Auteur : Charles Higson
Traducteur : Julien Ramel
Date de saisie : 22/11/2007
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France
Collection : Hors série littérature
Prix : 9.50 € / 62.32 F
ISBN : 978-2-07-061148-5
GENCOD : 9782070611485
Sorti le : 15/11/2007
Avant que le nom ne soit une légende
Avant que le garçon ne soit un homme
Retrouvez le jeune James Bond
Pour une fois, James avait décidé d'aborder sagement sa nouvelle année à Eton, mais voilà qu'une lettre codée le met sur la piste de dangereux criminels. Le professeur Fairburn a été enlevé. Et James a très exactement 48h pour le délivrer.
Ce n'est pas seulement la survie du professeur qui est en jeu... mais celle du monde entier.
Laissez-vous prendre au jeu du Poker fatal, la nouvelle aventure de James Bond !
Charlie Higson est né en 1958 en Grande-Bretagne. Après avoir fondé un groupe de musique dans les années 1980, il se tourne vers l'écriture. Auteur de scénarios, et interprète, de séries pour la télévision, Charlie Higson écrit également des romans à suspense pour adultes.
Une mécanique gourmande
Le cerveau humain est une machine formidable. Cent milliards de neurones engagés dans une même conversation via d'infinitésimales impulsions électriques, comme un feu d'artifice permanent explosant à l'infini dans la nuit de notre boîte crânienne.
La chose en elle-même pèse un peu moins de trois livres, soit environ deux pour cent du poids total. Pourtant, à elle seule, elle consomme un cinquième de l'oxygène disponible dans le flux sanguin. Une mécanique gourmande. Qui ne connaît rien d'autre que la position marche. Quand le sujet dort, elle, non. Elle est en veille. Assurant que les poumons se gonflent régulièrement, que le coeur bat, que le sang circule dans les veines. Sans elle, on ne peut rien faire. Ni rouler à bicyclette, ni lire un livre, ni rire à une blague. Elle peut stocker une vie entière de souvenirs.
Mais l'organe est également très fragile.
Alexis Fairburn avait parfaitement conscience de tout ça. Le canon appuyé sur sa tempe rendant même ces vérités cruellement douloureuses. Car, si le coup partait, tous ces précieux souvenirs, patiemment accumulés depuis bientôt trente-deux ans, sombreraient instantanément dans l'oubli.
La seconde suivante, ses poumons s'immobiliseraient, le coeur cesserait de battre, le sang se figerait dans ses artères. Et Alexis Fairburn ne serait plus.
Le revolver était un six-coups à canon ultracourt. L'archétype de l'arme de poing, pas très précis à distance, mais d'une efficacité mortelle dans les corps à corps où sa redoutable prise en main - en poing américain -pouvait se révéler dévastatrice.
Un apache, du nom de ces farouches voyous parisiens qui en avaient fait leur arme de prédilection au tournant du siècle dernier. Alexis Fairburn croyait même se souvenir que certains comportaient des lames rétractables, comme des baïonnettes miniatures, qui sortaient à la pointe du canon.
Parfois, il eût aimé se tromper.
L'idée lui traversa l'esprit une fois encore après que, les yeux fixés sur la bouche noire de l'arme, il eut entendu un petit clic métallique, suivi d'un frottement sec, et qu'un poinçon de dix centimètres, monté sur ressort, fut venu s'enclencher dans son cran d'arrêt.
Comme il eût aimé, dans ces moments-là, être un imbécile heureux, vivant dans l'ignorance béate des affres du monde, un être qui, au lieu de dédier sa vie à l'accumulation de connaissances et au développement de l'intellect aurait pris le temps de se fabriquer un corps. Oui, dans ces moments-là, il déplorait sincèrement de ne pas avoir de gros muscles et de bons réflexes. Si seulement il avait appris à désarmer un homme. Il aurait pu agripper le poignet de celui-ci et lui faire lâcher son revolver ou même, pourquoi pas, retourner l'arme contre lui. Il avait lu des choses là-dessus. Théoriquement, c'était tout à fait faisable, mais tristement hypothétique sur un plan pratique.
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