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L'or du prédateur

Couverture du livre L'or du prédateur

Auteur : Philip Reeve

Traducteur : Luc Rigoureau

Date de saisie : 01/12/2007

Genre : Jeunesse à partir de 9 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Collection : Folio junior, n° 1456

Prix : 7.00 € / 45.92 F

ISBN : 978-2-07-057590-9

GENCOD : 9782070575909

Sorti le : 22/11/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Depuis qu'ils ont fui Londres en cendres, Tom et Hester voyagent à bord du Jenny Haniver. Mais les voilà traqués par un mystérieux réseau de fanatiques. Le jeune couple se réfugie alors à Anchorage, la cité polaire dévastée et victime d'étranges disparitions. Cette dernière cherche à se mettre à l'abri des locomopoles affamées, et se dirige vers le légendaire et lointain Continent Mort...
Retrouvez les aventures de Tom et Hester dans un univers fascinant où les villes se pourchassent. La suite de Mécaniques fatales, haletante et pleine de suspense.

Philip Reeve est né et a grandi à Brighton, où il a travaillé comme libraire tout en commençant à coécrire, produire et mettre en scène des pièces de théâtre à petit budget. Passionné par l'écriture depuis son enfance, Philip Reeve est également illustrateur et a mis en images une quarantaine de livres pour enfants, dont plusieurs best-sellers.





  • Les premières lignes

Le Nord glacé

Réveillée tôt, Freya resta un moment allongée dans l'obscurité, à éprouver les trémulations et les balance­ments de la ville propulsée sur la glace par ses moteurs puissants. Encore à moitié assoupie, elle attendit que ses servantes viennent l'aider à se lever. Il lui fallut quelques minutes pour se rappeler qu'elles étaient toutes mortes.
Repoussant ses couvertures, elle alluma les lampes à argon et se rendit dans sa salle de bains en se frayant un passage au milieu des vêtements poussiéreux qu'elle avait abandonnés en tas sur le plancher. Depuis plusieurs semaines, elle s'exhortait à prendre une douche ; mais, une fois encore ce matin-là, le système complexe de la robinetterie l'emporta, et elle fut incapable d'obtenir de l'eau chaude. Comme d'ordinaire, elle finit par se borner à remplir le lavabo et à s'asperger le visage et le cou. Elle utilisa le mince morceau de savon qu'il restait pour en frotter ses cheveux avant de les plonger dans l'eau. Les domestiques chargées de sa toilette se seraient servies de shampoings, de lotions, d'onguents, de conditionneurs et de toute une série de baumes aux parfums agréables. Malheureusement, toutes sans excep­tion avaient péri, et les alignements de flacons rangés dans le vaste placard de la pièce intimidaient Freya. Confrontée à pareil choix, elle préférait renoncer.
Au moins, elle avait compris comment s'habiller seule. Elle ramassa une des longues robes chiffonnées qui gisaient à terre, la coucha sur le lit et s'y tortilla en partant du bas jusqu'à ce qu'elle parvienne à passer la tête et les bras par les bons trous. Le grand gilet bordé de fourrure qui accompagnait la tenue fut beaucoup plus simple à enfiler, même si elle rencontra quelques difficultés pour le fermer. Ses bonnes avaient toujours agrafé ses vêtements avec rapidité et aisance, rieuses, jacassant à propos de la journée à venir, sans jamais se tromper ni de bouton ni de boutonnière. Sauf qu'elles n'étaient plus.
Durant quinze minutes, Freya jura, tira et tâtonna avant de s'observer dans son miroir couvert de toiles d'araignée. «Pas si mal», songea-t-elle, tout bien considéré. Lorsqu'elle se rendit dans la pièce où elle conservait ses bijoux, elle se rendit compte que la plupart des parures les plus belles avaient disparu. Ces derniers temps, les objets avaient tendance à s'évaporer. Où ? Freya n'en avait pas la moindre idée. De toute façon, elle n'avait pas vraiment besoin de poser une tiare sur sa chevelure (poisseuse d'avoir été lavée au savon) ni de parer son cou crasseux d'un collier d'or et d'ambre. Maman n'aurait bien sûr guère apprécié qu'elle parût sans ses atours, mais maman était morte également.


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