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Comment reconnaître vos amis des grands singes

Couverture du livre Comment reconnaître vos amis des grands singes

Auteur : Will Cuppy

Préface : P. G. . Wodehouse

Traducteur : Béatrice Vierne

Date de saisie : 17/11/2007

Genre : Humour

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Poche. Bibliothèque étrangère, n° 591

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-7436-1741-7

GENCOD : 9782743617417

Sorti le : 07/11/2007


  • La présentation de l'éditeur

«Les moyens vieillots et dans l'ensemble bien peu efficaces pour reconnaître vos amis des grands singes ne manquent pas, je vous l'accorde. Quand vous êtes au zoo, par exemple, rien n'est plus simple. Les grands singes se trouvent derrière les barreaux. D'accord, mais quand vous êtes sortis du zoo, vous faites quoi ?»

Depuis les fameuses classifications d'Aristote, on n'avait rien lu de plus révolutionnaire que les leçons d'anthropologie et de zoologie de Will Cuppy. Après s'être penché sur les origines de l'homme et des primates, l'auteur étudie ainsi des catégories comme «Les oiseaux parfaitement imbuvables» ou encore «Les mammifères qu'il faut connaître ou pourquoi être un rhinocéros ?». Un grand classique de l'humour pseudo-scientifique, signé par l'homme qui écrivit à propos des pékinois : «Je ne vois vraiment pas pourquoi ils ont l'air si contents d'eux. Ils ne sont pas mieux que nous.»

Will Cuppy (1884-1949) fut un des meilleurs humoristes de la première génération du New Yorker, aux côtés de Dorothy Parker, Robert Benchley et James Thurber. Comment reconnaître vos amis des grands singes est son premier livre traduit en français.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de P.G. Wodehouse :

Will Cuppy, le jeune Américain -jeune en tout cas pour les vieux barbons de mon espèce - qui a écrit l'intégralité de l'ouvrage que voici, à l'exception de la présente introduction, peut revendiquer, à l'heure où nous mettons sous presse, trois titres de gloire. Il est capable de reconnaître ses amis des grands singes (ce qui n'est pas à la portée de n'importe qui). Il est l'auteur de ce qu'on a dit de plus pertinent, jusqu'à présent, au sujet des pékinois, à savoir : «Je ne vois vraiment pas pourquoi ils ont l'air si contents d'eux. Ils ne sont pas mieux que nous.» Et il est depuis si longtemps le chef de file de la critique littéraire américaine dans le domaine du roman policier que, même s'il n'a encore jamais assassiné un baronnet dans sa bibliothèque, il connaît cinquante-sept façons différentes de s'y prendre et de faire porter les soupçons sur le majordome. Les auteurs d'énigmes policières laissent peut-être des milliers de lecteurs dans le brouillard, mais pas Will Cuppy, vous pouvez me croire. C'est le genre de type qui a déjà tout deviné dès la fin du chapitre n.
Il est toujours un peu délicat de composer l'introduc­tion d'un livre comme celui-ci. Les critiques sont des gens susceptibles et, si j'ai le malheur de dire que ce volume est un des plus drôles que j'aie jamais lus, ils risquent de faire la grimace et de laisser entendre qu'il vaut mieux leur laisser le soin d'émettre ce genre de jugement. Je restreindrai donc mes propos à l'utilité du présent ouvrage, une qualité que personne, j'imagine, ne songera sérieusement à lui dénier.
Combien de fois nous est-il arrivé d'assister à un dîner où notre voisin de droite nous lance à brûle-pourpoint : «Et maintenant, Mr Robinson (ou Mr Abbott, c'est selon), j'aimerais que vous me parliez un peu des pingouins», ce qui a tendance à nous laisser pantois, très occupé à réduire en miettes un morceau de pain. Eh bien, grâce à Mr Cuppy, jamais plus nous ne courrons le danger de nous retrouver dans une position aussi gênante. Un simple coup d'oeil à notre exemplaire de Comment reconnaître vos amis des grands singes, que nous aurons pris soin de cacher dans notre serviette, et nous répondrons d'un ton assuré :
«Les pingouins sont des animaux très dignes. Il fau­drait des années pour prendre un pingouin en flagrant délit d'indignité et, franchement, ça n'en vaudrait pas la peine. Le pingouin moyen a l'âge mental d'un enfant d'une huitaine d'années, mais ça ne l'empêche pas de réussir à avoir sa photo dans le journal. Il faut un expert pour reconnaître un pingouin vivant d'un pingouin empaillé. Il est probable que la plupart des pingouins sont empaillés.»
À peine ces paroles ont-elles quitté nos lèvres que notre voisine de gauche, nous frappant le poignet de son éventail, espiègle qu'elle est, nous demande : «Et les tigres, Mr Fosberry ?» Et aussitôt, du tac au tac :
«Les tigres vivent en Asie dans des nullahs et des sholos. Ils grimpent rarement aux arbres, mais ne vous y fiez pas plus que ça. Les jeunes tigres normaux ne mangent pas les gens. Si vous êtes mangé par un tigre, vous pouvez être sûr que vous avez affaire à un anormal. Une fois par hasard, un tigre normal mangera en effet quelqu'un, mais il le fait sans penser à mal.»
C'est avec plaisir que je cite ce passage, car sa bien­veillante largeur d'esprit me ravit. Ailleurs dans son livre, Mr Cuppy est parfois enclin à adopter un ton un peu caustique. De temps à autre, il s'exprime même en homme déçu, en homme qui a trop côtoyé de rhinocéros et d'hippopotames - ou qui n'a peut-être pas côtoyé les rhinocéros et les hippopotames du meilleur monde. Il est si fatalement aisé de juger une espèce entière à partir d'un seul individu ; donc lorsque Mr Cuppy, parlant du rhinocéros, dit que sa physionomie est entièrement dénuée de charme et que son profil est à désespérer de tout, on devine l'amertume d'un homme qui a eu maille à partir avec un rhinocéros en particulier et qui s'est laissé aveugler par le parti pris.
Cela dit, même si nous ne sommes pas toujours d'accord avec Mr Cuppy, force nous est d'admirer sa franchise et son impavidité. Il dit les choses hardiment, sans se soucier de savoir s'il va à rencontre de certains intérêts haut placés, exprimant des opinions que les âmes plus timorées se sont contentées de penser, sans oser aller plus loin.
«Ce dont notre pays a besoin, proclame-t-il, n'hési­tant pas à afficher ses convictions, c'est d'un bon modèle de girafe à prix raisonnable.»


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