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Le futur du classique

Couverture du livre Le futur du classique

Auteur : Salvatore Settis

Traducteur : Jean-Luc Defromont

Date de saisie : 24/02/2005

Genre : Arts

Editeur : L. Levi, Paris, France

Collection : Opinion

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-86746-382-2

GENCOD : 9782867463822

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  • La dédicace de l'auteur

J'ai eu récemment le grand plaisir de traduire de l'italien un passionnant essai du professeur Salvatore Settis, actuellement directeur de l'École Normale Supérieure de Pise (après le Getty Research Institute for the History of Art and the Humanities de Los Angeles). Dans Le futur du «classique», paru aux Éditions Liana Levi, l'auteur met son immense érudition et son expérience au service d'une réflexion exigeante et critique sur notre époque, qui n'entretient souvent qu'un rapport «citationnel» et superficiel avec une Antiquité gréco-romaine idéale revendiquée comme apanage exclusif de la culture occidentale. Cette enquête à travers les âges sur la notion (et sur le nom) de «classique» parcourt l'histoire de l'art en Occident en partant du modernisme pour remonter jusqu'au coeur de l'Antiquité, analysant au passage, entre autres, l'éclectisme et le «classicisme», les travaux de Winckelmann, la Renaissance, l'art tardo-antique...
Settis examine de très près, à travers nombre de références et d'exemples brillamment exploités, les rapports historiques complexes entre l'art grec et l'art romain - confondus, antagonistes ou complémentaires, selon la mode ou l'idéologie - et focalise son attention sur le lien exclusif entre Renaissance et classique, cette «forme rythmique» de notre culture occidentale (Howald) qui diffère en cela des autres cultures extra-européennes auxquelles l'auteur fait allusion brièvement mais efficacement. Le choix d'un parcours à rebours (qui nous donne la sensation de mener «l'enquête») permet d'éclairer la genèse et les métamorphoses de la notion de «classique» et se présente donc comme une archéologie du sens, pour découvrir la troisième dimension, manquante, de notre présent, au-delà des trompe-l'oeil.
Settis conclut son essai en faisant retour au contemporain caractérisé par le «citationnisme» et l'aplatissement du passé en superficie, et nous met en garde contre une vision idéalisante de notre passé et de nos racines («classiques») qui trop souvent n'est qu'un moyen d'affirmer notre hégémonie sur les autres civilisations, de façon plus ou moins explicite. Proposant de nouvelles clefs de lecture et perspectives, Settis prône donc une ouverture à l'autre, au «divers», sur la lignée des travaux de Warburg et de Lévi-Strauss. Notre civilisation a besoin de se comparer aux autres, de se tourner vers un ailleurs dans le temps (Grecs et Romains) et dans l'espace (les civilisations extra-européennes), et de regarder le «classique» non comme un héritage mort mais comme un puissant stimulus à comprendre l'altérité qui est en nous. L'antiquité fut d'emblée hybride, ce qui donne un sens plus riche à notre «globalité» et permet de combattre les clivages et antagonismes factices dont nous pourrions faire mauvais usage. L'étude du «classique», si menacée, s'avère en réalité résolument contemporaine, car elle peut devenir un instrument de tolérance et de paix, pour construire notre avenir commun en commun.
J'espère avoir donné envie de lire cet essai à tous ceux qui tentent de penser le monde contemporain en lien avec la mémoire, ou plutôt avec une mémoire libérée, à tous ceux qui, peut-être, s'inquiètent du cap que nous prenons, à tous ceux qui ont envie d'espérer. Fascinant et encourageant.

Jean-Luc Defromont, le traducteur de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

Ce que nous prénommons le classique ferait-il partie du patrimoine culturel des ennemis jurés de l'Occident ? Nous sommes en septembre 2001 et les tours jumelles viennent de s'écrouler. Le Mollah Omar exprime sa joie en ces termes : «L'Amérique est comme Polyphème, un géant aveuglé par un ennemi qu'il est incapable de nommer.» Pourquoi cette allusion à l'Odyssée ? D'après Settis cela n'est pas si étonnant car l'Age classique gréco-romain peut être vu comme la première grande expérience de mondialisation économique et culturelle. Et pour cette raison, le classique demeure un patrimoine commun à toutes les civilisations, aussi dissonantes soient elles.
Une thèse originale qui ne manquera pas d'ouvrir un débat.




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