent. Passer du vouvoiement au tutoiement dans l'invocation de Dieu va bien dans le sens de la doctrine post-conciliaire de l'Eglise. Le "vous" certes collait davantage à une figure régalienne du Christ plus conforme aux représentations de l'époque d'Augustin. Mais le "tu" est plus proche du Jésus intime qui domine la théologie moderne...
Le style de saint Augustin est sinueux plus que violent ou abrupt. Il était devenu prêtre lorsqu'il livra ces "aveux". La beauté de cette traduction qui se lit d'un seul souffle nous fait surtout sentir l'homme et sa passion plutôt que le clerc cultivé, pourfendeur des hérésies de son siècle. C'est déjà beaucoup.


  • La revue de presse Aurélie Jacques - Le Point du 17 janvier 2008

Frédéric Boyer redonne vigueur à la première autobiographie de l'histoire, n'hésitant pas à évoquer «cette pute d'âme humaine» là où la version de D'Andilly (XVIIe siècle) ne voit qu'une sage «courtisane»...
Il sait que l'on ne touche pas impunément aux classiques. En 1995, ce normalien, éditeur et romancier, réunit des exégètes et des écrivains pour retraduire la Bible...
Rejetant tout «patrimonialisme outrancier», il reste convaincu que les grands textes doivent être régulièrement retraduits. L'«Enéide» pourrait bien devenir le prochain à faire peau neuve sous sa plume


  • La revue de presse Fabrice Pliskin - Le Nouvel Observateur du 10 janvier 2008

Après avoir dirigé la traduction de la Bible chez Bayard, l'écrivain Frédéric Boyer restitue toute sa violence poétique à la première autobiographie de tous les temps...
Dans la nouvelle traduction des «Confessions», saint Augustin s'adresse à vous avec l'étrange proximité d'un compagnon d'Abribus. C'est la nuit. Un inconnu asthmatique d'origine maghrébine est assis près de vous et il vous parle, comme s'il attendait avec vous on ne sait quel Noctambus pour l'enfer ou le paradis. Ce bavard est mort il y a mille cinq cents ans mais il continue de râler superbement. Cette bête d'aveu semble ne rien vouloir vous cacher de ses doutes et de ses dégoûts. Il tonne contre «cette pute d'âme humaine»...
Mais s'il escamote la ponctuation, casse le texte en fragments, emploie çà et là quelques mots pas catholiques, il a le talent de demeurer toujours infidèle avec foi. Nulle démagogie de cancre officiel. Il ne s'agit pas de mettre une casquette de base-ball à Augustin, champion du monde des rhéteurs auprès de qui ses épigones, de Heidegger à Blanchot, sembleraient de petits-maîtres cruciverbistes. Que de trouvailles dans cet exercice de littérature qui nous donne à sucer l'impasteurisable lait du saint. Quoi de plus nourricier que d'entendre cette créature s'adresser à son créateur par ces mots faussement frustes, véritablement augustes : «Ta solidité, c'est du solide» ?


  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 10 janvier 2008

A la question «pourquoi une nouvelle traduction ?», on a toujours envie de répondre : «Pourquoi pas ?» Dans le cas d'un livre datant de 397-400, écrit dans une langue définitivement morte pour nous et dans une pensée guère moins étrangère, les scrupules vont d'eux-mêmes aux orties. Mais, en changeant le titre même de Confessions pour les Aveux, Frédéric Boyer annonce que sa traduction sera plutôt un don, celui de la lecture. On avait jusqu'ici un classique qui dormait sur l'étagère, qu'on aurait consulté en cas de recherche, de cours, d'article à écrire...
Wittgenstein avait noté en Augustin un lointain prédécesseur (la Grammaire philosophique évoque par exemple le récit de l'apprentissage du langage dans les Aveux). Et l'on sait le goût de Boyer pour ce philosophe qui montre qu'il n'y a pas de monde, mais une grammaire. Ou, pour parler religieusement, un Verbe. En ce sens, il n'y a pas de traduction, pas même d'expression, parce que rien ne préexiste à la parole en tant que processus intelligent. Et cette intelligence est la manifestation de notre lien, de l'effet de Dieu en nous...
C'est en ce sens que Boyer, en écrivant les Aveux, traduit le geste même, et non le texte, le témoignage de foi d'Augustin. Il se laisse transformer par la puissance de Dieu. Il réédite sa louange


  • La revue de presse Marcel Neusch - La Croix du 9 janvier 2008

Parmi les traductions aujourd'hui disponibles, celle de Frédéric Boyer s'impose par sa qualité littéraire...
Car la nouvelle traduction d'Augustin que propose Frédéric Boyer ne se prétend pas meilleure, mais différente...
Pour véritablement entendre cette nouvelle traduction, on s'imposera une double abstraction, par rapport au texte latin et par rapport aux traductions existantes. D'une part, le traducteur évite la servilité d'une transcription littérale, voie la plus sûre pour trahir une oeuvre. D'autre part, il s'interdit de tenir pour canoniques les traductions antérieures, si prestigieuses soient-elles. À chacune de trouver son propre tempo. Celle de Boyer a incontestablement trouvé le sien, avec sa sonorité poétique...
Or, en plus de sa fidélité à l'original, celle de Frédéric Boyer réussit à rendre Augustin dans une langue neuve, d'une réelle beauté littéraire, qui a toute sa place à côté des autres.


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