Auteur : Laurence Tardieu
Date de saisie : 24/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : Bleue
Prix : 15.50 € / 101.67 F
ISBN : 978-2-234-06045-6
GENCOD : 9782234060456
Sorti le : 03/01/2008
«Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grange. J'ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ça encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas.
Les choses les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche ?
Je m'appelle Alice Grange. J'ai trente ans. Je cherche ma mère.»
Laurence Tardieu est née en 1972 à Marseille. Elle est l'auteur de Comme un père (Arléa, 2002), Le Jugement de Léa (Arléa, 2004, prix du roman des libraires Leclerc) et Puisque rien ne dure (Stock, 2006, prix Alain-Fournier).
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Alice Grangé n'est que vide, que manque, un tourbillon d'incertitudes et d'interrogations qui occupent tout l'espace intérieur de la jeune femme. «Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère.» Ainsi décline-t-elle son identité : un nom, un âge, une absence. La forme interrogative est omniprésente dans ce récit écrit à la première personne. Après avoir fait de la disparition d'un enfant la trame de précédents romans, Laurence Tardieu s'intéresse cette fois à l'absence des parents, réelle ou symbolique. Tout en retenue, le roman d'Alice est un hymne d'amour pour la disparue, mais aussi, en creux, pour ce père silencieux, apparemment si froid, à qui elle n'a pas su dire ce qu'il représentait pour elle. Y compris sur son lit de mort. «Je le regarde s'avancer, mon père, seul dans la neige, le dos légèrement voûté, le regard gris tourné vers le ciel, mon père, que j'aime», raconte Alice. Les larmes ne sont jamais loin, mais la tête se détourne pour que nul n'en soit témoin.
Variations sur l'amour filial, maternel ou conjugal à l'épreuve d'un drame, d'un deuil, d'une disparition... Depuis Comme un père (Arléa, 2002), son premier roman - qui peut se lire comme le miroir inversé de Rêve d'amour -, les livres de Laurence Tardieu s'éprouvent dans la douceur poignante d'une mélodie qui enveloppe autant qu'elle étreint. Portée par la grâce d'une écriture épurée et juste, la romancière a su parer cette mélodie d'une lumière nouvelle, plus vive et plus intense. Comme celle, blanche et presque aveuglante, qui semble entourer Alice, la narratrice de son nouveau et très beau récit (dont le titre est emprunté au Nocturne no 3 de Liszt). Un Rêve d'amour dans lequel la romancière s'interroge avec acuité sur l'amour, l'absence, la mémoire, l'identité, mais aussi l'écriture.
À travers des questions concernant une mère disparue, Laurence Tardieu, l'auteur de «Puisque rien ne dure» publie un roman fort sur les dégâts du silence et la quête de soi. Il y a beaucoup de points d'interrogation dans le récit de Laurence Tardieu. Et, pourtant, avec des questions de nombreuses questions laissées sans réponse, la jeune femme réussit à bâtir un roman puissant, par la seule force de son style.
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