Auteur : Richard Hugo
Préface : Jean-François Le Ruye
Traducteur : Jean-François Le Ruyet | Michel Lederer
Date de saisie : 02/12/2007
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4081
Prix : 8.50 € / 55.76 F
ISBN : 978-2-264-04247-7
GENCOD : 9782264042477
Sorti le : 06/12/2007
Avec un seul roman traduit en français, La Mort et la Belle Vie, Richard Hugo est devenu un écrivain mythique. Longtemps professeur à l'université du Montana, il eut pour élèves ou amis James Crumley, Jim Harrison, James Welch et Raymond Carver. Résolument à contre-courant de VAmerican Way of Life, porte-voix d'un Ouest malade de son passé, imprégné des poètes anglais et américains, celui qui invitait ses élèves «à écrire hors sujet» s'est forgé un univers singulier. Si tu meurs à Milltown rassemble des textes inédits : The Saltese Falcon, son ultime roman inachevé où l'on retrouve le célèbre shérif adjoint Al Barnes de La Mort et la Belle Vie, ses plus beaux poèmes ainsi que des essais critiques. Voici enfin l'occasion pour les lecteurs français de découvrir toute la dimension d'une grande voix de la littérature américaine.
Richard Hugo est né en 1923 aux États-Unis. Maître en écriture de James Crumley, William Kittredje et James Welch, celui qui est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands poètes américains contemporains, a longtemps enseigné à l'université du Montana, à Missoula. Il est l'auteur d'un roman intitulé La Mort et la belle vie, ainsi que de sa suite inachevée, The Saltese Falcon, publiée dans Si tu meurs à Milltown. Richard Hugo est mort en 1982.
"Grands détectives" dirigé par Jean-Claude Zylberstein
Commander ce livre sur Fnac.com
Putain, qu'est-ce qu'ils s'ennuyaient ! Que pouvaient bien faire deux garçons de quatorze et de quinze ans un 4 Juillet, jour de fête nationale, à Saltese, Montana ? Ils s'appelaient tous les deux Ben, ce qui leur semblait à l'un comme à l'autre ajouter à l'ennui.
Ils auraient pu aller pêcher dans la St. Régis, mais ils y étaient déjà allés la veille, et même si la pêche avait été bonne, ils ne voyaient pas l'intérêt d'y retourner si tôt. Les poissons ne s'envoleraient pas.
Ils auraient pu aller descendre des bières sur la colline dans la cachette où ils se retrouvaient pour boire ou fumer des cigarettes. Mais Joe qui, à dix-neuf ans, pouvait légalement acheter de l'alcool, était parti voir une fille à Missoula.
Ben n° 1, quatorze ans, dit à Ben n° 2, quinze ans :
- Tu parles d'une journée.
- Ouais, répondit Ben n° 2.
Un pétard claqua quelque part en ville. Les garçons ne réagirent pas.
Ils empruntèrent la rue où tous les commerces étaient regroupés le long du trottoir nord. Au sud, à quelques mètres de là, l'autoroute, l'Interstate 90, s'étendait d'est en ouest. Vers l'est, les voitures roulaient en direction de Missoula, de Butte, de Billings ou même des Dakotas du Nord et du Sud, de Minneapolis ou de Chicago. Vers l'ouest, c'était l'Idaho, Spokane ou même Seattle. Les garçons ne connaissaient ni Minneapolis, ni Seattle, ni Chicago. Ils enviaient les gens qui circulaient sur l'autoroute à bord de leurs voitures. Ils reprirent la rue dans l'autre sens. Un deuxième pétard explosa. Le bruit n'avait rien de joyeux. Une maison, propriété d'un certain Lawrence, arborait un drapeau américain.
Les deux garçons finirent par traverser le pont enjambant la petite St. Régis qui coulait derrière les boutiques. De l'autre côté du pont, un imposant bâtiment sombre aux reflets verdâtres, un ancien hôtel, se dressait sur leur gauche, près d'un vieux garage. Celui-ci était fermé depuis des années et le cadenas condamnant la porte était tout rouillé.
- Qu'est-ce qu'y a dedans, tu crois ? demanda Ben n°2.
- Je sais pas, répondit Ben n° 1. Probablement rien.
- On a qu'à entrer voir, dit Ben n° 2. Y a personne dans le coin. Ça doit même plus être à quelqu'un, tellement c'est vieux.
- Je sais où je peux trouver un pied-de-biche, dit Ben n° 1.
Il courut jusque chez lui - ce n'était pas très loin - et revint avec l'outil.
Les deux Ben se relayèrent pour forcer le cadenas qui finit par céder. Ils tirèrent les battants de la porte qui résistèrent, puis qui s'ouvrirent en gémissant et en grinçant sur leurs gonds rouilles, à deux doigts de tomber. À l'intérieur, il y avait une voiture, un ancien modèle, mais malgré la poussière, on se rendait compte qu'elle était comme neuve.
- Putain ! fit Ben n° 2. Une bagnole.
- Quelle marque ? demanda Ben n° 1. Ben n° 2 haussa les épaules. Il fit un pas dans le garage et se glissa dans l'étroit espace entre le mur et la voiture, côté conducteur.
- Hé, y a quelque chose sur le siège, dit-il.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli