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Ronde des convers : poèmes

Couverture du livre Ronde des convers : poèmes

Auteur : Eugenio De Signoribus

Préface : Yves Bonnefoy

Traducteur : Martin Rueff

Date de saisie : 23/11/2007

Genre : Poésie

Editeur : Verdier, Lagrasse, Aude

Collection : Littérature italienne

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-86432-519-2

GENCOD : 9782864325192

Sorti le : 15/11/2007


  • La présentation de l'éditeur

Ronde des convers regroupe des poèmes composés entre 1999 et 2004. Il s'agit du premier livre d'Eugenio De Signoribus traduit en français. Publié en 2005, il a été tout de suite salué par la critique italienne comme un authentique chef-d'oeuvre où convergeaient, en densité et en intensité, les différentes tonalités de ce grand poète - le plus grand, peut-être, de sa génération.
Ronde des convers offre les images et les paroles des convers et ce recueil vibre tout entier d'un questionnement opiniâtre et douloureux. Nul piétisme dans cette sobre souffrance, car ce à quoi le convers est appelé à se convertir c'est à la pureté de la vie nue, à l'exposition même de sa nudité.
La «ronde» désigne l'ensemble des humains pris dans leur voyage. Comme des enfants, ils font la ronde, formant un cercle dont le centre est absent. La ronde offre alors l'image de la communauté décentrée, vouée aux terres «démantelées» ; elle indique, sans tonitruance, une politique à venir : un lien choisi, délibéré, main tendue et mains jointes.
La vision de cette ronde d'enfants ne saurait cacher une dimension plus littéraire : car Ronde des convers s'inspire avec soin du pèlerinage dantesque. C'est à la fois l'image du poète pèlerin et celle des cercles de l'enfer que De Signoribus reprend à Dante. On dirait volontiers de ce poète qu'il est le «pèlerin de la face nue». L'espace de son pèlerinage est le langage lui-même.
C'est de tels livres que le lecteur de poésie a besoin aujourd'hui, et, au-delà, tout homme inquiet de formuler sa position dans la langue et le déchiffrement du monde.
La poésie ne répond pas aux injonctions de l'époque.
Elle transforme l'époque en injonction.

Poèmes. Édition bilingue. Préface d'Yves Bonnefoy. Traduction de l'italien, commentaires et postface par Martin Rueff.



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  • Les premières lignes

Extrait de la préface d'Yves Bonnefoy :

Une vie toujours attentive

Contrairement à ce que l'on croit assez généralement un écrit en langue italienne est pour nous d'approche assez difficile, surtout quand il s'agit de la poésie.

Si la syntaxe de l'italien n'offre pas trop de problème au lecteur français - il peut même éprouver la joie d'y revisiter des lieux perdus de sa perception propre du monde - les mots en revanche, vocables et adjectifs, et même sinon surtout ceux que nous pourrions juger les plus familiers, ont des racines qui s'enchevêtrent dans un sol que nous ne soupçonnons pas, et cela, c'est d'autant plus vrai que celui qui les emploie est plus grand écrivain et surtout plus grand poète. La poésie se fait avec des mots et non des idées, comme l'a rappelé Mallarmé. Elle descend dans les mots jusque là où ils se perdent dans l'origine, mais non sans avoir vécu à divers niveaux dans des sols remués par la pensée et l'événement. Et il n'est pas aisé pour qui ne connaît pas assez bien l'histoire de l'Italie, les rites et légendes de ses campagnes, les grands et petits aspects de ses paysages, de comprendre les relations qu'ont entre eux des vocables vieux parfois comme le pays et nourris de culture antique autant que de vie paysanne. Risques de simple faux-sens, va-t-on me dire. Mais en poésie plus qu'ailleurs la vérité est dans la nuance.

L'italien est ardu, je ne le connais que bien mal, et c'est pourquoi je ne me sens pas en mesure de parler de l'oeuvre d'Eugenio de Signoribus, qui est un admirable poète, avec la compétence et la pertinence que sa poésie mérite. J'entrevois, par exemple, dans celle-ci, des échanges tout à fait riches de sens avec Leopardi, avec Montale, avec Dante surtout, j'y vois s'allonger les ombres et tourner les ciels de sa belle terre des Marches, mais je n'ai pas la maîtrise de ces nombreux signifiants : vécus par lui en musicien, qui plus est, autant qu'en explorateur de la fable. Plutôt laisser le commentaire de cette oeuvre aussi complexe que sa culture native à plus philologue que moi.


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