Auteur : Sophocle
Traducteur : Jean Bollack | Mayotte Bollack
Date de saisie : 16/11/2007
Genre : Théâtre
Editeur : Minuit, Paris, France
Collection : Theatre
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 2-7073-1980-5
GENCOD : 9782707319807
Sorti le : 08/11/2007
Electre a choisi la mémoire ; la vision de son père assassiné ne la quitte pas. La vie à laquelle s'accroche Clytemnestre, la mère meurtrière, lui est insupportable. Elle défend une cause juste, mais le nom de justicière ne lui revient pas. Elle se débat dans l'illusion d'une action qui ne débouche sur rien ; elle s'épuise sur un fond de néant. Son antagoniste est plus forte et paraît d'abord l'emporter, quand le dieu l'exauce en la trompant et que l'on annonce la mort d'Oreste, l'héritier redouté.
Le plan de vengeance d'Oreste, soutenu par Apollon, se passe d'Electre, comme si l'intrigue se dédoublait, et que le droit formel relayait ou supplantait le droit naturel, qui amène Electre, la délirante, à transgresser toute limite.
La pièce se termine par une double exécution, les meurtres de Clytemnestre et d'Égisthe, mais la condamnation du parricide des enfants d'Agamemnon n'est jamais exprimée. Elle se poursuit tout au long de la pièce dans l'impasse et la contradiction. Oreste sauveur, l'envoyé du dieu de Delphes, est le seul gagnant. À la fin, la lumière sinistre d'une initiation parfaite irradie le sang d'un meurtre contre nature.
PROLOGUE
Entrent Oreste, Pylade et le Pédagogue
LE PÉDAGOGUE :
Fils du général, qui, à Troie, menait autrefois l'armée,
Fils d'Agamemnon, tu es ici maintenant, tu peux regarder de tes yeux
Ce vers quoi ton coeur tendait depuis toujours :
L'antique Argos de ton désir est là,
Le bois de la fille d'Inachos, fouettée par le taon.
Et voilà, Oreste, la place lycienne de la lumière,
La place du dieu, le tueur de loups, et là, à ta gauche,
Le temple glorieux d'Héra. Dis-toi qu'en ce lieu
Où nous arrivons, tu vois Mycènes pleine d'or,
Et là, tu vois le palais plein de morts des Pélopides, où,
À la suite du meurtre de ton père, autrefois je t'ai reçu
Des mains d'une fille de ton sang, de ta soeur ;
Je t'ai pris dans mes bras, je t'ai porté en lieu sûr, je t'ai élevé
Jusqu'à l'âge que tu as, l'âge de venger le meurtre de ton père.
Maintenant, Oreste, et toi, son ami le plus cher,
Pylade, nous devons délibérer vite de ce qu'il faut faire.
Déjà l'éclat brillant du soleil
Fait monter, à l'aurore, la voix claire des oiseaux,
La nuit noire des astres s'en est allée.
(...)
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