Auteur : Jean-Louis Bobin | Hervé Nifenecker | Claude Stéphan
Date de saisie : 02/12/2007
Genre : Economie
Editeur : EDP sciences, Les Ulis, France
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-7598-0025-4
GENCOD : 9782759800254
Sorti le : 29/11/2007
L'énergie est au coeur des débats publics : hausses erratiques du prix de l'essence, craintes de la population vis-à-vis de l'industrie électronucléaire, inquiétudes face aux rejets de gaz à effet de serre sont à l'ordre du jour.
Depuis la première édition de cet ouvrage, en 2001, la question de l'énergie a pris sur la scène publique une place de premier plan, car l'incidence des activités humaines sur le climat, qui n'était alors qu'hypothétique, a été reconnue avec certitude. L'approche sur les différents modes de production d'énergie dans le monde en a été bouleversée.
Synthèse de réflexions de physiciens lors de conférences organisées par la Société française de physique, cette nouvelle édition de l'énergie dans le monde a été actualisée en fonction des dernières données disponibles; traitant de façon neutre l'évolution prévisible de la demande énergétique, elle approfondit tous les aspects de la question, depuis les réserves connues à ce jour jusqu'aux nuisances des modes de production, en passant par le coût du nucléaire ou des formes variées d'énergies renouvelables...
Ce livre, qui dresse un bilan exhaustif de l'état actuel de l'énergie dans le monde, s'adresse à tout citoyen intéressé par le débat sur l'énergie.
Jean-Louis Bobin est professeur émérite à l'université Pierre et Marie Curie, à Paris.
Hervé Nifenecker est conseiller scientifique à l'Institut des sciences nucléaires (ISN) de Grenoble, président de «Sauvons le Climat».
Claude Stéphan est directeur de recherche émérite au CNRS, à l'Institut de physique nucléaire (IPN) d'Orsay.
Extrait de la préface de Roger Balian, ancien président de la Société française de physique, membre de l'Académie des sciences :
Le considérable accroissement de la population mondiale et de la consommation matérielle des pays industrialisés au cours du dernier demi-siècle a radicalement changé la nature des problèmes géopolitiques posés par l'approvisionnement des hommes en nourriture, en eau, en énergie, par la pollution des sols ou de l'air, par la disparition des espèces animales et végétales, par l'exploitation des minéraux, etc. De ponctuels, ces problèmes sont devenus mondiaux. Nous avions hérité du XIXe siècle l'idée que la nature était inépuisable ; nous nous heurtons aujourd'hui à la constatation que nos ressources sont tarissables et que nos actions peuvent modifier la Terre sur laquelle nous vivons. Si la science ne peut naturellement pas suffire à résoudre ces questions de société, c'est elle seule qui permet de suggérer des solutions. C'est aussi elle qui nous fournit les bases indispensables à tout débat, car il est impossible sans elle de prévoir raisonnablement les conséquences des diverses décisions qui s'offrent à nous. Il importe donc que les données de la science soient accessibles à tout citoyen appelé à participer plus ou moins directement à des choix qui engagent l'avenir et, en particulier, à jauger objectivement, les propositions de ses représentants politiques en des domaines où fleurissent trop facilement les préjugés simplistes et les mythes, quand ce n'est pas la désinformation.
Parmi ces problèmes majeurs dont l'opinion se préoccupe ajuste raison, les questions énergétiques sont celles qui nécessitent le plus de faire appel à la physique. C'est pourquoi la Société française de physique (SFP), dont l'une des missions est de favoriser les contacts entre grand public et physiciens, a organisé à travers notre pays des débats sur l'énergie centrés sur ses aspects scientifiques, essentiels en l'occurrence. Le présent livre prolonge et approfondit cette démarche. En tant que physiciens, les auteurs abordent les problèmes de l'énergie avec la liberté d'esprit du chercheur, qui se doit d'examiner systématiquement toute chose sous ses divers aspects. Une telle attitude est essentielle ici, car chacune des sources d'énergie utilisées par l'homme - et elles sont nombreuses - possède ses avantages et ses inconvénients qu'il importe d'avoir identifiés. Ainsi, le calfeutrage des fenêtres lui-même, tout en permettant des économies sur le chauffage domestique, n'est pas sans risques. Il contribue probablement à l'augmentation des cas d'asthme observée depuis une trentaine d'années dans de nombreux pays. On a aussi découvert qu'il est responsable en Hongrie d'une accumulation, dans l'atmosphère des appartements, de radon, gaz radioactif émis par le béton des murs, à tel point que les habitants sont soumis chaque hiver à une irradiation supérieure à celle qu'ils ont subie du fait des retombées de Tchernobyl. Mais ce supplément à la radioactivité naturelle n'en représente qu'une faible fraction.
La vision globale et comparative des diverses formes d'énergie qui est offerte par cet ouvrage n'est malheureusement pas le souci de ceux qui, trop nombreux, s'abritent derrière le «principe de précaution» pour prôner certains choix discutables ou partisans. Cependant, notre Parlement, en donnant à ce principe force de loi, l'a assorti de deux réserves importantes, souvent méconnues. Les mesures «visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles» doivent à la fois avoir «un coût économiquement acceptable» et être «effectives et proportionnées», ce qui suppose une évaluation et une comparaison des conséquences des diverses possibilités. Une comparaison des risques a-t-elle été faite par le Danemark qui, par crainte du nucléaire, se repose sur les énergies fossiles pour produire son électricité ? Il est frappant de constater que c'est, de ce fait, le pays d'Europe qui, après le Luxembourg, émet vers l'atmosphère le plus de gaz carbonique par habitant : 50 % de plus que la France.
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