Auteur : Gerolamo Fazzini
Préface : Joseph Zen
Traducteur : Maria Laura Bardinet Broso
Date de saisie : 27/02/2008
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Salvator, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-7067-0503-8
GENCOD : 9782706705038
Sorti le : 25/11/2007
Le livre rouge des martyrs chinois
Préface du cardinal Joseph Zen Ze-kiun
Traduit de l'italien par Maria Laura Bardinet-Broso
«Parmi les nombreux catholiques emprisonnés pendant trente ans ou plus en Chine, plusieurs nous ont laissé leurs mémoires. Bon nombre de ces récits sont restés longtemps dans un tiroir. Il y avait des raisons valables pour agir de cette façon : il s'agissait d'éviter l'irritation des autorités politiques, pouvant mettre encore plus en danger nos frères dans la foi. Il faut cependant admettre qu'il y avait aussi une espèce de répugnance, même de la part des membres de l'Église, à dénoncer clairement les persécutions subies sous le régime de Mao. Pendant de longues années, le maoïsme a été exalté au-delà des limites du raisonnable. Même ceux qui n'étaient pas d'accord n'ont pas eu le courage ou la liberté intérieure de s'exprimer à contre-courant de l'idéologie de la masse, peut-être pour ne pas être comptés parmi les réactionnaires. Poursuivre aujourd'hui sur la voie du silence serait une erreur incompréhensible et impardonnable. Comme nous l'a rappelé Jean-Paul II, nous avons un devoir de mémoire envers les martyrs du XXe siècle, envers tous les martyrs, sous tous les régimes et sans réticence aucune.»
Cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hong Kong
Gerolamo Fazzini est journaliste. Éditorialiste au quotidien l'Avvenire, il est aussi codirecteur du mensuel Monde et Missions, de l'Institut pontifical des Missions étrangères. Il a réalisé plusieurs reportages en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient et en Chine.
Ces témoignages bouleversants d'humanité éclairent une période tragique de l'histoire chinoise contemporaine. Cet ouvrage est un trésor précieux, dont on ne termine pas la lecture indemne. Comme pour toute chasse au trésor, il faut prendre le temps de le découvrir, pour s'ouvrir au style simple de ces témoignages bouleversants de catholiques chinois ayant traversé l'ère maoïste. Il faut savoir remonter le temps, se replonger au coeur d'une époque troublée par des idéologies radicales et des résistances extrêmes. Il faut faire preuve d'humilité et comprendre la force de l'engagement de ces prêtres, moines et laïcs chinois face à la répression aveugle des communistes en 1950... ! À l'aune de la très longue histoire chinoise, un demi-siècle n'est rien. Mais les souffrances vécues par cette minorité religieuse ne pouvaient pas demeurer inconnues du grand public.
Extrait de l'avant-propos :
Je suis heureux et honoré de pouvoir présenter aux lecteurs français Le livre rouge des martyrs chinois.]t souhaite cependant que mes paroles ne soient pas considérées comme rhétoriques, car pouvoir faire entendre la voix des nombreux frères et soeurs de mon peuple qui ont souffert, souvent jusqu'au martyre, sous une persécution très dure, parfois impitoyable, est vraiment un honneur et un privilège. En écrivant j'éprouve les mêmes sentiments qu'il y a quelque temps, lorsque le Saint Père Benoît XVI m'a élevé au rang de cardinal, en février 2006. J'étais à Rome où j'ai célébré une messe (diffusée par Radio Vatican) pour les catholiques de mon pays, la Chine, et j'ai prononcé ces paroles : «La couleur rouge que je porte exprime la disponibilité d'un cardinal à verser son sang. Mais ce n'est pas mon sang qui a été versé : il s'agit du sang et des larmes d'une foule de héros sans nom de l'Eglise officielle et souterraine, qui ont souffert pour rester fidèles à l'Eglise.»
Parmi les nombreux catholiques emprisonnés pendant trente ans ou plus en Chine, plusieurs nous ont laissé leurs mémoires. Bon nombre de ces récits sont restés longtemps dans un tiroir. Il y avait des raisons valables pour agir de cette façon : il s'agissait d'éviter l'irritation des autorités politiques, pouvant mettre encore plus en danger nos frères dans la foi. Il faut cependant admettre qu'il y avait aussi une espèce de répugnance, même de la part des membres de l'Église, à dénoncer clairement les persécutions subies sous le régime de Mao. Pendant de longues années, le maoïsme a été exalté au-delà des limites du raisonnable. Même ceux qui n'étaient pas d'accord n'ont pas eu le courage ou la liberté intérieure de s'exprimer à contre-courant de l'idéologie de la masse, peut-être pour ne pas être comptés parmi les réactionnaires.
Poursuivre aujourd'hui la route du silence serait une erreur incompréhensible et impardonnable. Comme nous l'a souvent rappelé Jean-Paul II, nous avons un devoir de mémoire envers les martyrs du XXe siècle, envers tous les martyrs, sous tous les régimes et sans réticence aucune.
Les confesseurs et les martyrs de l'Église de Chine appartiennent à la chrétienté tout entière et nous avons le devoir, ainsi que le droit, de présenter leurs témoignages pour qu'ils nourrissent la foi des chrétiens du monde entier.
Les victimes - ou mieux, les protagonistes - de cette époque de persécution sont désormais en train de disparaître. Il n'y a donc plus de raison de se taire. Je souhaite en revanche que les jeunes prêtres et les fidèles chinois récoltent de la bouche des anciens les histoires de souffrance et de martyre non encore enregistrées, et dont on risque de perdre pour toujours le souvenir. Je crois que cette «collecte de la mémoire» est un des services que les jeunes catholiques chinois peuvent rendre à notre Église, à notre nation et à l'Eglise universelle.
Je me rends compte que ce livre, parmi les premiers en son genre, ne collecte qu'une partie des témoignages disponibles. En tout cas, ce recueil est d'une grande valeur humaine et spirituelle, et je félicite de tout mon coeur ceux qui ont conçu et réalisé cette édition.
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