Auteur : Jari Tervo
Traducteur : Christian Nabais | Paula Nabais
Date de saisie : 17/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4071
Prix : 9.30 € / 61.00 F
ISBN : 978-2-264-03934-7
GENCOD : 9782264039347
Sorti le : 15/11/2007
Bienvenue à Rovaniemi, village du père Noël, point de jonction de la pègre russe et finlandaise, des flics véreux et des pasteurs perfides, des mères de famille au bout du rouleau et des éleveurs de rennes. Massepain Räikkönen, un gangster local, a été tué. S'ensuit une ahurissante enquête de voisinage, un kaléidoscope furieux de personnages drolatiques, de la petite Sarah qui découvre le corps aux ambulanciers qui règlent leurs comptes à proximité du cadavre encore chaud, en passant par l'arrière-grand-mère du défunt, obsédée par L'Enfer de Dante. S'inscrivant dans la lignée des mauvais garçons de la littérature finlandaise, Jari Tervo combat la dépression à coups de gueule et de gnole. Un univers truculent et haut en couleur.
Jari Tervo est né en 1959 à Rovaniemi, en Laponie. Poète, romancier, animateur à la télévision d'une émission très célèbre, il est considéré comme l'un des écrivains les plus populaires de Finlande. Il vit aujourd'hui à Espoo.
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Massepain Räikkönen
On m'a tué dans la semaine du 1er mai.
Avant dix heures du matin. Je ne sais pas comment. Je m'étais échiné toute la nuit à essayer de dégoter du fric pour Parmesan, qui m'en réclamait pour le compte du Russe, le Russe pour le compte de je ne sais qui, il ne l'a jamais dit. Un autre Russe, peut-être. Ces affaires n'ont rien de limpide. Maintenant, elles le sont pour moi. Ouais ! Le matin annonçait le 1er mai. Les bouleaux, quand on les regardait à cette distance, depuis notre fenêtre, se déclinaient en vert, mais je suis allé les voir de près après avoir vidé mes boyaux, jeté un oeil sur le journal, m'être ramoné la gorge, lavé les mains, et ils étaient nus. J'ai cassé une brindille et écrasé un bourgeon entre mes doigts. Ma main s'est barbouillée de vert. Ça m'a rappelé les bonbons à la chlorophylle que Coco K.-O. laisse dégouliner le long de son menton, par terre et sur mes chaussettes. Un jour, ma chaussette en était restée collée au sol. Quand j'avais pivoté, on aurait cru qu'un unijambiste sans chaussure avait disparu par le plafond de la bicoque. Je lui filais souvent une raclée à cause de ça, et ma vioque de mère me serinait que je ne devais pas battre mon fils, qu'il deviendrait méchant quand il serait grand. Il sera comme moi, alors, que je lui répondais.
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