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Les nouveaux mystères de Marseille. Volume 6, Les diaboliques de Maldormé

Couverture du livre Les nouveaux mystères de Marseille. Volume 6, Les diaboliques de Maldormé

Auteur : Jean Contrucci

Date de saisie : 02/01/2008

Genre : Policiers

Editeur : Lattès, Paris, France

Prix : 15.50 € / 101.67 F

ISBN : 978-2-7096-2959-1

GENCOD : 9782709629591

Sorti le : 31/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Marseille, été 1906.
Panique dans l'anse de Maldormé, quartier de Malmousque : le notaire Théophile Deshôtels vient d'être retrouvé pendu à l'espagnolette de sa chambre. Suicide ou crime ? Des bruits couraient sur la vie dissolue du tabellion. Et sa bonne, Mariette, a disparu. Raoul Signoret, en chasse d'informations pour le Petit Provençal, se lance dans l'enquête avec l'aide de son oncle Eugène Baruteau, chef de la police, et de Placide Boucard, un ancien reporter sportif.
Tout semble accuser la gouvernante Liselotte Ullman qui, en ces temps revanchards, présente le défaut capital d'être allemande. Un comité "anti-Bochesse" réclame la tête de la coupable désignée. Liselotte est condamnée par la cour d'assises à vingt ans de réclusion. A la joie des " braves gens " qui comptent du même coup se débarrasser de Riri-le-Fada, un simple d'esprit... Mais le jour où la pauvre femme se suicide dans sa prison, laissant un orphelin de neuf ans, Raoul se jure, avec l'aide inattendue de Riri, de démasquer l'auteur de la machination.
Après L'Énigme de La Blancarde, La Faute de l'abbé Richaud, Le Secret du Dr Danglars, Double crime dans la rue Bleue et Le Spectre de la rue Saint-Jacques, Jean Contrucci, critique littéraire et romancier, nous conte un nouveau mystère de Marseille, plus captivant encore que les précédents.





  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 13 décembre 2007

On sent combien ce conteur invétéré qu'est Jean Contrucci s'est amusé à écrire. Ce bonheur est largement payé de retour à la lecture...
Dans ce sixième volume, les deux héros récurrents, Eugène Baruteau, le chef de la Sûreté, et son neveu Raoul Signoret, reporter au «Petit Provençal» et grand amateur de boxe française, se livrent à un amical concours de déductions. Une cohorte de personnages secondaires les aide dans leur mission, de Placide Boucard, dit le Bouc, ex-reporter sportif, à Riri-le-Fada, l'idiot de Malmousque, qui se prend pour le tramway. Sûr qu'avec une telle équipe les méchants seront démasqués et punis. Et cela fait toujours plaisir.



  • Les premières lignes

Où l'on se pose une question capitale pour la suite de l'histoire : la découverte du corps d'un notaire pendu à l'espagnolette de sa chambre signifie-t-elle suicide ou assassinat ?...

Me Théophile Deshôtels, soixante-douze ans, fut notaire à Marseille durant quarante-huit ans, jusqu'au 30 juin 1906 aux environs de dix heures du soir. Mettons dix heures quinze, pas plus.
À partir de cet instant on ne put parler de lui qu'au passé. Il était mort depuis près de huit heures lorsqu'on découvrit son corps dans sa chambre à coucher, suspendu par le cou à l'espagnolette de la fenêtre, au premier étage de sa villa, en bordure de l'anse de Maldormé, sur la presqu'île de Malmousque, le long de la Corniche marseillaise.
Le notaire n'était vêtu que d'un gilet de flanelle sur une simple chemise de nuit blanche qui laissait voir ses pâles mollets nus. La pointe de ses pieds, chaussés de mules de velours anglais marron, touchait à peine le parquet ciré. Si bien que le vieux tabellion, vu de dos, bras ballants, avec sa tête chauve - coiffée d'un bonnet de nuit - penchée sur l'épaule gauche, ressemblait à un pantin déglingué dont on aurait tranché les fils, sauf celui qui suspendait le buste.
C'est Victor Rabinel, son domestique, qui fit cette pénible constatation, en arrivant comme chaque matin à six heures pile - bien que ce jour-là fût un dimanche - pour réveiller son maître. Cette tâche, le serviteur l'accomplissait avec la ponctualité d'un chef de gare suisse depuis plus de quinze ans, Me Deshôtels ayant horreur du moindre retard dans son emploi du temps.
Le brave homme - on parle du domestique -ne logeait pas dans la maison de son employeur. Ancien pêcheur, il avait été contraint par un accident du travail de laisser à ses fils, Marius et Fernand, le risque d'affronter sans lui les caprices de la Méditerranée pour approvisionner en poissons de roche du jour le célèbre restaurant La Réserve. L'établissement était tout proche de Malmousque. Son chef, Roubion, l'avait perché sur les hauteurs du vallon de l'Oriol et sur celles des guides gastronomiques. Victor Rabinel - soixante ans à la Saint-Jean - s'était donc reconverti en homme à tout faire au service du notaire. Celui-ci en profitait pour l'exploiter sans vergogne : dix francs par semaine pour dix heures de présence journalière.
Séquelle d'une fracture ouverte mal soignée du tibia, récoltée durant une mistralade qui avait drossé sa barquette sur les rochers aigus de l'île des Pendus, une patte folle donnait au domestique de Me Deshôtels une démarche chaloupée, mais ne l'empêchait pas d'accomplir son travail avec une efficacité appréciée par le notaire. Le souci de l'argent des autres ne dispensait pas le tabellion de veiller à l'usage du sien et il n'aurait pas admis le gaspiller si peu que ce soit à entretenir un fainéant.
Le soleil était déjà gaillard en cette heure précoce. On était dans les jours les plus longs de l'année et une belle lumière blonde baignait la presqu'île de Malmousque. La température était encore modérée. La mer, plate comme une vitre et bleue comme un saphir, semblait s'être couchée au pied des rochers blancs. La seule âme qui vive à cette heure matinale dans l'anse de Maldormé était donc celle de Victor Rabinel, car le chat noir qui le suivait à distance n'en possédait pas, à en croire René Descartes qui écrivait parfois n'importe quoi.


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