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Etudes

Couverture du livre Etudes

Auteur : Jonathan Littell

Illustrateur : Jesse Littell

Date de saisie : 15/12/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière, Hérault

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-85194-703-1

GENCOD : 9782851947031

Sorti le : 23/11/2007


  • La présentation de l'éditeur

Ces quatre brefs récits explorent, chacun dans une direction différente, les chemins kafkaiens qui ont forgé l'élaboration du roman«Les bienveillantes», prix Goncourt 2006.



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  • La revue de presse Baptiste Liger - L'Express du 29 novembre 2007

S'il nous éclaire sur les obsessions naissantes de cet écrivain surdoué (l'horreur face à la beauté, l'absurdité administrative, la scatologie, etc.), cet opuscule fera taire ceux qui reprochaient à Littell son écriture prétendument «académique». Car, dès le commencement d'Un dimanche d'été (la première «nouvelle»), le lecteur est saisi par un style très personnel, qui - pour mieux les donner à ressentir - recouvre les non-dits de descriptions.



  • Les premières lignes

Tout en bas se dressent les deux tours. Elles se découpent sur un ciel gris, douloureux de lumière contenue. Des arbres cachent en partie la deuxième, celle qui est brûlée de bas en haut. Elles se tiennent silencieuses comme des sentinelles, indifférentes à ce qui se passe à leur pied. Le vent agite les feuilles des arbres. Des traînées de nuages cheminent paresseusement en travers du ciel. C'est un dimanche d'été. Après un temps, le soleil passe sur le balcon et échauffe le visage et les jambes. Alors durant quelques heures on se réfugie dans l'intérieur sombre et frais de l'appartement.
En face, vers la gauche, de biais sur la colline, il y a les petites taches blanches des tombes, une coulée clairsemée entre les maisons. Au-dessus du cimetière se dresse une belle demeure, une grande bâtisse du XIXe siècle avec des ailes imposantes et des colonnes de part et d'autre de la porte principale. Peut-être était-ce l'accès du cimetière. C'est difficile à savoir car on ne peut pas aller là-haut. La nuit, près de cette maison, il y a une lumière comme une trouée de feu dans le noir. Encore une fois on ne sait pas qui l'a mise là. Il y a des gens qui doivent le savoir, mais je ne connais pas ces gens-là.
Une fois, j'ai visité une maison pas trop loin de ce cimetière. C'était aussi un dimanche, vers le milieu du jour. B. m'y avait amené, pour y remettre un paquet aux habitants. On est restés sur la terrasse une demi-heure, à boire de la bière avec le père, tandis que la fille coupait des roses dans le jardin pour B. On était assis un peu en retrait, car le bout de la terrasse était exposé. La ville s'étendait sous nos pieds, avec les deux tours de face pour une fois, sous un ciel bleu d été qui virait au blanc. Quelques obus tombaient du côté de la Résidence du général. Nous n'étions, m'expliquait le père, qu'à cent cinquante mètres du cimetière ; je trouvais cette information étonnante. Hier, continuait-il, une femme avait été tuée juste en bas de chez lui, par un obus.


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