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La rose du solstice

Couverture du livre La rose du solstice

Auteur : Kate Sedley

Traducteur : Corine Derblum

Date de saisie : 02/12/2007

Genre : Policiers

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : Les enquêtes de Roger le colporteur, n° 4055

Prix : 7.30 € / 47.88 F

ISBN : 978-2-264-04605-5

GENCOD : 9782264046055

Sorti le : 06/12/2007


  • La présentation de l'éditeur

Sur le chemin de Bristol ou il doit retrouver sa chère Adela et sa marmaille, Roger le colporteur est témoin d'un meurtre avant d'être lui-même sauvagement attaqué par deux inconnues, puis jeté dans l'Avon. Sauvé de la noyade par miracle, à son réveil, il n'a qu'une idée en tête : retrouver celles qui ont voulu le tuer... Mais Roger doit faire face à un obstacle de taille : personne ne croit à son histoire ! En effet, la maison où a eu lieu l'agression était abandonnée depuis qu'elle avait été le théâtre, un demi-siècle plus tôt, d'un crime odieux perpétré par une mère et sa fille. Pour son entourage, l'affaire est entendue : l'intrépide colporteur a bu un verre de trop. Mais Roger en est sûr, on a bel et bien tenté de l'assassiner...

Kate Sedley est née à Bristol. Avant de s'essayer au roman policier, elle a publié, sous un autre nom, plusieurs romans contemporains et historiques. Son coup d'essai «policier», Le Colporteur et la mort, a remporté un fier succès en Angleterre et aux États-Unis. Depuis, les romans de Kate Sedley ont également conquis les lecteurs allemands, espagnols et français. La seizième enquête de Roger le Colporteur, The Three Kings of Cologne, a paru en 2007.

Traduit de l'anglais par Corine Derblum

"Grands détectives" dirigé par Jean-Claude Zylberstein



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  • Les premières lignes

De là où j'attendais, je pouvais voir la maison du crime, de l'autre côté de l'Avon. On la distinguait car elle avait un étage et se trouvait un peu à l'écart des autres cottages du hameau de Rownham Passage, sur l'éperon rocheux que les eaux venaient baigner à marée haute.
Étonnamment, moi qui n'étais pas natif de Bristol, je connaissais son histoire. Elle m'avait été relatée par ma première épouse, Lillis Walker, depuis longtemps disparue, et elle s'était gravée dans ma mémoire.
Cinquante ans plus tôt, la mère et la fille qui vivaient là avaient massacré à coups de couteau leur époux et père tyrannique, puis jeté son corps mutilé dans le fleuve. Hélas pour elles, le cadavre avait été retenu par les écueils qui rendent la navigation sur l'Avon si traîtresse et, au lieu d'être emporté par le reflux vers l'estuaire de la Severn, à la marée montante il avait flotté jusqu'au coeur de la cité. Les deux femmes avaient été arrêtées, condamnées et - sort ô combien atroce - brûlées vives...
- Alors, tu l'attends ou pas, c'maudit bac ? s'enquit une voix courroucée qui me fit sursauter.
Revenu de la rive opposée, le passeur accosta sur l'étroit banc de boue qui contournait l'escarpement derrière nous, dont la hauteur vertigineuse nous faisait paraître minuscules ; tout comme, en face, le petit groupe de cottages blottis au pied de Ghyston Cliff semblait une poignée de jouets jetés là par un géant capricieux.
- Tu comptes rester planté ici toute la sainte jour­née ? rouspéta le passeur, encore plus contrarié par mon absence de réaction. L'orage couve.
D'un signe du menton, il montra une masse de som­bres nuées qui gâtait la perfection de cette tiède mati­née de début juin.
- Pardon, m'excusai-je, déposant ma balle et mon gourdin dans l'esquif avant de m'asseoir à l'arrière. C'est combien ?
- Un penny, répondit-il, prenant les rames, tout en me jaugeant d'un air désobligeant. Quoique, pour un grand gaillard comme toi, ça devrait être plus cher. Tu pèses sacrement lourd.
- Allez le dire à ma femme. Elle me nourrit trop bien.
L'homme grogna en arrachant le bac à la berge du Somerset et de la juridiction d'Ashton-Leigh.
- On a le fil à la patte ? Oui, tu m'as l'air marié. Des enfants ?
- Trois, avouai-je avec un soupir. Une fille du premier lit. Elle aura cinq ans en novembre. Un beau-fils à peine plus âgé. Et puis Adam, dis-je avec un entrain forcé. Il fêtera son premier anniversaire à la fin du mois. Je l'ai eu avec ma seconde épouse.
Le passeur me considéra d'un air compatissant -autant, du moins, que le permettaient ses traits burinés et son humeur grincheuse.
- Un an, hein ? N'importe quel marmot est terrible à c't âge-là. J'en sais que'que chose ! J'ai enfanté six petits vauriens. Les filles, c'est pas trop mal, mais les garçons !


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