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La part obscure de nous-mêmes : une histoire des pervers

Couverture du livre La part obscure de nous-mêmes : une histoire des pervers

Auteur : Elisabeth Roudinesco

Date de saisie : 15/11/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Bibliothèque Albin Michel des idées

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-226-17902-9

GENCOD : 9782226179029

Sorti le : 17/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Où commence la perversion, et qui sont les pervers ? Est réputé tel, depuis l'apparition du mot au Moyen Âge, celui qui jouit du mal et de la destruction de soi ou de l'autre.
Mais si l'expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère et la traite à sa façon. L'histoire des pervers en Occident est ici racontée à travers grandes figures emblématiques, depuis l'époque médiévale (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu'à nos jours (le nazisme au XXe siècle, les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd'hui), en passant par le XVIIIe siècle (Sade) et le XIXe (l'enfant masturbateur, l'homosexuel, la femme hystérique).
Notre époque, qui croit de moins en moins à l'émancipation par l'exercice de la liberté humaine, et pas davantage au fait que chacun d'entre nous recèle sa part obscure, feint de supposer que la science nous permettra bientôt d'en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu'en prétendant l'éradiquer, nous prenons le risque de détruire l'idée d'une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation ?

Historienne, directrice de recherches à l'université de Paris-VII, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Dictionnaire de la psychanalyse (en coll. avec Michel Plon), Pourquoi la psychanalyse ? et La Famille en désordre.





  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 16 novembre 2007

Envisageant la parole perverse, par-delà ses formes multiples, comme un phénomène universel et transhistorique, l'auteur souligne quelques invariants : abjection du corps et asservissement volontaire, exaspération du mal et érotisation de la haine. Bien sûr, un tel parti pris n'est pas sans risque, puisqu'il conduit à regrouper sous cette même catégorie de "perversion" un ensemble d'expériences pour le moins hétérogènes : quoi de commun entre les pratiques sacrificielles des mystiques médiévaux et les attentats-suicides des terroristes islamistes ? Entre la férocité d'un Gilles de Rais, célèbre figure du crime médiéval, et la sauvagerie de Rudolph Höss, le bourreau d'Auschwitz ? Entre l'imaginaire sexuel du Marquis de Sade et les fantasmes du zoophile ou du pédophile contemporain ? La démarche n'en demeure pas moins stimulante : retracer cette histoire de la perversion, même souterraine, même disparate, et restituer ces "vies parallèles et anormales", c'est mettre à jour les métamorphoses du regard que la société porte sur ce que Georges Bataille nommait sa "part maudite".


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